YouTube
est un site que tout le monde connait. Qui n’y va pas le soir pour visionner
des vidéos quelconques ou n’y va pas pour écouter des chansons durant ses périodes
d’études. Les gens le savent, il s’agit d’un moyen facile et économique
d’écouter de la musique, de partager avec ses amis ses préférences et de
découvrir les nouveautés. Cependant, en y réfléchissant, s’agit-il d’une
plateforme contre la propriété privée?
Tel
que mentionné dans l’article YouTube, de
la musique plein les pioches, au tout début, les créateurs de YouTube avaient
comme objectif de faire de cette fameuse plateforme une place pour entreposer
et partager des vidéos personnelles. Suite au rachat de YouTube par la compagnie
Google en 2006, le site à changer d’optique. Cela est devenu l’une des
principales banques de données médiatiques online
au monde. Les utilisateurs ont commencé à partager leurs musiques préférées;
chanson, CD entiers, montage, etc. L’utilisation libre de la plateforme et les
énormes possibilités laissait penser aux internautes que tout était permis. Certaines
maisons de disques ont tenté de mener un procès à la compagnie, mais dû à sa
grande taille, celle-ci remporta le dossier. Elle est désormais presque
intouchable avec ses milliards d’utilisateurs. Tel que le dirait Proudhon, le
droit à la propriété n’est que la loi du plus fort (Proudhon, 1840, cité dans
Noiseux [Hiver 2016], cours 4). Des ententes ont cependant eu
lieu avec les artistes, qui ont maintenant un droit sur l’autorisation de
mettre et de supprimer des vidéos ainsi qu’un partage des revenues
publicitaires du site.
Nombreux
sont les utilisateurs de YouTube qui utilisent cette plateforme pour écouter
facilement de la musique en ligne, mais il s’agit aussi d’une source illimitée
de musique pour différents services. Pour plusieurs personnes, YouTube est un moyen facile de trouver des
chansons et de les convertir par la suite en format Mp3. En effet, le
téléchargement gratuit effectué par des sites de convertissage de vidéo YouTube
est très rependu chez les internautes. Il ne faut que l’adresse URL de la vidéo
et c’est aussi simple. Un copier-coller et hop, une nouvelle chanson à mettre
dans son lecteur de musique. YouTube est bien au courant de ce qui se passe,
mais cela ne les préoccupe pas tant que le taux de visiteurs reste constant et
que cela leur rapporte du profit. Plusieurs gens ce sont plains au sujet de la
propriété privée, des droits d’auteurs, etc. Cependant, convertir des vidéos
n’est pas considéré comme illégal, car cela est perçu comme un usage personnel
et donc un droit du consommateur de conserver une copie. Il ne s’agit donc pas
d’une question d’un droit de propriété, mais un droit de possession. Toute
vidéo sur le site est considérée comme étant mise avec l’accord des
propriétaires. Dans le cas contraire, ceux-ci doivent écrire une requête aux
employés de la compagnie pour le retirement de la vidéo en question. Un autre
problème survient quand l’utilisation de YouTube va au-delà de l’utilisation
personnelle. En effet, plusieurs services utilisent désormais le site comme une
« source sonore principale » (Fanen, 2014). Des postes de radio
utilisent YouTube pour éviter de payer les coûts de label de musique. Certains
utilisaient auparavant des applications comme Spotify ou Deezer, mais
se sont tournés vers YouTube, tanné de payer des abonnements mensuels. YouTube
permet de chercher n’importe quel artiste de n’importe quelle année, de faire
des playlists, etc et tout cela facilement
et gratuitement aux dépens des labels de musique contrariés.
À toutes
ces maisons de disque et artistes qui se plaignent des droits d’auteurs et de
propriété, Proudhon leur répondrait que la propriété n’est qu’une convention et
qu’elle ne justifie pas leur revendication (Proudhon, 1840 cités dans Noiseux
[Hiver 2016], cours 4). Ceux-ci se basent sur le fait que le fruit de leur
travail ne devrait pas être distribué et utilisé aussi librement sur la
plateforme sans la moindre rémunération. Cependant, pour Proudhon, le travail
ne justifie pas la propriété (Proudhon, 1840; 21). L’appropriation d’une chose
consiste à avoir une exclusivité sur celle-ci. Cependant, tout travail est le
résultat d’un travail collectif. Il ne peut donc y avoir propriété. De plus, si
le travail justifiait réellement la propriété, le fait de ne plus travailler
signifierait que le travailleur ne serait plus propriétaire (Proudhon, 1840; 21).
La raison pour laquelle un artiste reste propriétaire de son œuvre après sa
réalisation est due aux lois civiles basées sur le droit de l’occupation.
Cependant, pour Proudhon, le droit d’occupation ne justifie nullement la propriété.
Ce droit découle de la possession qui est transmissible et qui est un le bien
d’usage (Proudhon, 1840; 4). Le droit d’occupation achemine aussi vers le droit
d’égalité et le droit de liberté qui sont imprescriptibles. Tout individu a le
droit de vivre et par conséquent travailler. L’individu à la radio, qui utilise
YouTube comme instrument et matériel à son travail, fait de son utilisation son
droit. Le droit d’occupation est donc égal à tous comme le droit au travail. En
somme, les revendications des maisons de disques et des artistes en ce qui
concerne YouTube, ne peuvent se fonder sur le concept de propriété puisque tel
montré par Proudhon cela n’existe pas.
Alexandra Meunier Tétreault
Bibliographie: FANEN, Sophia, «YouTube, de la musique plein les pioches», Libération, mis à jour le 29 mai 2014, <http://www.liberation.fr/ecrans/2014/05/29/youtube-de-la-musique-plein-les-pioches_1029727>, consulté le 20 mars 2016
Proudhon, Pierre-Joseph, (1840). Qu’est-ce que la propriété ? Premier mémoire,
Classique des sciences sociales, extraits choisis.
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