vendredi 26 février 2016

L'air : un bien vital devenu produit du marché.


« En chine, l’oxygène est devenue un produit de luxe… commercialisé ». Voilà le titre de l’article publié sur Kombini par Lydia Morrish il y a deux mois[1], plus ou moins surprenant. Dans les grandes villes des Chine, l’air est extrêmement pollué : « Le taux de particules fines appelées “PM2.5″ est 40 fois plus élevé [à Pékin] que la moyenne recommandée par l’OMS ». Dans l’épais brouillard, les passants ne peuvent parfois plus même voir ce qu’il a autour d’eux. L’air pur manque et est devenu un produit rare, de « luxe ». Et qui dit « luxe », dit couteux.
On sait que l’homme moderne désir sans limite et que la société capitaliste dans laquelle il vit est marquée par son ambition à satisfaire ses besoins illimités. Et sachant que, les moyens de satisfaire ces désirs, eux, sont limités, on fait alors vite face au problème de la rareté. L’effet pervers ici, c’est que l’on a créé de la rareté dans l’un des éléments les plus essentiels à la survie de l’espèce humaine, à la terre : l’air. En effet, s’il y a bien une ressource que l’on croyait disposer en abondance et qui échapperait à jamais aux mains du marché en restant accessible à tous, c’est bien l’air que l’on respire.
Mais aujourd’hui, et vu la situation environnementale, même l’oxygène n’est plus un bien sûr. La pollution, créer par l’homme moderne, le rend néfaste. L’air pur est donc en Chine, comme nous l’indique l’article, un produit qui se fait de plus en plus rare. Et qui dit rare dans les sociétés capitalistes, dit luxueux. Et le luxe, on le sait, implique automatiquement un prix à payer.
Dorénavant, l’appropriation des biens et la privatisation n’ont plus de limites, car on s’attaque à des biens vitaux. En effet, l’air n’est pas un produit d’un travail humain, mais un bien qui existe en soi, indépendamment de son utilité pour l’homme. On rentre doucement et dangereusement dans l’ère d’un capitalisme de rente. On peut à ce jour faire de l’argent avec à peu près tout, même sur le dos de la pollution apparemment. L’entreprise canadienne, Vitality Air a comprit cela et a donc décider de mettre sur le marché cet air pur de montagne si « prisée ». Les Chinois les plus chanceux pourront donc avoir accès à cet air pur commercialisé, à 28$ la bouteille. Autant dire que les Chinois les plus chanceux seront donc les Chinois les plus riches où du moins ceux qui auront le privilège de se soucier de leur santé.
L’ironie est d’autant plus grande quand on pense que si l’air n’est plus aussi pur qu’il l’était fut un temps dans certaines parties du monde comme en Chine, c’est en grande partie de la faute de la production de masse, de la surexploitation de nos ressources essentielles, cette logique marchande capitaliste donc. Et c’est dans cette même logique que certains acteurs vont prétendre avoir la solution à la crise environnementale : rendre de nouveau l’air pur accessible là où il manque, et surtout en profiter pour se faire beaucoup d’argent.

                                                                                             Adèle Ghiringhelli. 
                                                                                              20012081



[1] Morrish, Lydia. « En chine, l’oxygène est devenue un produit de luxe… commercialisé » publié dans Kombini. http://www.konbini.com/fr/tendances-2/chine-oxygene-luxe-commercialise/

mardi 23 février 2016

L'entreprise Ebola

Dans quel monde vivons-nous ?

Dans un monde où tout est marché, tout est économie et surtout, tout est profit. C’est l’entreprise-monde jusqu’à l’os… jusqu’aux os de 11316 morts plus particulièrement. Je parle ici du nombre de décès suite à la crise du virus Ebola en 2014-2015. C’est près de 12000 morts. C’est une grave crise humanitaire, de santé publique. On peut s’imaginer que si on avait pu faire quelque chose, on l’aurait fait non ? Mais on pouvait ! Un vaccin existait depuis 2005. Mais où ? Pourquoi ne l’avait-on pas sur le terrain ? Pourquoi ? Parce qu’il n’avait tout simplement pas été mis en marché. Entreprisation, économisation du monde dites-vous ?

Le virus a été découvert dans les années 1970 en Afrique. À ce moment, l’enjeu n’était pas assez important pour s’en soucier. C’est quand même juste quelques régions isolées d’Afrique qui en souffrent. Mais alors arrive le 11 septembre 2001. Les menaces biologiques comme Antrax sont surveillées de près. Toute menace potentielle contre les États-Unis (contre le capital ?) est à contrôler, incluant le bioterrorisme. La virulence et la propagation exponentielle d’Ebola commencent à inquiéter la riche, blanche Amérique du Nord. Et si on s’en servait pour nous attaquer ? On commence donc à investir dans la recherche de vaccins contre ces menaces biologiques dont fait partie Ebola.

Au Canada, dès 2005, les recherches s’avèrent efficaces en laboratoire, on veut maintenant tester sur les humains un vaccin potentiel. Pour ce faire, l’Agence de la santé publique du Canada doit vendre la licence (l’Agence étant purement axée sur la recherche, ce n’est pas elle qui commercialise les licences). L’argumentaire de vente doit être béton… intéressant économiquement il va sans dire. Pendant plusieurs années, personne ne veut l’acheter. Les perspectives de profits liées à cette licence sont quasiment nulles puisque c’est encore seulement quelques africains qui en meurent bon an, mal an. C’est dans ce contexte, en 2010, que la petite compagnie biopharmaceutique Newlink Genetics (principalement concentrée sur les recherches en cancérologie – qui n’a jamais fait de commercialisation de quoi que ce soit) finit par acheter la licence. Et puis après ? Après, plus rien.

Plus rien jusqu’en novembre 2014. On est maintenant rendu à plus de 2000 morts et l’épidémie est déclarée urgence mondiale. On n’a pas voulu faire cette déclaration d’urgence mondiale avant, de peur de nuire à l’économie. Oui, oui… nuire à la sacro-sainte économie ! Médecins Sans Frontières disait depuis un moment que c’était hors de contrôle. Maintenant c’est dit. Est-ce un hasard ? Un mois plus tard, le premier cas en Amérique est diagnostiqué au Texas… oh ! là c’est du sérieux. Mais Newlink n’a pas la capacité de développer le vaccin, elle n’a pas les reins assez solides. Elle vend donc sa licence à Merck, un géant pharmaceutique. Bravo à Newlink qui a acheté la licence 205 000$ et l’a vendue 50 millions$ quelques années plus tard ! Elle empoche le gros lot pour avoir mis une licence dans un tiroir. Finalement, les premiers essais ont lieu en mars 2015, près d’un an après le début de la crise et plus de 6000 morts plus tard. Le vaccin est enfin considéré efficace à 100% en juillet 2015. Les essais cliniques ont été faits en un temps record. On termine donc cette crise avec 12000 parents, frères, sœurs, fils et filles de moins… et une économie pharmaceutique florissante !

On ne pouvait rien faire ? On n’avait pas le devoir de faire quelque chose ?
L’entreprise-monde, c’est ça ?
C’est la barbarie 2.0 si vous voulez mon avis.


Marie-Christine Roy

dimanche 21 février 2016

Femmes et santé

En occident, les femmes sont confrontées à plusieurs rapport de domination et d’oppression. La domination est un phénomène structurel qui empêche les individus de s’autodéterminer, cela exclut leur spontanéité d’agir sur leurs décisions. Un exemple, on pourrait prendre la bureaucratie qui est une manière de hiérarchiser le fonctionnement de la population. L’oppression est un processus institutionnel systémique qui interdit l’émancipation des capacités des individus.
En effet, la structure économique, qui est le capitalisme, s’avère être au cœur de beaucoup de problèmes. Ce système fonctionne par le mode de production et de reproduction pour être dans une perspective de consommer ou encore de surconsommer. Cette perspective est mise en place dans la consommation des moyens de contraception à travers la matérialisation du corps des femmes en l’utilisant comme instrument. Ces moyens sont majoritairement faits pour les femmes.
Je m’explique, les femmes sont responsabilisées très tôt pour la consommation de produits hygiéniques vaginaux ou encore à tout ce qui a trait à la non reproductivité. En effet, elles sont vues comme un moyen de reproduction dans le système de santé. On leur donne la tâche de se procurer des moyens contraceptifs à un très jeune âge. Si elles ne le font pas, les femmes sont exposées à des questions stigmatisantes qu’on ne poserait pas à un homme car, les seuls moyens de contraception qu’on lui offre sont le condom et la vasectomie. Sachant, qu’elles sont souvent dépossédées du fonctionnement de l’ensemble de leur appareil reproducteur. Dû au fait, qu’elles auront moins tendance à se masturber ou encore avoir des relations sexuelles avec plusieurs partenaires, de peur de culpabiliser. Les femmes sont entretenues dans une culpabilité qui leur empêche de transcender dans leurs choix quotidiens, comme le travail, l’augmentation à la rémunération ou encore se mettre dans une position d’attente de peur de se réaliser à travers elles-mêmes.
Aussi, j’aperçois la matérialisation du corps de la femme à travers des besoins hétérosexuels dans la pratique du coït. En effet, cela se reflète dans une perspective d’homme blanc. Ainsi, les femmes sont discriminées par la tension du choix d’avoir un enfant ou d’avoir une carrière par le fait qu’elles sont utilisées comme un moyen de reproduction. Il faut comprendre que les États providences encouragent la maternité mais ne valorisent pas les épouses au foyer et donc elles ne profitent pas de l’assurance sociale.

En somme, les femmes gagnent 71% du salaire des hommes et les soins médicaux qui nous sont attitrés dans le domaine de la contraception sont dispendieux. Ainsi, les femmes qui ne vont pas chercher ces moyens ou encore qui ne peuvent se les procurer, seront stigmatisées dans un sens ou l’autre, car elles seront dites non responsables de leur corps. C’est par le contrôle du corps que l’oppression s’exécute ce qui empêche la femme de transcender son appareil reproducteur comme une personne libre et égale et non comme un moyen de reproduction. Ainsi, la domination imposée sur le corps des femmes est fait par le système de santé qui opprime les femmes dans leur autonomie de leur corps. 
Hélène Scheed

lundi 15 février 2016

L'esprit individualiste, matérialiste


Penser individualisme de nos jours est devenu une évidence et une réalité sans pareil.
Pour l'individu moderne, si il désire atteindre un certain degré de réussite matérielle, embrasser une façon d'être et de penser qui encouragerait l'atteinte de cette réussite, et qui la fera préserver et prospérer est une condition importante. De ce fait, on retrouve chez les générations contemporaines dites "modernes" un penchant vers la construction de soi, d'un "soi" qui n'impliquerait rien d'autre que comment améliorer son propre bien être, les conditions de sa vie, et "surtout pas celle des autres". L'article sur ledevoir (2011) et ses chiffres nous démontre à quel point les jeunes occidentaux ne prennent pas l'adoption d'un esprit individualiste à la légère, ils en ont fait une règle légitime à entreprendre dorénavant.
Avec les (62 %)  des jeunes Canadiens qui disent chercher d'abord un emploi payant plutôt qu'intéressant (44%), ces chiffres ne laisserait personne indifférent face à l'inquiétude de construction d'un demain "égoïste". De plus du fait que 44 % des jeunes Canadiens disent ne pas être prêts à financer les retraites des générations qui les ont précédés, mais enfin, ce sont des chiffres qui font peur ! La première chose que ces chiffres nous poussent à penser c'est "Mais où est ce qu'est passée l'humanisme" ?  Et Quel serait l'avenir d'une société où l'individu est en même temps l'acteur et le constructeur, si celle-ci cède tout son pouvoir au monde matériel?
Il m'est personnellement impossible de passer à travers l'ultime cause de l'émergence de cet "esprit individualiste" qui est tout d'abord la conversion à l "esprit matérialiste", ou plutôt "l'esprit capitaliste", car c'est bien à cause de l'avènement du "capitalisme" que les êtres censés ne pas perdre leur "humanisme" se sont vu "déshumanisés" par l'amour de la satisfaction matérielle. Le problème auquel fait face la société moderne capitaliste demeure il me semble dans la non connaissance des devoirs de chacun envers "autrui" dans une société où les relations humaines et sociales conditionnent son bon fonctionnement ou non. Il y'a un oubli considérable des priorités dans la vie de par l'individu qui court après le gain, dont l'importance des interactions humaines et leur favorisation. Car, je crois bien que, pour un bon déroulement d'un système "capitaliste" ou bien "politique" il faut qu'il y est, à l'intérieur de ce même système une bonne coopération humaine entre les acteurs qui l'alimentent et qui sont capables de le changer. Et que avant de se soucier de la réussite que pourrait nous procurer ce système, il serait impératif de ce soucier plutôt de ce qui ferait des acteurs du système une agréable unité qui favoriserait les relations humaines, dans le respect des droits de l'autre, et dans la connaissance du devoir de chacun envers l'Autre, excluant toute forme de domination et de pouvoir qui créerait des inégalités au sein de ce système qui mènera par la suite l'individu vers une adoption d'esprit individualiste.
On construit la société, et dans le même temps, on est capable de la changer.

Par Imane EL Mahi


http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/315046/etude-individualistes-et-materialistes-les-jeunes-canadiens