lundi 29 mai 2017

L'université marchande


Pour ma participation au Blog, j’ai décidé de parler du thème de la marchandisation de l’éducation incluant un article du journal Le Devoir qui s’intitule «L’école selon liberté.» Dans l’article du journal Le Devoir, il est question de la marchandisation de l’éducation qui est désormais une normalité. Pour expliquer ce phénomène, une phrase du texte est très éclaircissante parlant des entrepreneurs, nouveaux venus dans les universités, depuis les religieux, «qui ignorent tout de l’éducation et la ramènent à la seule chose qui leur importe: l’économie et l’argent.» Cette phrase explique bien le problème que l’on vit dans les universités. Il est aussi mentionné la finalité de l’éducation que n’est nullement mis en œuvre mais qui agit comme une entreprise et amasse les profits. Comme le mentionne le l’article du Devoir, le but de l’éducation est de «transmettre la culture et de développer la faculté de juger des individus.» Dans le cas des universités, le but est de se démarquer des autres de par la valeur des diplômes. Les universités agissent comme les entreprises capitalistes c’est-à-dire comme une bureaucratie. Le capital culturel peut être vu comme une reproduction des inégalités en société.
Dans plusieurs programmes, la cote r augmente d’année en année, ce qui amincit les chances pour certains d’accéder à l’éducation. Pour accéder à cette éducation, nous devons non seulement avoir plus d’argent à cause des frais de scolarité qui augmentent mais aussi une cote r plus élevés. Cette augmentation de la cote r influe sur l’accès de certains groupes à l’université puisque certains ne peuvent combiner études et travail en ayant une cote r élevée. Du coup, cela influence la disparité entre classes sociales en envoyant les plus riches à l’école et les plus pauvres directement sur le marché du travail, en tant qu’ouvrier. Ce principe, de permettre aux plus riches d’accéder aux diplômes et les plus pauvres au travail crée un principe de rareté. De plus, on peut associer ce fait à la thèse de l’évolutionniste qui veut prouver que l’homme cherche constamment à améliorer son sort. On peut associer cette théorie au fait que l’homme qui veut améliorer son futur a comme but d’augmenter son niveau d’éducation pour obtenir un meilleur emploi. En plus, l’école en soi n’est pas une finalité mais, c’est l’emploi qui suit est sa finalité. La marchandisation de l’éducation entraine aussi l’individualisme. Ce concept est créé puisque chaque étudiant est sous énorme pression pour performer à l’université ce qui fait que, dans une même concentration, les élèves ne vont point s’entraider puisque le but est d’avoir la meilleure note et ce n’est pas en partageant nos connaissances avec le groupe que l’on se démarque. La meilleure façon d’accéder aux meilleures emplois est directement lié aux notes universitaire ce qui crée cette course pour les meilleurs notes.
Le militant Gabriel Nadeau-Dubois, qui est mentionné dans cet article du Devoir comme étant un partisan de la gratuité scolaire. Celui-ci est maintenant connu en politique comme étant le porte-parole du parti Québec solidaire et sera peut-être le future dirigeant suite au depart de Françoise David.

  

Andrée-Anne Tremblay - SOL2403 - Lundi, le 29 mai 2017

Construire ses conditions

Il est rendu commun et généralement peu contesté de devoir renoncer à certains acquis sociaux. Jeudi, à l’émission “La joute” diffusée sur la chaine LCN, on pouvait entendre le chroniqueur Luc Lavoie qualifier de discours passéiste le discours de conservation des acquis dans le domaine de la construction au Québec.

Le regroupement des syndicats de la construction est présentement en processus de négociation de convention collective. On en sait peu quant au déroulement des négociations, mais on sait que les travailleurs tentent en autre de négocier un salaire un peu plus grand que l’indice des à la consommation.

Ils contestent aussi une des demandes venant de leurs employeurs qui veulent faire travailler leurs employés à temps simple le samedi, si une journée de travail a été manquée durant la semaine en raison d’intempéries. On conteste cette demande sur les bases de la conciliation travail/famille.

À en lire certains commentaires sur les réseaux sociaux, beaucoup semblent partager l’opinion de Luc Lavoie comme quoi dans la conjoncture actuelle, il faut piler sur ses acquis pour conserver l’emploi. On y lit aussi qu’à trop accorder des acquis sociaux, le marché du Québec ne sera plus compétitif. On accuse aussi les travailleurs de la construction de se plaindre le ventre plein, car ils ont déjà de bonnes conditions de travail par rapport à d’autres emplois.

La polarisation par rapport à ce conflit reflète plusieurs aspects de la société dans laquelle nous vivons. Nous vivons certes dans un monde en transformation. Un monde dans lequel beaucoup d’entreprises et de travail sont délocalisés dans les pays du Sud. Un monde bouleversé par les changements technologiques, mais surtout un monde dans lequel la solidarité sociale est très peu présente. Le travail est très segmenté, de plus en plus précaire. En même temps, une bonne partie de la population a atteint un niveau de vie confortable. Il apparait difficile dans ces conditions d’être solidaire avec d’autres qui ont déjà certains acquis. Beaucoup semblent confondre leur situation avec celle de ceux qui ont vraiment une liberté financière, de ceux qui doivent faire croître leur entreprise à tout prix, de ceux qui veulent les faire travailler plus et les payer moins, de ceux qui veulent les faire travailler les samedis.

Il apparaît important de rappeler que ces acquis sociaux se sont fait grâce à des luttes, mais aussi parce que certains propriétaires d’entreprises avaient avantage à donner des acquis sociaux.  L’image de la carotte qui pendant au bout du nez du lapin pour le forcer à avancer représente bien ce qu’Henry Ford avait en tête lorsqu’il a réalisé que de donner de bonnes conditions à ses employés allait les rendre plus productifs. C’est entre autres lui qui a introduit la semaine de travail de 5 jours. Semblerait-il qu’il avait compris que de donner 2 jours de congé par semaine ses employés leur permettait de consommer le fruit de leur travail, dans d’autres entreprises dans lequel Ford avait des parts. Ce bref aparté historique rappelle que les conditions de travail sont le fruit d’une construction sociale. Les fins de semaine existent parce qu’elles ont été inventées.
  
Les entrepreneurs patrons diront que c’est pour s’adapter à la réalité du marché et pour être plus flexible avec leurs clients qu’il faut travailler les samedis. Mais n’oublions pas que cette demande s’inscrit dans des rapports sociaux inégaux qui datent!

N’importe qui parle des idées de Karl Marx sur la place publique perd souvent de la crédibilité aujourd’hui. Certaines de ses idées restent toutefois pertinentes dans l’analyse de ce conflit. Dans le Manifeste du Parti communiste, Il avance que les institutions et les idées dominantes d’une société sont toujours conformes aux intérêts de la classe qui domine.

C’est aujourd’hui que nous saurons si le gouvernement Couillard déposera une loi spéciale afin de mettre un terme à la grève. Sous prétexte que la grève coûte des millions de dollars par jour au Québécois, on menace de forcer les travailleurs à retourner au travail. L’institution de Étatique prend place dans le débat entre les travailleurs et les entreprises, tranchant en faveur des entreprises et du capital. Si ce n’est pas pour plaire aux entrepreneurs qu’on menace d’instaurer une loi spéciale...




L’impact du capital culturel dans les sociétés modernes.



Nous pouvons observer tous les jours les désavantages et les inégalités qu’apporte le capitalisme culturel à la partie de notre société la plus démunie. Le capital culturel est un concept entamé par Pierre Bourdieu qui désigne l’intégralité des capacités et des biens culturels dont un individu dispose, y compris les diplômes scolaires.  

Plusieurs études effectuées par statistique Canada démontrent les désavantages qu’il apporte. Une première étude indique que la majorité des emplois à faibles revenus sont occupés par des individus n’ayant pas complété leur diplôme d’études secondaires. Une deuxième étude dévoile que les étudiants qui appartiennent à un milieu à faibles revenus ont 50%, moins de chances à entreprendre des études universitaires que les étudiants appartenant à un milieu à forts revenus et cela reliés à des raisons financières. En résumé, les individus qui ont un faible taux de capitalisme culturel occupent les emplois les moins bien rémunérés et donc ne peuvent offrir un support monétaire à leurs enfants, ce qui réduit leurs  chances d’entreprendre des études postes-secondaires. De plus, pour les individus ont la chance d’entreprendre des études postes-secondaires, les baccalauréats, qui il y a, quelques années ouvraient une multitude de portes à leurs détenteurs, ne garantissent plus un emploi et sont maintenant considérés comme la première étape à accomplir à l’effet à entreprendre un autre type de formation ou de diplôme qui nous permettrait de remplir les qualifications de base pour obtenir un emploi « souhaitable ».

Est-ce que tout cela veut dire que les possibilités de réussite et de mobilité de notre génération sont none existante et vouée à la chance ? Pas nécessairement! En réalité, le Canada a un niveau de mobilité intergénérationnelle considérable. Lors d’une étude effectuée, en 2012, intitulée « Measuring income mobility in Canada », le cheminement de rémunération d’un échantillon d’un million de Canadiens fut observé entre 1990 et 2009. Les membres de cette étude furent séparées en 5 catégories (20% du total par catégorie) qui représentaient le niveau de revenu. Cette étude démontra que 87% des Canadiens, qui au début de l’étude se retrouvaient dans la catégorie recevant un revenu inférieur, avaient une fois l’étude terminée, mutés dans l’un des quatre groupes supérieurs. De plus, 2 membres du groupe à revenu inférieur, sur 5, faisaient partie du 40% des revenues les plus élevées une fois l’étude terminée. Le revenu du groupe à revenu inférieur augmenta de 635% du début à la fin de l’étude tandis que le groupe à revenu supérieur avait seulement vécu une hausse de 23% lors de la même durée.

Bref, même avec toutes les difficultés qu’apporte un taux faible de capital culturel, tout n’est pas perdu. Bien qu’il soit plus facile pour les individus qui ont des parents qui se retrouvent dans une classe sociale plus élevée d’entreprendre des études universitaires,  notre réussite et notre classe sociale ne sont pas prédéterminées par la classe sociale à qui appartiennent nos parents. Avec de la patience et de la persévérance, nous pouvons atteindre nos objectifs et améliorer notre situation.

-Karine Dignard


Références

Lammam,Charles., MacIntyre, Hugh (2012) Social mobility is alive and well in Canada, Fraser Institute. Repéré à  https://www.fraserinstitute.org/article/social-mobility-alive-and-well-canada

Lammam, Charles. Karabegovic, Amela. Veldhuis, Niels. (2012) Measuring income mobility in Canada. Fraser Institute. Repéré à https://www.fraserinstitute.org/studies/measuring-income-mobility-in-canada


Purdon, Nick. Palleja, Leonardo (2017) The millennial side hustle, not stable job, is the new reality for university grads. CBCNews: Business. Repéré à http://www.cbc.ca/news/business/millennial-jobs-education-1.4009295