« En chine, l’oxygène est
devenue un produit de luxe… commercialisé ». Voilà le titre de l’article
publié sur Kombini par Lydia Morrish il y a deux mois[1], plus ou
moins surprenant. Dans les grandes villes des Chine, l’air est extrêmement pollué :
« Le taux de particules fines appelées
“PM2.5″ est 40 fois plus élevé [à Pékin] que la moyenne
recommandée par l’OMS ». Dans l’épais brouillard, les passants ne peuvent parfois plus même voir ce qu’il a autour d’eux. L’air pur manque et est devenu un
produit rare, de « luxe ». Et qui dit « luxe », dit
couteux.
On sait que l’homme moderne désir
sans limite et que la société capitaliste dans laquelle il vit est marquée par
son ambition à satisfaire ses besoins illimités. Et sachant que, les moyens de
satisfaire ces désirs, eux, sont limités, on fait alors vite face au problème
de la rareté. L’effet pervers ici, c’est que l’on a créé de la rareté dans l’un
des éléments les plus essentiels à la survie de l’espèce humaine, à la terre :
l’air. En effet, s’il y a bien une ressource que l’on croyait disposer en
abondance et qui échapperait à jamais aux mains du marché en restant accessible
à tous, c’est bien l’air que l’on respire.
Mais aujourd’hui, et vu la situation environnementale, même
l’oxygène n’est plus un bien sûr. La pollution, créer par l’homme moderne, le
rend néfaste. L’air pur est donc en Chine, comme nous l’indique l’article, un
produit qui se fait de plus en plus rare. Et qui dit rare dans les sociétés
capitalistes, dit luxueux. Et le luxe, on le sait, implique automatiquement un
prix à payer.
Dorénavant, l’appropriation des
biens et la privatisation n’ont plus de limites, car on s’attaque à des biens
vitaux. En effet, l’air n’est pas un produit d’un travail humain, mais un bien
qui existe en soi, indépendamment de son utilité pour l’homme. On rentre doucement et dangereusement dans l’ère d’un capitalisme de rente. On peut à ce jour faire de l’argent avec à peu
près tout, même sur le dos de la pollution apparemment. L’entreprise canadienne, Vitality Air a comprit cela et a donc décider de mettre sur le marché cet air
pur de montagne si « prisée ». Les Chinois les plus chanceux pourront
donc avoir accès à cet air pur commercialisé, à 28$ la bouteille. Autant dire
que les Chinois les plus chanceux seront donc les Chinois les plus riches où du
moins ceux qui auront le privilège de se soucier de leur santé.
L’ironie est d’autant plus grande
quand on pense que si l’air n’est plus aussi pur qu’il l’était fut un temps dans
certaines parties du monde comme en Chine, c’est en grande partie de la faute
de la production de masse, de la surexploitation de nos ressources
essentielles, cette logique marchande capitaliste donc. Et c’est dans cette
même logique que certains acteurs vont prétendre avoir la solution à la crise environnementale : rendre de nouveau l’air pur accessible là où il manque, et
surtout en profiter pour se faire beaucoup d’argent.
Adèle Ghiringhelli.
20012081
[1] Morrish, Lydia. « En chine, l’oxygène est devenue
un produit de luxe… commercialisé » publié dans Kombini.
http://www.konbini.com/fr/tendances-2/chine-oxygene-luxe-commercialise/
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