Pour un retour au port de l'uniforme scolaire?
Imaginez une société sans mode. Une société où tout un chacun serait habillé de manière identique. Tournez la tête, regardez autour de vous : vos amis, voisins, les passants, tous vêtus pareil! Serait-ce une si mauvaise chose?
Dans la société contemporaine qui est la nôtre, le vêtement est devenu un marquage social. Plus encore, il représente aujourd’hui un réel objet de monstration de soi, une façon de se projeter dans la société et de s’identifier à un groupe social. Ainsi, chaque groupe social comporte des normes, habitus, un langage, une consommation, et une parure qui lui est propre. Il est vrai que la tenue vestimentaire est un vecteur d’expression de l’individualité, mais cette individualité ne se rattache-t-elle pas à un groupe social? Un punk s’habillera comme un punk, un avocat comme un avocat, un hippie comme un hippie. À l’instar de la théorie développée par Zelizer sur l'attrait non-impersonnel de l’argent, on y voit un parallèle flagrant avec la mode vestimentaire. Dans le monde d’aujourd’hui, où la mode et tous les milieux qui s’y rattachent ont un tel pouvoir médiatique, se vêtir est à la fois un moyen de créer, de transformer, et de se différencier dans ses rapports sociaux. Les individus sont jugés, critiqués, catégorisés, voir même discriminés de par leur manière de s’habiller. Bon, d’accord, avouons-le, qui n’a jamais dit ou pensé “elle est vraiment habillée comme une p***!!!” ? C’est vrai, vous n’allez pas aller à un entretien d’embauche les cheveux en batailles, tout droit sortie de la plage, le short et les gougounes qui vont avec ! Ou alors, c’est que vous espérez ne pas être sélectionné pour pouvoir continuer à vous la couler douce à la plage en touchant le chômage! Trêve de plaisanterie, qu’on le veuille ou non, la mode est aujourd’hui un moyen d’intégration! Et l’école dans tout ça? Et bien oui, après tout, l’école ne doit pas être un lieu ou les inégalités et origines sociales n’ont pas leur place? Un lieu où seule la méritocratie a le pouvoir de démarquer les individus? Dans ce cas, pourquoi ne pas réinstaurer le port de l’uniforme? Alors oui, je vous vois venir, à bondir de votre chaise et vous tirer les cheveux en criant “Bouuuuuuhh!! Ringarde!!”. Mais comprenez que si l’école veut jouer la carte de la mobilité sociale jusqu’au bout, elle doit y mettre tous les moyens adéquats. Est-ce normal que dans une institution qui se veut égalitaire, juste, et impartiale, certains jeunes soient habillés en Chanel ou Dior et d’autre chez H&M? Est-ce normal que certains élèves soient montrés du doigt par leurs camarades car ils ne veulent pas, ou ne peuvent pas s’habiller selon les courants de la mode? La ségrégation entre fils de riches et fils de pauvres, entre les “in” et “ploucs”, entre fashion victimes et paysans n’a plus lieu d’être dans les cours de récréation. Si tous les élèves étaient habillés de la même manière, cette distinction ne se ferait pas! En fermant les yeux sur une telle réalité, l’école devient alors un lieu de reproduction des inégalités sociales, comme l’explique également Bourdieu dans ses travaux. Or l’école doit se battre pour instaurer une équité sociale et encourager les élèves à tisser des liens entre eux, quelle que soient leur origine sociale. En 2006, un projet de loi avait même été soumis par plusieurs députés UMP en France, appuyant cette idée : «L’instauration d'une tenue commune permettrait de lisser les différences sociales entre les élèves, de limiter les insultes et agressions sexuelles dont sont victimes les jeunes filles et permettrait au monde éducatif d'évoluer dans de meilleures conditions».
Dans la société contemporaine qui est la nôtre, le vêtement est devenu un marquage social. Plus encore, il représente aujourd’hui un réel objet de monstration de soi, une façon de se projeter dans la société et de s’identifier à un groupe social. Ainsi, chaque groupe social comporte des normes, habitus, un langage, une consommation, et une parure qui lui est propre. Il est vrai que la tenue vestimentaire est un vecteur d’expression de l’individualité, mais cette individualité ne se rattache-t-elle pas à un groupe social? Un punk s’habillera comme un punk, un avocat comme un avocat, un hippie comme un hippie. À l’instar de la théorie développée par Zelizer sur l'attrait non-impersonnel de l’argent, on y voit un parallèle flagrant avec la mode vestimentaire. Dans le monde d’aujourd’hui, où la mode et tous les milieux qui s’y rattachent ont un tel pouvoir médiatique, se vêtir est à la fois un moyen de créer, de transformer, et de se différencier dans ses rapports sociaux. Les individus sont jugés, critiqués, catégorisés, voir même discriminés de par leur manière de s’habiller. Bon, d’accord, avouons-le, qui n’a jamais dit ou pensé “elle est vraiment habillée comme une p***!!!” ? C’est vrai, vous n’allez pas aller à un entretien d’embauche les cheveux en batailles, tout droit sortie de la plage, le short et les gougounes qui vont avec ! Ou alors, c’est que vous espérez ne pas être sélectionné pour pouvoir continuer à vous la couler douce à la plage en touchant le chômage! Trêve de plaisanterie, qu’on le veuille ou non, la mode est aujourd’hui un moyen d’intégration! Et l’école dans tout ça? Et bien oui, après tout, l’école ne doit pas être un lieu ou les inégalités et origines sociales n’ont pas leur place? Un lieu où seule la méritocratie a le pouvoir de démarquer les individus? Dans ce cas, pourquoi ne pas réinstaurer le port de l’uniforme? Alors oui, je vous vois venir, à bondir de votre chaise et vous tirer les cheveux en criant “Bouuuuuuhh!! Ringarde!!”. Mais comprenez que si l’école veut jouer la carte de la mobilité sociale jusqu’au bout, elle doit y mettre tous les moyens adéquats. Est-ce normal que dans une institution qui se veut égalitaire, juste, et impartiale, certains jeunes soient habillés en Chanel ou Dior et d’autre chez H&M? Est-ce normal que certains élèves soient montrés du doigt par leurs camarades car ils ne veulent pas, ou ne peuvent pas s’habiller selon les courants de la mode? La ségrégation entre fils de riches et fils de pauvres, entre les “in” et “ploucs”, entre fashion victimes et paysans n’a plus lieu d’être dans les cours de récréation. Si tous les élèves étaient habillés de la même manière, cette distinction ne se ferait pas! En fermant les yeux sur une telle réalité, l’école devient alors un lieu de reproduction des inégalités sociales, comme l’explique également Bourdieu dans ses travaux. Or l’école doit se battre pour instaurer une équité sociale et encourager les élèves à tisser des liens entre eux, quelle que soient leur origine sociale. En 2006, un projet de loi avait même été soumis par plusieurs députés UMP en France, appuyant cette idée : «L’instauration d'une tenue commune permettrait de lisser les différences sociales entre les élèves, de limiter les insultes et agressions sexuelles dont sont victimes les jeunes filles et permettrait au monde éducatif d'évoluer dans de meilleures conditions».
Alors, le port de l'uniforme scolaire, pour ou contre?
Article écrit par Clémentine Michallon
Bibliographie :
http://www.atlantico.fr/decryptage/uniforma-ecole-eleves-95854.html
http://www.scienceshumaines.com/bourdieu-et-l-ecole-la-democratisation-desenchantee_fr_14187.html
http://www.lalibre.be/light/societe/l-habit-fait-il-le-moine-56f57bb035708ea2d3e87f48
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