mardi 6 mai 2014
jeudi 17 avril 2014
L'individualisme comme conscience collective
Lors
d’un débat dans le cadre de l’investiture du Parti Républicain en Caroline du
Nord en 2012, le futur chef et multimillionnaire Mitt Romney répondit avec
assurance que sa fortune était le résultat d’un travail de forcené, parti de
rien et seul (‘on my own')[1],
bref ce qu’il qualifiera d’ « American way ».[2]
En gros, le fameux self-made man américain, qui ne doit les fruits de son
travail qu’à son dur labeur et son audace.
Le self-made man et l’Amérique
Véritable
classique dans l’iconographie américaine contemporaine et symbole viril de l’Amérique
aventurière et entrepreneuriale, les exemples d’autoproclamés self-made men ne
manquent pas pour nourrir le rêve d’égalité des chances aux États-Unis, de John
D. Rockefeller à Jay-Z. Ces histoires dignes de scenarii hollywoodiens ont la
vertu d’encourager les classes plus basses à suer un peu plus dans l’exercice
du boulot quotidien enfin de rêver d’accéder enfin à la fortune et de prendre
pour de bon l’ascenseur social.
C’est
à l’abolitionniste et ex esclave Frederick Douglass que l’on doit la paternité
du terme, qui lors d’un discours décrira le self-made man comme suit :
“They
are the men who owe little or nothing to birth, relationship, friendly
surroundings; to wealth inherited or to early approved means of education; who
are what they are, without the aid of any favoring conditions by which other
men usually rise in the world and achieve great results."[3]
Ce
qu’on en retient, donc, c’est la capacité à créer du self-made man en ne partant d’absolument
rien. Si le cas de Frederick Douglass est particulier (partir du statut
d’esclave est effectivement handicapant dans la recherche d’une vie sociale
épanouie et n’est évidemment pas égal à la réalité du fils de banquier), on peut
évidemment remettre en question la notion du « rien ». Effectivement,
Pierre-Joseph Proudhon nous apprend dans son œuvre phare Qu’est-ce que
la propriété ? que tout capital est une propriété sociale, car « le
talent et la science dans un homme sont le produit de l’intelligence
universelle et d’une science générale lentement accumulée par une multitude de
maîtres ».[4]
Bref, qu’aussi indépendant peut paraitre un esprit, qu’aussi personnelle peut
sembler une initiative, il y aura toujours derrière cela des siècles de
connaissances à la portée du monde pour bricoler son succès personnel. De façon
plus simple, comme il est mentionné dans le livre La juste part des universitaires Patrick Turmel et David Robichaud,
ce serait en essayant de construire un grille-pain sur une île totalement
déserte[5] qu’on
pourrait se rendre compte à quel point d’innombrables éléments de notre
quotidien peuvent nous sembler complètement acquis au cours de l’existence
normale. En gros, le self-made man est un mythe, il est toujours dépendant d’un
nombre important de variables et du capital culturel global.
Mais
cette mythologie du self-made man, c’est une ode à l’individualisme et à tous
les facteurs individualisant le succès et un véritable moteur à la course au
capital. Ce mythe, c’est un pilier du capitalisme moderne et de l’esprit d’entreprise
qui chante les louanges d’une méritocratie où l’opulence d’un compte en banque
trouverait son égal dans la vertu personnelle de l’individu.
[1] http://www.politifact.com/truth-o-meter/statements/2012/jan/20/mitt-romney/mitt-romney-says-he-didnt-inherit-money-his-parent
[2] Ibid.
[4] PROUDHON,
Pierre-Joseph, Qu’est-ce que la propriété
?, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, Chapitre III, p. 176.
[5] David
Robichaud et Patrick Turmel, La juste
part, Montréal, Documents, 2012, Chapitre I, p. 13.
Le non-conformisme et l'industrie pharmaceutique
Le rapport aux maladies à travers l’histoire
ont plus souvent qu’autrement été une histoire de croyance que de réelles
«maladies». En effet, nous pouvons penser aux traitements des homosexuels à qui
nous avons longtemps attribué leurs gestes à une maladie. Il y a aussi toute
l’histoire de gens possédés par le démon, qui vraisemblablement nous provient
de la religion. Les gens, à travers l’histoire, semblent voir à travers les
lunettes de leur croyance. Aujourd’hui, à l’époque ou la religion a perdu son
emprise par rapport à l’état et dans la vie des individus, qui peut influencer
nos croyances envers les maladies ? En effet, je débute en affirmant
implicitement que nous sommes toujours influencé dans nos croyances par quelque
chose de plus grand que nous, qui surplombons la société. Selon Max Weber cela
serait le désenchantement du monde qui amènerait la rationalité à s’étendre
dans tous les aspects de la société.
Aujourd’hui, à l’époque où la
consommation de masse est ce qui fait vivre l’économie tels que nous la
connaissons, les pays développés ont besoin d’une main d’œuvre qui consomme
nombre de produit pour faire «rouler l’économie». Pour consommer il faut
travailler et pour travailler il faut s’adapter au monde du travail, se
conformer. J’affirmais d’entrée de jeux que les gens voient souvent à travers
des croyances établie dans la société dans laquelle ils vivent. Selon l’article
d’État du monde, État d’être, la Créativité
et non-conformisme désormais une maladie mentale. Il est intéressant de
constater à quel point notre époque reflète nos visions de la maladie. En
effet, selon l’article, «une créativité et un cynisme au-dessus de la moyenne. Le manuel
identifie cette maladie mentale comme « ODD », « désordre oppositionnel défiant
[…] Défini comme « un comportement soutenu d’hostilité et de désobéissance »,
les symptômes incluent la remise en question de l’autorité, la négativité, la
défiance… »[1].
Notre
époque est marquée par l’industrie pharmaceutique à qui ont donne une
importance sans précédent dans l’histoire de l’humanité. On peut se questionner
sur la finalité de cette nouvelle «maladie» pour l’industrie. Il serait peut
être déplacer de crier à la conspiration mais il y a certes lieu de se questionner
sur ce à quoi nous adhérons en légitimant ce genre de diagnostic sur les
«déviants». Selon Max Weber, le rationnel en finalité est un choix réfléchi d’un but et des moyens les
plus efficaces pour l’atteindre, en tenant compte des conséquences de ces
choix. La finalité de l’industrie pharmaceutique est évidemment de trouver le
plus de «solutions chimiques» à de nouvelles déviances ou maladie pour
continuer à accumuler les profits.
Nous pouvons nous questionner sur l’«action
rationnelle en valeur» qui perd effectivement de l’importance face à celle en
«finalité». En effet, le fait de ne pas protesté contre ce genre de pratique
comme le mentionne l’article : «Lorsque la dernière édition du DSM-IV a été publiée, elle
identifiait des symptômes de diverses maladies mentales chez les enfants et le
résultat fut une augmentation significative de la médication de ces derniers.
Certains états américains ont même des lois qui permettent aux agences de santé
d’obliger une médicamentation sous peine d’amende ou d’emprisonnement.»[2]
L’idée de médicamenter le «non-conformisme» peut ouvrir la porte à des
pratiques de plus en plus étendu dans la société occidentale, qui est celle qui
consomme le plus de produits de ce genre. Ainsi, les déviants de nos jours
deviennent de plus en plus ceux qui ne se conforment pas aux grandes idées du
capitalisme moderne.
Julien
Biron
[1] État du monde, État
d’être, «Créativité et non-conformisme désormais
une maladie mentale.» [En ligne]. http://etat-du-monde-etat-d-etre.net/de-la-societe/science-du-controle/creativite-et-non-conformisme-desormais-une-maladie-mentale.
(Page
consultée le 14 avril 2014)
[2] État du monde, État
d’être, «Créativité et non-conformisme désormais
une maladie mentale.» [En ligne]. http://etat-du-monde-etat-d-etre.net/de-la-societe/science-du-controle/creativite-et-non-conformisme-desormais-une-maladie-mentale.
(Page
consultée le 14 avril 2014)
mercredi 16 avril 2014
Pensez-vous à l'abondance !
Grâce au développement économique, on peut
vivre dans l’opulence à présent. On peut acheter des choses à Métro n’importe
quand tu veux, et savoir n’importe quoi sur Wikipédia. Des gens jouissent des
bienfaits de la partie positive du capitalisme, tandis que il y a des gens qui
sont défavorisés. D’un part, le monde devient de mieux en mieux pratique, mais
d’autre part, il y a des gens qui sont obligés aux travails manuels. La
disparité des biens ne cesse pas de élargir, mais ironiquement, c’est la
conséquence naturelle du capitalisme. Toutefois, est-ce que c’est vraiment bon
système dont il y a les grandes disparités entre des gens favorisés et des gens défavorisés ?
Ici, je prends un exemple d’une grande
entreprise contemporaine et multinationale ; Amazon.
Amazon est une entreprise connue de commerce
électronique américaine qui vent de livres et des produits diversifiées. Un
fois vous avez choisi les commodités ce que vous voulez et payé à la carte
crédit, c’est tout. Après deux ou trois jours a peu près, vous pouvez obtenir
les commodités ce que vous avez commandé. On bénéficie de la civilisation
contemporaine grâce à la croissance des entreprises et au développement de TIC
(Technologie de l’information et de la communication). Toutefois, n’oubliez pas
l’autre face disparue de l’entreprise. Le système d’Amazon est très rationnel,
en autres termes, très dur pour des gens qui travaillent dans warehouse où le stock est mis dans une
grande espace.
| logo de Amazon (1) |
Mac Mcclelland, une
journaliste de droits de l’homme, est entrée à warehouse en cachent sa profession car il y a la possibilité que
elle perde un procès à Amazon. D’abord, elle a entendu le règlement
fondamental.
“you are hurting yourself when you are late because you will be penalized on a point system, and when you get too many points, you’re fired – unless you’re late at any point during your first week, in which case you are instantly fired”.
Il y a un système très sévère pour
des employés. Et ensuite, elle a demandé à sa gérante.
”Well, what if I do start crying?”
“Yes. There’s 16 other people who want your job. Why would they keep a person who gets emotional, especially in this economy?”
Les ouvriers là, ils sont
littéralement “jetables”.
| Warehouse (2) |
Dans ce texte, il y a une phrase qui veut dire comme ça : une bonne expérience clientèle est la clef à la croissance qui est la clef au prix plus bas guidant à mieux expérience clientèle. C'est justement la substance du capitalisme que on fait des bénéfices pour bénéficier parce que la satisfaction clientèle guidera l'accumulation du capital.
Les entreprises capitalistes n’arrêtent pas
ses croissances et ils déroulent ses échelles dans le monde entier avec mondialisation. Alors
que on bénéficie du développement économique capitaliste, ça implique les
grandes disparités entre des gens favorisés et des gens défavorisés. L'amplification de l'entreprise implique l'exploitation des ouvriers bien que le système de Amazon est magnifique comme le
modèle d'entreprise qui suit le caractère rationnel du capitalisme.
Arrêtez-vous à l’instant et
réfléchirez-vous bien. Vous pourriez s’apercevoir que vous êtes déjà assez
abondant. Certainement on a obtenu l’abondance matérielle, mais on a peu de abondance mentale. Certaines personnes ont perdu la joie de travail. Nous avons tous le droit d'être heureux. C'est aujourd'hui, que on réfléchit l'abondance vraie.
| quelle destination ? (3) |
Ryunosuke Yamanaka
P.S. J'étais étudiant d'échange du Japon pour une année donc je doit rentrer à mon pays. Je regrette que je puisse pas continuer mon étude ici, mais bon, j'ai bien apprécié tous les temps à Montréal qui est la ville idéale pour vivre plus que jamais. Si tu viens au Japon, n'hésites pas me contacter et je te montrerai le Japon. Merci professeur Yanick Noiseux, les membres d'équipe, et tous !
Référence
McClelland, Mac. (2012). “I was a Warehouse Wage Slave”. Mother Jones. Retrived 2014 April 16th from “http://www.motherjones.com/politics/2012/02/mac-mcclelland-free-online-shipping-warehouses-labor?page=1”.
Liste des photographies
(1)http://www.inevents.org/bratislava/wp-content/uploads/sites/2/2013/09/amazon-logo.jpg
(2)http://wonderfulengineering.com/wp-content/uploads/2013/06/Amazon-warehouse.jpg
(3)http://www.pour-un-monde-meilleur.com/wp-content/uploads/2013/01/chemin-du-bonheur2.jpg
(2)http://wonderfulengineering.com/wp-content/uploads/2013/06/Amazon-warehouse.jpg
(3)http://www.pour-un-monde-meilleur.com/wp-content/uploads/2013/01/chemin-du-bonheur2.jpg
La professionnalisation des ONG; une quête de légitimité
À une époque où les crises politiques et les catastrophes naturelles semblent omniprésentes, le rôle et la fonction des organisations non-gouvernementales (ONG) sont d’autant plus préoccupant qu’elles sont depuis les années 1980 de plus en plus appelées à répondre aux besoins d’aide et de développement en lieu des gouvernements (Le Naëlou 2004).
Cet accroissement de la demande qui s’accompagne d’une nécessité pour ces organisations de se montrer garant des objectifs prescrits par les bailleurs de fonds et d’acquérir une légitimité sur la scène internationale a fait subir aux ONG des transformations importantes qui s’inscrivent dans un processus de professionalisation (Le Naëlou 2004).
La professionnalisation dont il est question n’est pas sans rappeler le concept de bureaucratisation chez Weber. Les ONG sont de plus en plus appareillées de professionnels employés pour leur qualifications dans les domaines les plus variés et motivés par l’opportunité pour une réussite personnelle que leur offre le marché de l’aide au développement (Le Naëlou 2004). Ce premier changement illustre assez bien la principale problématique touchant la fonction des ONG modernes; l’exacerbation d’une tension entre aide et efficacité. Pour reprendre la formulation d’Anne Le Naëlou: «La mise en place de la logique administrative et gestionnaire rencontre de nombreux obstacles car elle parle d’efficacité, de rentabilité, de compétences, là où les mots de solidarité, de millitance et d’engagement dominaient.» (Le Naëlou 2004, 777). Dans le contexte de l’aide internationale, où la connaissance des particularités d’un contexte d’intervention et la proximité avec la population sont des facteurs pouvant garantir l’efficacité des programmes, l’application de règles arbitraires, le suivi de procédures inflexibles et les contraintes de rentabilité introduites par la bureaucratisation sont, pour le dire timidement, problématiques.
Certes, les objectifs de l’entreprise et de l’organisation non-gouvernementale se distinguent de par la fin recherchée; le profit pour la première et la solidarité sociale pour la deuxième. Mais l’entreprisation du monde n’épargne aucune sphère. Comme l’entreprise, l’ONG moderne voit sa rationalité se transformer. Suivant les catégories de Weber, la rationalité en valeur de la première heure, revendiquée par les «militants fondateurs» (Le Naëlou 2004), se voit peu à peu remplacée par une rationalité instrumentale.
Mais pourquoi instrumentaliser? Et pour qui?
Le Naëlou nous apporte une réponse fort intéressante. Les professions regroupées sous une même ONG poursuivent une quête de légitimité pour leurs organisations respectives. Les principes d’efficacité, de performance et tout ce qui se regroupe sous le result oriented approach représentent la garantie de cette légitimité au près des bailleurs de fonds. Conséquemment, ils sont à la fois «solidaires et concurrents» (Le Naëlou 2004) des autres professionnels de l’organisation et c’est ce combat endogène pour le contrôle de l’organisation qui dénature son programme social.
Cette quête de légitimité nous renvoie encore une fois aux concepts de Weber. Non seulement la légitimité légale-rationnelle, caractéristique de l’entreprise moderne, est-elle ici clairement circonscrite comme étant celle sur laquelle se fonde la professionnalisation des ONG, elle est aussi en voie de remplacer la légitimité charismatique d’organisations fondées sur des valeurs d’altruisme, de courage, de passion, etc.
Heureusement, des tentatives ont été entreprises pour concilier solidarité sociale et efficacité. Un des modèles en question consiste à intégrer une structure tricéphale qui permet une administration commune des projets entre deux professionnels salariés et un bénévole à travers l’ensemble de la structure de l’organisation. Cette formule permet en effet de réconcilier «...les stratégies des fondateurs porteurs d’un projet collectif et celles des nouveaux entrants, souvent militants, porteurs de compétences techniques nouvelles valorisées par les bailleurs.» (Le Naëlou 2004, 792).
Bien qu’elles ne parviennent pas à tout régler, ces mesures sont peut-être la preuve que la professionnalisation et l’entreprisation des ONG n’est après tout pas un phénomène irréversible.
Rémy Cuda
Sources:
Le Naëlou, Anne. «Pour comprendre la professionalisation dans les ONG: quelques apports d’une sociologie des professions», Revue Tiers Monde, 2004/4 n. 180, p.773-798. DOI: 10.3917/rtm.180.0773.
Weber, Max. «Déterminants de l’activité sociale», Économie et Société, Paris, Plon,1971, p.22-23.
Weber, Max. «Les types de domination», Économie et Société, tome premier, Paris, Plon, Chapitre III, 1971 (1956) pp. 219-236 et 249-255.
"La première personne à vivre mille ans est déjà née"
Google peut-il
résoudre le problème de la mort? Une question aussi déraisonnable
peut paraitre tirée d’un véritable film de science fiction, mais pourtant elle
occupait la une du magazine Time en Septembre 2013. Les sceptiques y verront un
mauvais poisson d’avril, un délire chimérique à la Dorian Gray ou encore un
coup de markéting très bien pensé, mais le géant d’internet se
montre bel et bien sérieux. Ce serait donc de la folie… si ce n’était pas
Google Inc. à la tête du projet.
En effet,
depuis sa fondation en 1998, elle est rapidement devenue l’une des entreprises
américaines les plus imposantes avec Facebook, Apple et Amazon, qui font
désormais partie des « Big Four » d’internet. Face aux besoins
illimités de l’homme occidental moderne, caractéristique culturelle permettant
à l’entreprise d’exister, Google a su accomplir sa mission : « organiser l'information à l'échelle
mondiale et la rendre universellement accessible et utile »*. Mais encore, le moteur de recherche a rapidement battu
la concurrence de Yahoo et AltaVista, puis s’est attelé à innover en proposant
des logiciels gratuits tels que Google Maps/Earth, des systèmes d’exploitation
pour Android, etc. Google, qui a
réalisé près de 13 milliards de bénéficie net en 2013*, part désormais à la quête de l’immortalité, avec la certitude que
son secret réside dans la génétique et non plus dans la magie. Avec
l’entrepreneur Larry Page en tant que PDG, il lance la compagnie dans une
appropriation du monde fondée sur la propriété privée, en baignant ainsi dans
des paradis fiscaux. Par le biais de plusieurs achats de sociétés privées
telles que Boston Dynamics, connue pour sa production de robots à usage
militaire, ainsi que la société de biotechnologie 23andme ouvrant les portes de
la génétique, Google propose Calico, la California Life Company. Cette terre
n’est plus un moyen de satisfaire les besoins humains puisqu’elle ne garantit
pas l’immortalité, mais l’idéal-type n’est dorénavant plus une utopie face à
cette véritable révolution médicale.
Google fait donc preuve d’une volonté de maitrise du monde, de par
son recours à la connaissance, la prévision, et la rationalité. À travers cette
rationalisation de l’action pratique spécifique à l’Occident moderne, la
compagnie présente un concept puis une méthode expérimentale dans un
laboratoire. Le monde est ainsi désenchanté, c’est à dire qu’il n’y a plus
aucune puissance mystique qui interfère dans le cours de nos projets, cette
maitrise totale s’accompagne d’un non-sens quant à la vie et la mort : il
n’y a pas de place pour celles-ci dans un monde en quête perpétuelle de
progrès. Mais comment se fait-il qu’un objectif
perçu comme immoral, dangereux, insensé, soit devenu non seulement acceptable,
mais valorisé ? Google en a les moyens puis il en tirera les profits, la
finalité étant la maximisation de l’utilité de son argent tout en mettant les émotions,
les valeurs et les traditions entre parenthèses. Google a en effet son comité
d’éthique privé, ce qui ne permet pas au public d'y participer et donc d'avoir
une voix face à ce gigantesque projet.
Cela situe
Larry Page et les employés de Google dans une cosmologie non plus naturaliste,
mais transhumaniste. Dans un rapport asymétrique entre
nature et culture nait cette idéologie nouvelle, qui présenterait des cultures
« humaines » et des cultures « non-humaines ». Puisque les
parties biologiques du corps seront progressivement remplacées par des parties
non-biologiques, c’est tout le rapport à la nature même qui se perdra. Cette
dernière ne rentrera plus dans l’équation à partir du moment où on ne sera plus
soumis à ses lois universelles, on verra probablement la naissance d’une
relation hiérarchique, voire de nouvelles formes de racisme, face à l’arrivée
de ce surhomme qu’annonce Google.
Il n’en demeure
pas moins que la première personne à vivre mille ans est déjà née, par le
simple désir de créer. Merci Google?
Elisa Grinberg
- http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/ces-milliardaires-prets-a-s-offrir-l-immortalite_1312527.html#f0Vsar1aDK2oiozp.99
- Sociologie des organisations,
Yanick Noiseau Séances 5, 6 et 7.
- *D'après la page
de présentation de la société sur www.google.com/corporate [archive]. Consultée le 10 avril 2014
- *http://www.zdnet.fr/actualites/google-pres-de-13-milliards-de-dollars-de-benefice-net-sur-2013-39797518.htm
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