jeudi 25 mai 2017

Entrepreneur d’aujourd’hui

L’importance de l’innovation prend de plus en plus son sens dans les grandes entreprises québécoises. Pour les entrepreneurs québécois, la rapidité d’innovation est synonyme de source de profit. Les nouveaux entrepreneurs innovent non seulement dans le produit, mais également «dans la façon de démarrer des entreprises, de les gérer et de les faire évoluer.» De plus, l’innovation des nouvelles générations d’entrepreneurs est teintée d’une collectivité de partage de connaissances.
La nouvelle cohorte d'entrepreneurs québécois est poussée par les mêmes motifs irrationnels que décrit Schumpeter : le rêve, le désir et le plaisir. Cependant, ces motifs sont de plus en plus partagés entre l’entrepreneur et les différents membres de l’entreprise, dont ce dernier a besoin. De nos jours, pour pouvoir concurrencer les autres entreprises dans le marché du travail, l’idée de l’entrepreneur se doit de prendre naissance de manière collective. Il nécessite maintenant de l’aide, il a besoin d’autres connaissances qui lui sont extérieures, pour qu’il puisse rapidement mettre son innovation sur le marché, avant qu’un autre entrepreneur le fasse.
Pour ce faire, il innove, son idée devient une entreprise avec plusieurs membres qui opèrent dans différentes fonctions. Il innove au niveau des nouvelles technologies, de son environnement, tout en optimisant son processus de création. L’exécution de nouvelles combinaisons, que cette nouvelle cohorte d’entrepreneurs effectue, est synonyme d’innovation pour Schumpeter. D’ailleurs, les sources d’approvisionnement sont diverses, ils utilisent les savoirs des autres générations pour pouvoir innover plus rapidement. De cette manière, ils bénéficient «de l'expérience de quelqu'un de plus âgé et des nouvelles connaissances d'un jeune diplômé d'université», ils «recrutent plusieurs diplômés en ingénierie, en droit, en finance». Notamment, ils ne perdent pas de temps à faire du sur place, leur processus d’évolution est dynamique et leur source de profit est plus rapide. Ceci est directement en lien avec l’idée que Schumpeter se fait du capitalisme, un processus d’évolution, un phénomène dynamique. En effet, dans cette article ont soulève que plus rapidement on rend le produit, sans qu’il soit totalement terminé, moins on risque de se faire dépasser par la concurrence.
De même, ce nouveau processus permet à l’entrepreneur de se concentrer davantage sur son innovation, en déléguant exemple la finance ou les problèmes techniques aux différents membres de son équipe. De plus, en s’entourant de gens d’expériences, l’innovateur a «une plus grande tolérance au risque». D’ailleurs, comme pour Schumpeter, le socialisme est synonyme de solution, les jeunes entrepreneurs ont pour fonction d’inspirer les membres de leur équipe, tout ceci, dans le but d’augmenter le profit.
Cette manière de penser le processus n’est pas totalement dans la même lignée que Schumpeter, puisque cette nouvelle cohorte d’entrepreneur pense le processus d’innovation de manière rationnelle. Bien que l’innovation de l’entrepreneur provienne encore d’un motif irrationnel, le processus est maintenant pensé et réfléchi par les différents membres, pour que l’innovation perdure dans le temps et pour que le profit continue d’augmenter. Schumpeter a plutôt comme postulat que l’action rationnelle en finalité peut être source d’insuccès en affaires. En effet, pour lui la dynamique du capitalisme est menacée par la rationalisation des entreprises, mais pour les nouveaux entrepreneurs québécois, la dureté de cette innovation repose sur ce processus rationnel, sans que cela n’affecte leur innovation. Cette nouvelle manière de concevoir l’entrepreneur met au centre de l’innovation l’idée de partage de valeurs et l’esprit de communauté.
Schumpeter serait d’accord, pour dire que l’entrepreneur a une fonction sociale transitoire, ce qui est plus ou moins le cas pour la nouvelle cohorte d’entrepreneurs québécois. En créant ce nouveau processus, ils créent par le fait même une entreprise qui à la fois prône l’innovation continue et la rationalité d’une grosse entreprise en pensant au profit de cette innovation.

Cette nouvelle manière de penser l’entrepreneur est-elle là pour rester ou au contraire, sa fonction reste-elle, à l’idée de Schumpeter, transitoire?


Rose Charron
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Références

Larochelle, Samuel, «Portraits d'innovateurs : l'innovation est dans l'ADN des jeunes leaders», La Presse, 14 octobre 2014.  http://affaires.lapresse.ca/portfolio/pme-en-demarrage/201410/14/01-4808980-portraits-dinnovateurs-linnovation-est-dans-ladn-des-jeunes-leaders.php

Schumpeter, Joseph, A (1911, 1942). « Le phénomène fondamental de l’évolution économique », Théorie de l’évolution économique, Recherches sur le profit, le crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture, paragraphe III, pp. 74-92. (extraits choisis) ; « Le processus de destruction créatrice » et « Les murs s’effritent », Capitalisme, socialisme et démocratie, pp. 91-96 et 143-154. (extraits choisis)

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