L’importance de l’innovation prend de plus en plus
son sens dans les grandes entreprises québécoises. Pour les entrepreneurs
québécois, la rapidité d’innovation est synonyme de source de profit. Les
nouveaux entrepreneurs innovent non seulement dans le produit, mais également «dans la façon de démarrer des entreprises, de les
gérer et de les faire évoluer.» De plus, l’innovation des nouvelles
générations d’entrepreneurs est teintée d’une collectivité de partage de
connaissances.
La nouvelle cohorte d'entrepreneurs
québécois est poussée par les mêmes motifs irrationnels que décrit Schumpeter :
le rêve, le désir et le plaisir. Cependant, ces motifs sont de plus en plus partagés
entre l’entrepreneur et les différents membres de l’entreprise, dont ce dernier
a besoin. De nos jours, pour pouvoir concurrencer les autres entreprises dans
le marché du travail, l’idée de l’entrepreneur se doit de prendre naissance de
manière collective. Il nécessite maintenant de l’aide, il a besoin d’autres
connaissances qui lui sont extérieures, pour qu’il puisse rapidement mettre son
innovation sur le marché, avant qu’un autre entrepreneur le fasse.
Pour ce faire, il innove, son idée
devient une entreprise avec plusieurs membres qui opèrent dans différentes
fonctions. Il innove au niveau des nouvelles technologies, de
son environnement, tout en optimisant son processus de création. L’exécution de
nouvelles combinaisons, que cette nouvelle cohorte d’entrepreneurs effectue,
est synonyme d’innovation pour Schumpeter. D’ailleurs, les sources d’approvisionnement
sont diverses, ils utilisent les savoirs des autres générations pour pouvoir
innover plus rapidement. De cette manière, ils bénéficient «de l'expérience de
quelqu'un de plus âgé et des nouvelles connaissances d'un jeune diplômé d'université»,
ils «recrutent plusieurs diplômés en ingénierie, en droit, en finance». Notamment,
ils ne perdent pas de temps à faire du sur place, leur processus d’évolution
est dynamique et leur source de profit est plus rapide. Ceci est directement en
lien avec l’idée que Schumpeter se fait du capitalisme, un processus d’évolution, un phénomène
dynamique. En effet, dans cette
article ont soulève que plus rapidement on rend le produit, sans qu’il soit
totalement terminé, moins on risque de se faire dépasser par la concurrence.
De même, ce nouveau processus permet à l’entrepreneur
de se concentrer davantage sur son innovation, en déléguant exemple la finance
ou les problèmes techniques aux différents membres de son équipe. De plus, en s’entourant
de gens d’expériences, l’innovateur a «une plus grande
tolérance au risque». D’ailleurs, comme pour Schumpeter, le socialisme est
synonyme de solution, les jeunes entrepreneurs ont pour fonction d’inspirer les
membres de leur équipe, tout ceci, dans le but d’augmenter le profit.
Cette
manière de penser le processus n’est pas totalement dans la même lignée que
Schumpeter, puisque cette nouvelle cohorte d’entrepreneur pense le processus d’innovation
de manière rationnelle. Bien que l’innovation de l’entrepreneur provienne
encore d’un motif irrationnel, le processus est maintenant pensé et réfléchi
par les différents membres, pour que l’innovation perdure dans le temps et pour
que le profit continue d’augmenter. Schumpeter a plutôt comme postulat que l’action rationnelle en finalité peut être
source d’insuccès en affaires. En effet, pour lui la dynamique du
capitalisme est menacée par la rationalisation des entreprises, mais pour les
nouveaux entrepreneurs québécois, la dureté de cette innovation repose sur ce
processus rationnel, sans que cela n’affecte leur innovation. Cette nouvelle
manière de concevoir l’entrepreneur met au centre de l’innovation l’idée de
partage de valeurs et l’esprit de communauté.
Schumpeter
serait d’accord, pour dire que l’entrepreneur a une fonction sociale
transitoire, ce qui est plus ou moins le cas pour la nouvelle cohorte d’entrepreneurs
québécois. En créant ce nouveau processus, ils créent par le fait même une entreprise
qui à la fois prône l’innovation continue et la rationalité d’une grosse
entreprise en pensant au profit de cette innovation.
Cette
nouvelle manière de penser l’entrepreneur est-elle là pour rester ou au
contraire, sa fonction reste-elle, à l’idée de Schumpeter, transitoire?
Rose Charron
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Références
Larochelle,
Samuel, «Portraits
d'innovateurs : l'innovation est dans l'ADN des jeunes leaders», La Presse, 14 octobre 2014. http://affaires.lapresse.ca/portfolio/pme-en-demarrage/201410/14/01-4808980-portraits-dinnovateurs-linnovation-est-dans-ladn-des-jeunes-leaders.php
Schumpeter,
Joseph, A (1911, 1942). « Le phénomène fondamental de
l’évolution économique », Théorie de l’évolution économique, Recherches sur le
profit, le crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture, paragraphe III, pp.
74-92. (extraits choisis) ; « Le processus de destruction créatrice » et « Les
murs s’effritent », Capitalisme, socialisme et démocratie, pp. 91-96 et
143-154. (extraits choisis)
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