D’ici la fin de l’année 2016, la Gaspésie devrait se faire l’hôte du projet industriel
qui est historiquement le plus dommageable pour l’environnement au Québec : la
cimenterie de Port-Daniel. Après avoir présenté les actualités juridiques autour du projet,
je vais ensuite utiliser le concept de rationalité comme finalité pour comprendre
davantage les comportements du gouvernement provincial de Couillard dans le soutien
qu’il accorde à ce projet.
Dans l’article de Radio-Canada publié originellement le mercredi 18 février
2015, Martine Biron présente les enjeux juridiques autour de l’adoption d’une nouvelle
loi par le gouvernement Couillard. En effet, afin de bloquer un recours judiciaire visant à
faire soumettre le projet de Cimenterie de Port-Daniel-Gascons au Bureau d’audience
publique sur l’environnement (BAPE), le gouvernement Couillard déposait, en mars
2015, un projet de loi. Alors que le procès engagé contre Québec et la Cimenterie
McInnis devait débuter dans les deux semaines suivant la publication de l’article,
l’auteure nous présente les conséquences de ce projet de loi. D’abord, l’adoption d’une
telle loi implique que le projet sera protégé du BAPE. Ensuite, comme mentionné
précédemment, il s’agit également d’un stratagème afin d’éviter le procès intenté par
cimenterie Lafarge et deux groupes environnementaux, dont le Centre québécois du droit
à l'environnement (CQDE). L’article explique ensuite les raisons pour lesquelles les deux
organisations environnementales ont accepté un processus de médiation avec Ciment
McInnis. Selon Me Michel Bélanger, du CQGE, deux raisons principales justifient cette
entente : le grand risque de perdre le procès et que, dans la situation où celui-ci était
gagné, le processus du BAPE engendrerait des répercussions similaires à celles issues du
processus de médiation. L’article mentionne finalement que le gouvernement espère le
soutien de l’opposition officielle péquiste, qui avait à la base également refusé de
soumettre le projet au BAPE.
Dans un contexte de crise climatique et de réchauffement climatique où plusieurs
études ont démontré que l’émission de gaz à effet de serre (GES) était un danger pour
l’avenir de notre planète, je considère totalement outrageant que le gouvernement protège
encore des projets aussi polluants. Il est estimé que ce projet seul augmenterait de 2%
l’émission de GES à l’échelle du Québec. Plusieurs parlent de ce projet comme le plus
polluant de l’histoire du Québec. Alors, est-ce parce qu’il y a une demande de production
de ciment forte que, malgré l’immense coût environnemental associé à ce projet, le
gouvernement provincial choisit de le soutenir économiquement et même au niveau
légal? Car d’autres actualités nous informent que c’est 450 millions qui ont été investis
par le gouvernement du Québec dans cette cimenterie.
En recherchant une réponse à cette question, j’ai découvert qu’il existait déjà
quatre cimenteries au Québec et que celles-ci ne fonctionnaient qu’à 60% de leurs
capacités à cause d’une trop faible demande. Il est donc clair que la demande forte n’est
pas la raison pour laquelle le gouvernement investit et défend ce projet. La lecture
d’autres actualités me permet de comprendre qu’une des raisons principales avancées par
le gouvernement dans son appui au projet est que la cimenterie permet de créer 200
emplois directs dans la MRC avec le plus haut taux de chômage au Québec (17,8%). Une
autre raison avancée est que le projet permet le développement économique de la région.
Comme vu dans le cadre de ce cours, notre société valorise la prise de décision
par l’approche d’action rationnelle en finalité. Cette approche est basée sur un «choix
réfléchi d’un but et des moyens les plus efficaces pour l’atteindre, en tenant compte des
conséquences de ces choix » (Noiseux, 2016 : PowerPoint 6). Si nous analysons le
comportement du gouvernement, nous remarquons rapidement qu’il entreprend des
actions dites rationnelles pour attendre cette finalité, qui est la création d’emploi et le
développement économique. L’on peut même croire que la véritable finalité en est une
électoraliste…
En attendant que nous créions un système qui n’est pas dirigé par des personnes
qui ne cherchent qu’à maintenir leur pouvoir au lieu de penser au bien des générations
futures, il serait primordial que, comme population, nous montrions que notre finalité
c’est le sauvetage de la planète et que, s’il veut se faire réélire, le gouvernement devrait
prendre des décisions rationnelles vers cette finalité.
Mikael-Or Voyer
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2015/02/18/005-cimenterie-port-daniel-
projet-loi-quebec-eviter-bape.shtml
lundi 18 avril 2016
mercredi 30 mars 2016
Autour d'Apple pay
Dans cet article LSA commerce connecté, nous parle des nouveaux systèmes
de payements par téléphone portable d’apple
« l’apple pay ».
« seulement 3% des transactions réalisées aux
Etats-Unis sont faites à partir d’un smartphone, d’une tablette, ou
d’un appareil
mobile. »
La mise en place de ce système a été
freiné au État unis pour des raisons de sécurités.
Et cela ne change que très peut pour la
génération Y qui selon l’étude GFK de février 2016 ne se servirait de
smartphone comme moyens de payement qu’a hauteur de « 7% de transactions mobiles chez les
18-24 ans ».
En effet le marché Américain évoque
d’une part la sécurité comme cause de ce manque de prolifération de leur
nouveauté sur le marché. Et cela malgré la mise en place d’un système d’empreinte
digitale qui a pour but de protéger les donnés bancaires des utilisateurs.
La devise de l’apple Pay est clair
« sur, simple, et confidentiel » la marque a la pomme a évidement mis
l’accent sur la simplicité et la rapidité de ce moyen de payement.
Nous pouvons aussi y voir une nouvelle
forme de dématérialisation de l’argent parmi tant d’autres qui viennent contré
l’échange de liquidité. Rendant la transaction invisible et l’interaction de
plus en plus courte et distante.
L’argent ou son échange allant ainsi
toujours dans la même direction que Georg Simmel nous a pointé « l’argent
divise et sépare ce qui est proche » coupant une partie de la liaison
entre l’individus de l’employé et « réunit ce qui est lointain,
séparé » en l’occurrence le porte monnaie de notre poche.
Mais la sécurité visiblement ne serait
pas le principale problème rencontré par ce nouveau système de payement .
En effet LSA nous parle d’une forme de
boycotte économique de la part des magasins et différents distributeurs.
L’article nous parle de géants
économiques comme Walmart, Best buy, CVS …
entreprise qui auraient visiblement déjà
prévue une innovation qui viseraient a facilités les payement de leur chères
consommateurs.
La notion de sécurité et de
confidentialité est prôné a cout de grands slogan publicitaires par la marque a
la pomme. Or elle ne prend pas en compte l’un des aspect de ce besoin de
sécurité probablement éprouvé par les consommateurs : qui protégera leur donnés de la marque elle
même ?
En effet qui n’a jamais eux peur d’être
espionné par sa propre webcam dont tout smartphone et ordinateurs est équipé ?
Qui n’a jamais entendu que nos divers
recherches internet sont utilisé pour nous vendre et nous exposer a certaine
publicité susceptible de nous « intéressé » ?
Il me semble évident que la sécurité et
le désir d’innovation des différents distributeurs ne sont pas les seul cause
du manque de prolifération de la nouveauté d’apple .
Après nos photos, nos discussions et nos
historiques de navigations, peut être refuserons nous de donner jusqu'à
l’historique de toute nos transaction bancaire a cette entreprise qui en sais
déjà trop.
http://www.lsa-conso.fr/pourquoi-l-arrivee-d-apple-pay-sur-les-sites-mobiles-pourrait-booster-le-m-commerce,235275
Pour un retour au port de l'uniforme scolaire?
Pour un retour au port de l'uniforme scolaire?
Imaginez une société sans mode. Une société où tout un chacun serait habillé de manière identique. Tournez la tête, regardez autour de vous : vos amis, voisins, les passants, tous vêtus pareil! Serait-ce une si mauvaise chose?
Dans la société contemporaine qui est la nôtre, le vêtement est devenu un marquage social. Plus encore, il représente aujourd’hui un réel objet de monstration de soi, une façon de se projeter dans la société et de s’identifier à un groupe social. Ainsi, chaque groupe social comporte des normes, habitus, un langage, une consommation, et une parure qui lui est propre. Il est vrai que la tenue vestimentaire est un vecteur d’expression de l’individualité, mais cette individualité ne se rattache-t-elle pas à un groupe social? Un punk s’habillera comme un punk, un avocat comme un avocat, un hippie comme un hippie. À l’instar de la théorie développée par Zelizer sur l'attrait non-impersonnel de l’argent, on y voit un parallèle flagrant avec la mode vestimentaire. Dans le monde d’aujourd’hui, où la mode et tous les milieux qui s’y rattachent ont un tel pouvoir médiatique, se vêtir est à la fois un moyen de créer, de transformer, et de se différencier dans ses rapports sociaux. Les individus sont jugés, critiqués, catégorisés, voir même discriminés de par leur manière de s’habiller. Bon, d’accord, avouons-le, qui n’a jamais dit ou pensé “elle est vraiment habillée comme une p***!!!” ? C’est vrai, vous n’allez pas aller à un entretien d’embauche les cheveux en batailles, tout droit sortie de la plage, le short et les gougounes qui vont avec ! Ou alors, c’est que vous espérez ne pas être sélectionné pour pouvoir continuer à vous la couler douce à la plage en touchant le chômage! Trêve de plaisanterie, qu’on le veuille ou non, la mode est aujourd’hui un moyen d’intégration! Et l’école dans tout ça? Et bien oui, après tout, l’école ne doit pas être un lieu ou les inégalités et origines sociales n’ont pas leur place? Un lieu où seule la méritocratie a le pouvoir de démarquer les individus? Dans ce cas, pourquoi ne pas réinstaurer le port de l’uniforme? Alors oui, je vous vois venir, à bondir de votre chaise et vous tirer les cheveux en criant “Bouuuuuuhh!! Ringarde!!”. Mais comprenez que si l’école veut jouer la carte de la mobilité sociale jusqu’au bout, elle doit y mettre tous les moyens adéquats. Est-ce normal que dans une institution qui se veut égalitaire, juste, et impartiale, certains jeunes soient habillés en Chanel ou Dior et d’autre chez H&M? Est-ce normal que certains élèves soient montrés du doigt par leurs camarades car ils ne veulent pas, ou ne peuvent pas s’habiller selon les courants de la mode? La ségrégation entre fils de riches et fils de pauvres, entre les “in” et “ploucs”, entre fashion victimes et paysans n’a plus lieu d’être dans les cours de récréation. Si tous les élèves étaient habillés de la même manière, cette distinction ne se ferait pas! En fermant les yeux sur une telle réalité, l’école devient alors un lieu de reproduction des inégalités sociales, comme l’explique également Bourdieu dans ses travaux. Or l’école doit se battre pour instaurer une équité sociale et encourager les élèves à tisser des liens entre eux, quelle que soient leur origine sociale. En 2006, un projet de loi avait même été soumis par plusieurs députés UMP en France, appuyant cette idée : «L’instauration d'une tenue commune permettrait de lisser les différences sociales entre les élèves, de limiter les insultes et agressions sexuelles dont sont victimes les jeunes filles et permettrait au monde éducatif d'évoluer dans de meilleures conditions».
Dans la société contemporaine qui est la nôtre, le vêtement est devenu un marquage social. Plus encore, il représente aujourd’hui un réel objet de monstration de soi, une façon de se projeter dans la société et de s’identifier à un groupe social. Ainsi, chaque groupe social comporte des normes, habitus, un langage, une consommation, et une parure qui lui est propre. Il est vrai que la tenue vestimentaire est un vecteur d’expression de l’individualité, mais cette individualité ne se rattache-t-elle pas à un groupe social? Un punk s’habillera comme un punk, un avocat comme un avocat, un hippie comme un hippie. À l’instar de la théorie développée par Zelizer sur l'attrait non-impersonnel de l’argent, on y voit un parallèle flagrant avec la mode vestimentaire. Dans le monde d’aujourd’hui, où la mode et tous les milieux qui s’y rattachent ont un tel pouvoir médiatique, se vêtir est à la fois un moyen de créer, de transformer, et de se différencier dans ses rapports sociaux. Les individus sont jugés, critiqués, catégorisés, voir même discriminés de par leur manière de s’habiller. Bon, d’accord, avouons-le, qui n’a jamais dit ou pensé “elle est vraiment habillée comme une p***!!!” ? C’est vrai, vous n’allez pas aller à un entretien d’embauche les cheveux en batailles, tout droit sortie de la plage, le short et les gougounes qui vont avec ! Ou alors, c’est que vous espérez ne pas être sélectionné pour pouvoir continuer à vous la couler douce à la plage en touchant le chômage! Trêve de plaisanterie, qu’on le veuille ou non, la mode est aujourd’hui un moyen d’intégration! Et l’école dans tout ça? Et bien oui, après tout, l’école ne doit pas être un lieu ou les inégalités et origines sociales n’ont pas leur place? Un lieu où seule la méritocratie a le pouvoir de démarquer les individus? Dans ce cas, pourquoi ne pas réinstaurer le port de l’uniforme? Alors oui, je vous vois venir, à bondir de votre chaise et vous tirer les cheveux en criant “Bouuuuuuhh!! Ringarde!!”. Mais comprenez que si l’école veut jouer la carte de la mobilité sociale jusqu’au bout, elle doit y mettre tous les moyens adéquats. Est-ce normal que dans une institution qui se veut égalitaire, juste, et impartiale, certains jeunes soient habillés en Chanel ou Dior et d’autre chez H&M? Est-ce normal que certains élèves soient montrés du doigt par leurs camarades car ils ne veulent pas, ou ne peuvent pas s’habiller selon les courants de la mode? La ségrégation entre fils de riches et fils de pauvres, entre les “in” et “ploucs”, entre fashion victimes et paysans n’a plus lieu d’être dans les cours de récréation. Si tous les élèves étaient habillés de la même manière, cette distinction ne se ferait pas! En fermant les yeux sur une telle réalité, l’école devient alors un lieu de reproduction des inégalités sociales, comme l’explique également Bourdieu dans ses travaux. Or l’école doit se battre pour instaurer une équité sociale et encourager les élèves à tisser des liens entre eux, quelle que soient leur origine sociale. En 2006, un projet de loi avait même été soumis par plusieurs députés UMP en France, appuyant cette idée : «L’instauration d'une tenue commune permettrait de lisser les différences sociales entre les élèves, de limiter les insultes et agressions sexuelles dont sont victimes les jeunes filles et permettrait au monde éducatif d'évoluer dans de meilleures conditions».
Alors, le port de l'uniforme scolaire, pour ou contre?
Article écrit par Clémentine Michallon
Bibliographie :
http://www.atlantico.fr/decryptage/uniforma-ecole-eleves-95854.html
http://www.scienceshumaines.com/bourdieu-et-l-ecole-la-democratisation-desenchantee_fr_14187.html
http://www.lalibre.be/light/societe/l-habit-fait-il-le-moine-56f57bb035708ea2d3e87f48
Apple, 40 ans d'innovation
L’année 2016 est une année assez spéciale en
termes de technologie ; l’homme moderne jouit d’un niveau de vie matérielle
jamais atteint. Ceci est en partie grâce à l’apport qu'à amener le géant
américain Apple. En effet, celui-ci, créé en 1976 célèbre ses 40 ans
d'innovation. Ayant révolutionné et défini le mode de vie de l’homme moderne, Apple et ses créateurs seront à jamais connus comme ceux ayant
commencé cet ère nouvel. Cependant, faut-il les considérer comme des «sauveurs» ou plutôt
comme des «mépriseurs»? M. Jobs et M. Wozniak, humble génie derrière cet héritage,
faisant partie de ce qu'on appelle communément les 1%, sont-ils des «dieux» ou
des «tyrans»? Ils ont profité du système capitaliste implanté en Occident
pour s'enrichir au point d'avoir plus d’argent qu'il n’en faudrait pour faire
vivre 100 générations. Et quel est le mot clé d’un tel succès ? Comme dirait
Schumpeter; l’innovation. C’est ce qui les différencia de tous concurrent.
Le produit initial responsable d’un tel succès est l’avènement
du Macintosh introduit sur le marché en 1984. Ce produit révolutionna l’utilisation
de l’ordinateur grâce à l’introduction de la souris. Plus besoin de code de
programmation pour ouvrir les programmes, il suffit de déplacer l’engin en
plastique et de cliquer sur l’image apparaissant sur l’écran. Poussé par ce
désir de faire du monde actuel un monde technologique et connecté, les deux
hommes continuèrent d’innover sans cesse. En tant qu’entrepreneur, l’exécution
de nouvelles combinaisons, de nouveaux moyens de créer à petit prix et revendre à gros prix, était de mise ; vint le début du légendaire IPod, sorti
en 2001 accompagné de ITunes, marchand de musique électronique. Par la suite, l’IPhone,
sortie en 2007, connu aujourd’hui comme étant le téléphone intelligent de base
de tous, dans le sens ou cet appareil est le premier auquel on pense lorsque
le terme Smartphone est entendu, ou encore dans le sens ou il est dans la
majorité des mains de tous ceux possédant un Smartphone. Encore, en 2010, l’Ipad
qui vint bouleverser le marché des tablettes. Plusieurs milliards d'humains assoiffés de désirs matériels modernes prêt à faire la queue durant des nuits entières dans des conditions inconfortables dans l'espoir d'obtenir le dernier cri de leur appareil après avoir dépensé une petite fortune pour, et dont il sera remplacé quelque mois plus tard par un nouveau, meilleur, redimensionné, de différente couleur, etc (pouvons nous dire obsolescence programmé, lavage de cerveau ou simplement stupidité avancé); bref, ces jeunes entrepreneurs avaient
tout pour réussir dans un monde économique dans lequel le capitalisme est
solidement établi. Le processus d’évolution auquel ils ont, sans mensonge s'il vous plait, abusé a fait en
sorte qu’aujourd’hui, 40 ans après la création de cet entreprise qui, disons
nous la vérité en face, fera l’histoire de l’humanité, leurs concéda une fortune
combiné de plus de 10 milliards de dollars américains ($18B pour M. Jobs, $100M
pour M. Wozniak).
Ces hommes sont l’exemple parfait de la définition
d’un entrepreneur émit par Schumpeter. Ils ont eux-mêmes créer de nouvelle
chance de profit grâce au génie incroyable dont ils sont dotés. Avide de
nouveauté et de fortune inimaginable, ils sont de véritables dieux humains.
Cependant, ont-ils abusé du système dans lequel ils sont nés? Le capitalisme,
tel qu’énoncé par Schumpeter et poursuivi par Marx, n’est-il pas autodestructeur? L’utilisation
de main d’œuvre sur d’autre continent, par exemple en Chine en sous-traitant certains de leurs
composantes par l’entremise de l’entreprise Foxconn, où plus de 14 cas de suicides
fut reporté causé par des conditions de travail inhumaines, n’est pas un
exemple flagrant d’une lacune affreuse du capitalisme..?
40 ans d’innovation, 40
ans entreprenariat hors du commun, 40 ans de capitalisme à l’état pure, voilà
ce qu’est aujourd’hui Apple.
Antoine Vachon
http://techno.lapresse.ca/nouvelles/materiel-informatique/201603/30/01-4965747-en-40-ans-apple-a-imprime-sa-marque-sur-la-vie-moderne.php
www.forbes.com
www.forbes.com
L’excitation du peuple
«On devrait plus m’évaluer en
fonction de ce qu’on a fait collectivement que sur des chiffres qui peuvent
exciter le peuple», une déclaration que le recteur de l’Université de Montréal,
Guy Breton, a fournie en entrevue à Quartier
Libre, journal indépendant des étudiants de l’université du même nom. Cette
entrevue a été effectuée dans un contexte de polémique, alors que le recteur
tentait de se justifier, suite à la publication d’un article du Journal de
Québec qui étayait les revenus et dépenses de ce dernier. C’est le moins qu’on
puisse dire, les chiffres ont bel et bien excité le peuple. L’article «Audi et
première classe pour le recteur», lui partage des informations tel que le
salaire de 404 000$, auquel a droit monsieur Breton chaque année, ainsi
que de ses privilèges : voyages en première classe, remboursement de cotisations,
chauffeur privé et Audi Q5 mis à sa disposition. Le recteur, pour légitimer ses
gains, met l’accent sur ses réalisations. En effet, depuis son entrée en
fonctions, l’Université de Montréal a grimpé dans les classements : s’élevant
maintenant à la 92e place du classement mondial, soit une hausse de
45 places en 2 ans. Donc, pour résumer : notre université est bien cotée et
le recteur est récompensé. Si vous êtes adepte de Proudhon, vous aurez
peut-être une impression de déjà-vu. Appropriation du travail collectif, direz-vous?
Peut-être. Mais chaque chose en son temps, je vous prie.
Avant de se lancer dans l’établissement
d’un parallèle entre la propriété, au sens proudhonien du terme, et le salaire «excitant»
du recteur Breton, il est nécessaire de se questionner sur la pertinence de ce
parallèle. Alors, est-il possible d’allier université et entreprise? Intrinsèquement,
non. En effet, l’entreprise appartient à la sphère privée tandis que l’université
est une institution gouvernementale. Cependant, les réflexions d’Andreù Solé permettent
de faire avancer l’analyse, outrepassant cette caractéristique première. Il
postule que l’entreprise privée est l’organisation centrale de notre monde, multipliant
ainsi constamment les biens et services produits. Découlant de cette
privatisation, il remarque que l’entreprise est un modèle pour toutes les organisations.
Dans ce contexte d’entreprisation du monde, on remarque que même la sphère de l’éducation
est influencée par ce modèle : d’un côté on y retrouve des préoccupations
semblables – recherche de subventions et d’employés – et de l’autre, on
remarque que les formations sont corrélées avec les besoins des entreprises.
Ainsi, si le modèle de l’entreprise
déteint sur les universités, il ne paraîtra pas trop aberrant de mettre en comparaison
recteur et propriétaire, pour les besoins de l’exercice. Rappelons-le, Proudhon
considère la propriété comme un vol, puisque le propriétaire ne rémunère jamais
la totalité du travail produit collectivement. En d’autres termes, les
travailleurs ne bénéficient pas des profits de l’entreprise, c’est le
propriétaire qui s’enrichit alors qu’eux doivent se contenter de leur salaire,
souvent disproportionnés par rapport aux revenus qu’ils génèrent. Dans cette
optique, la propriété est considérée comme une domination des forts sur les
faibles. Ceci étant dit, nous pouvons entrer dans le vif du sujet. Si l’Université
de Montréal a le mérite d’être reconnue mondialement, c’est parce qu’elle
répond bien aux critères suivants : réputation de la formation et des
professeurs, ratio étudiants-professeurs, nombre de recherches citées dans d’autres
publications et taux d’étudiants internationaux. Cela va sans dire, la
structure et la gestion de l’université sont d’une grande influence dans la
renommée. Cependant, il est évidemment impossible de négliger l’apport des
professeurs, des chercheurs et des étudiants – qui eux, doivent payer pour
bénéficier de la formation, tout en contribuant à son succès. À la lumière de
ces informations, il est légitime de se questionner par rapport l’appropriation
du mérite, collectivement produit, et qui se traduit par un salaire bien
généreux, paradoxalement justifié par le fait que « Moi [Guy Breton], je livre
la marchandise».
Lara-Kim Huynh
Biblio
Biblio
Jean-Nicolas BLANCHET, «Audi et première classe pour le
recteur», dans Le Journal de Québec, 8 mars 2016. [En ligne] <http://www.journaldequebec.com/2016/03/08/audi-et-premiere-classe-pour-le-recteur>.
Alice MARIETTE, «à quelques milliers près», dans Quartier
Libre, 23 mars 2016. [En ligne] <http://quartierlibre.ca/wp-content/uploads/2016/03/QLvol23no14.pdf>.
P.3.
QS Top
Universities, «QS World University Rankings: Methodology», 11 septembre 2015. [En
ligne] <http://www.topuniversities.com/university-rankings-articles/world-university-rankings/qs-world-university-rankings-methodology>.
Université de Montréal, Carnet du recteur, «L’Université de
Montréal parmi les 100 meilleures universités au monde», 9 septembre 2013. [En
ligne] <http://recteur.umontreal.ca/nc/carnet-du-recteur/article/luniversite-de-montreal-parmi-les-100-meilleure/>.
Notes de cours, SOL 2403, cours 1
Notes de cours, SOL 2403, cours 4
Proudhon, Pierre-Joseph, (1840).
Qu’est-ce que la propriété ? Premier mémoire, Classique des sciences sociales,
extraits choisis.
Andreu Solé, (2008). «
L’entreprisation du monde », dans Repenser l’entreprise (sous la direction de
Jacques Chaize et Félix Torres, Le cherche midi, pp. 25-54.
Le capitalisme se mord la queue
Nous savons tous que nos sociétés modernes sont
de plus en plus inégalitaires, que les riches sont de plus en plus riches et
les pauvres de plus en plus pauvres. Mais ces inégalités de richesse ont
toujours étaient là et elles le seront toujours. Nous avons grandi avec elles, elles
font désormais partie de notre quotidien, de notre réalité sociale. Comme le
dit l'article : “ le capitalisme a besoin des inégalités de richesse pour
stimuler la prise de risques et les initiatives” c'est pourquoi elles sont
toujours là, si elle nuirait le capitalisme on aurait tous fait pour rendre nos
sociétés plus juste.
Mais nous sommes beaucoup trop égocentriques et égoïstes
pour nous soucier du bien-être des autres, nous adorons faire du shopping et
dépenser des centaines de dollars pour un pantalon troué, notre bonheur se base
aujourd'hui sur l'acquisition de biens et de richesse, il est donc hors de
question de donner quelques sous à un itinérant, il ne le mérite pas!
« Aujourd’hui,
le processus inéluctable de multiplication du
capital aveugle au bénéfice de quelques privilégiés est à nouveau à l’œuvre, et
qui plus est à une échelle mondiale »
capital aveugle au bénéfice de quelques privilégiés est à nouveau à l’œuvre, et
qui plus est à une échelle mondiale »
Les “superpatrons” royalement rémunérés se multiplient,
le chômage triple et les inégalités montent en flèche... Ce qui est cafardeux
dans tout ça c'est qu'il a fallu une guerre et une récession ( entre 1910 et 1950) pour que les inégalités
se réduisent et que les sociétés deviennent un peu plus justes, malheureusement
la guerre et les fluctuations économiques n'ont pas rendu toute la société
riche, bien au contraire… Décidément pour qu'elle soit plus juste tout le monde
doit être pauvre!
Comme le disent Marx et Engels, les bourgeois,
classes sociales très sectaires, exploitent et appauvrissent les prolétaires
pour son enrichissement personnel, en mettant de côté les libertés
individuelles et surtout l'égalité. En provoquant ainsi l'affaiblissement des
classes moyennes et l'explosion des inégalités sociales qui permet à la
bourgeoisie de s'enrichir et de n'avoir aucun souci a ce faire par rapport à sa
richesse et a sa place dans la société, puisque la classe moyenne étant
affaibli et sous domination, ne tenteras pas de remédier a ces inégalités par
peur de perdre leur travail et de ne plus être rémunéré. Par conséquent l'économie
capitaliste dans laquelle nous vivons, forge des rapports inégalitaires entre
dominant et dominés, en faisant des dominants des individus intouchable et
puissant du à leur richesse.
“Aujourd’hui, on est
d’avantage encouragé à devenir rentier qu’à prendre des
risques. Il suffit de voir l’explosion des investissements immobiliers. Nos
sociétés et nos riches n’ont pas besoin de soutenir des innovations audacieuses ni même d’investir dans la production.”
risques. Il suffit de voir l’explosion des investissements immobiliers. Nos
sociétés et nos riches n’ont pas besoin de soutenir des innovations audacieuses ni même d’investir dans la production.”
Paradoxalement les
riches deviennent de plus en plus fainéants et de plus en plus riches, il passe
d'être étudiant au Cégep à grand PDG de l'entreprise de papa, en ne laissant
pas la chance aux autres individus sur le marché du travail d'avoir un bon
poste. Poste qu'il mériterait plus d'avoir que le fils d'un grand milliardaire
fainéant…
Comme nous l'avons vu
en classe l'argent a un effet hypnotisant et addictif sur nous, il nous libère
et nous rend indépendant, nous permet de nous différencier socialement des
autres ce qui permet un certain "respect" de notre individualité.
Sauf que nous nous
sommes trop individualisés… d'où l'explosion des inégalités sociales.
Marie Daries
Lien de l'article :
http://www.courrierinternational.com/article/2014/04/21/le-capitalisme-se-mord-la-queue
« Être plus performant et donner plus d’efficacité »
C’était toute une
surprise pour l’équipe du centre d’appel Archambault d’apprendre le lundi 14
mars 2016 que l’entreprise licenciait tous ses employés (agents et
téléphonistes au soutien technique et au service à la clientèle). À leurs
arrivée, les employés n’avaient qu’une quinzaine de minutes pour obéir à
l’ordre de récupérer leurs effets personnels et de quitter les lieux avec une
promesse de salaire pour les huit prochaines semaines. « Au total, c’est
une trentaine d’emplois (une vingtaine d’employés, une dizaine de contractuels)
qui se perdent avec cette fermeture, quelques mois après le rachat d’Archambault
par la chaîne de librairies Renaud-Bray » (Lalonde et Sioui, 2016). Des
rumeurs circulaient concernant la fermeture de la succursale lorsque les locaux
commençaient à se vider tranquillement. « Il a fallu se débarrassé des
machines à eau parce que ça coûtait trop cher », raconte une ex-employée
suite à une discussion avec ses anciens supérieurs. Dans l’optique d’économiser
plus de sous, Renaud-Bray décida de rapatrier son service des communications
afin de l’automatiser. Si une demande particulière survenait, l’appel serait
transmis directement au personnel du magasin. « Il s'agit d'une décision
d'affaires qui a été prise dans le but d'être plus performant et de donner plus
d'efficacité à ce service », a expliqué la responsable des relations avec
les médias chez Renaud-Bray, Denise Courteau. Cette façon de procéder n’est pas
une première au Québec, la succursale FutureShop, « racheté » par la
compagnie BestBuy, fit de même lorsque celle-ci décida de fermer ses magasins
un samedi matin sans en aviser ses employés. À l’ère des nouvelles technologies
de l’information et de communication, la compétition serrée et déloyale des
géants commerciaux forcent les
entreprises à innover leur système de fonctionnement, en vue d’être « plus
performant et donner plus d’efficacité », sans prendre pour acquis
l’obéissance et la loyauté de leurs employés qui deviennent sujet à
l’obsolescence de ce même système de progrès.
LALONDE, Catherine et
SIOUI, Marie-Michèle, « Archambault ferme son centre d’appels », Le Devoir, 15 mars 2016
RADIO-CANADA,
« Archambault licencie les employés de son centre d’appels », Ici Radi-Canada, dans, Économie, 14 mars
2016
Par Youssef Jadal
Enchaînements
Il
y a quelques années, l'effondrement catastrophique d'une usine de
confection de vêtements au Bangladesh jettait la lumière sur les
conditions de travail dramatiques qui traversent cette industrie. Un
article récent dans le magazine Altermondes
rapporte les efforts, principalement d'ordre syndical, initiés au
pays pour tenter d'améliorer les conditions de travail, ou à tout
le moins la sécurité au travail dans l'industrie du vêtement. Ces
efforts sont permis en grande partie par la controverse Cette lutte
syndicale s'articule notamment autour d'IndustriALL Global Union, un
syndicat international créé il y a quelques années visant à
représenter de façon unifiée l'ensemble des éléments de chaînes
de production mondialisées.
Parce
que la réalité du travail contemporain est celle de l'économie
mondialisée. L'entreprise contemporaine est multinationale, ses
activités dépassent toujours le cadre restreint des législations
locales et nationales, et atteignent des dimensions toujours plus
imposantes. Qu'elle soit décomposée en différents maillons d'une
même chaîne ou unie sous une même banière, la forme
entrepreneuriale domine les échanges globaux.
Pour
l'historien Fernand Braudel, la mondialisation de l'économie et la
montée en puissance de l'entreprise capitaliste vont de pair. Alors
que les économies deviennent au fil du temps de plus en plus vastes,
que les marchés se développent de plus en plus et que la
distribution s'impose progressivement comme une étape distincte et
incontournable entre production et consommation, les grands
marchands, premiers entrepreneurs capitalistes, réussissent à
s'insérer entre producteurs et consommateurs. La rentabilité de
cette insertion dépend de la capacité des entrepreneurs à
maintenir une rupture entre production et consommation, rupture
qu'ils pourront alors exploiter dans les termes qui leur sont
propres, c'est-à-dire qui leur sont profitables. Le capitalisme
s'impose ainsi dans la mesure où les entreprises capitalistes sont
capables de s'assurer du contrôle monopolistique des chaînes de
distribution des biens, de s'insérer et de prendre contrôle des
marchés. Alors que le capital grandit et que l'économie de marché
prend de plus en plus d'ampleur, ainsi s'imposent progressivement
l'entreprise et le capitalisme.
Le
développement d'une économie-monde capitaliste implique de plus
pour Braudel un agencement des chaînes de
production-distribution-consommation selon le modèle concentrique du
système-monde, où, suivant la logique du capitalisme, production et
consommation sont fortement dissociées, la première étant reléguée
à la périphérie dominée du système, et la seconde étant plutôt
concentrée dans le coeur dominant.
C'est
exactement ce que l'on observe dans l'exemple de l'industrie du
vêtement. Entre producteurs (c'est-à-dire travailleurs de la
production, ceux qui possèdent la force de travail à la base du
processus de production) et consommateurs s'étend une chaîne
d'entreprises articulée et organisée de manière à tirer le plus
grand profit possible des diverses opérations de marché impliquées
dans le processus. Il y a une rupture opaque entre production et
consommation, entre le marché du travail au Sud et le marché des
biens au Nord, qui ne s'accordent que dans la mesure où en profite
de façon optimale l'entreprise insérée comme moyen nécessaire.
Ainsi par exemple, si les consommteurs du coeur économique modulent
la valeur qu'ils accordent aux biens en fonction du marquage social
de ceux-ci, et qu'une certaine solidarité humaine fait en sorte que
les biens issus de l'exploitation de travailleurs sont marqués
négativement, alors il devient optimal pour l'entreprise de rompre
le plus possible les échanges d'information entre le coeur et la
périphérie, et de construire une image de marque qui soit positive.
En tout cas il est impératif que le coeur dominant acquiesce à
l'exploitation de la périphérie. Lorsque la controverse éclate
dans le coeur, il devient plus facile pour les travailleurs de la
périphérie de s'organiser, profitant de la réaction des
entreprises face à l'écroulement de leur dispositif de marque. La
mobilisation vient bel et bien de la base, des populations de la
périphérie elles-mêmes, mais profite d'une complicité de la part
de consommateurs et d'acteurs situés dans le coeur dominant. La
population bangladaise a pris la rue et s'est mobilisée après
l'effondrement de Rana Plaza, mais c'est l'opinion internationale,
influencée des structures syndicales et des ONG internationaux, qui
a par exemple forcé les grandes entreprises multinationales à
négocier avec les syndicats l'adoption de programmes de sécurisation
des milieux de travail (notamment le programme Accord).
Si
donc l'amélioration des conditions de travail dans la périphérie
de l'économie-monde a pour moteur essentiel et nécessaire la
mobilisation et la lutte des travailleurs concernés, force est
d'admettre que la complicité des populations du coeur, qui a
toujours un rôle dominant, est clée. L'exploitation de
l'économie-monde par l'entreprise capitaliste repose sur la capacité
de celle-ci à rompre puis s'insérer en moyen nécessaire des
opérations de marché. Pour sortir de cette exploitation, il faut
créer des solidarités effectives, ouvertes et bilatérales entre
les différents éléments du processus de production, repenser et
resouder autrement les chaînes qui tiennent l'économie mondiale.
Louis
Cornelissen
Le capitalisme à l’origine de l’explosion des pathologies?
Au
fil des transformations sociales subséquentes dans les sociétés modernes, et
plus particulièrement celles des sociétés occidentales, on assiste à une
réduction dynamique du concept de la normalité, ainsi qu’à une extension
phénoménale des facteurs de risques chez l’Homme moderne. L’explosion des pathologies, qui s’ensuit, serait-elle la conséquence
de différents acteurs sociaux, qui tentent sans cesse de « pathologiser de
manière excessive les émotions et les comportements humains » ?
Dès lors, on remarque que plusieurs
problèmes sociaux sont redéfinis comme des maladies ou des désordres enclins à être
traités par intervention médicale (Conrad : 1980). Toutefois, cette
représentation ne semble pas faire l’unanimité. Faute est de constater que les
critères diagnostics décrits et reconnus dans le DSM constituent, en soi, les
seuls outils de référence utilisés par les omnipraticiens et les psychiatres dans
la production de leurs diagnostics et la prescription de médicaments
susceptibles de traiter lesdits ; troubles mentaux. De plus, ce sont sur ces
définitions que se basent les compagnies d’assurances médicament pour justifier
leurs remboursements. La participation des profanes dans le monde médical
influence indéniablement les experts de la santé ainsi que leurs patients, que
l’on pourrait qualifier, à ce point, de consommateurs. Le moteur du capitaliste,
comme l’avait illustré Schumpeter, serait-il en train d’innover de nouvelles
maladies fictives? L’objectif étant de produire de plus en plus de médicaments et d’’incessamment accroitre
la rentabilité de ses innovations? Clarke & al. l’ont d’ailleurs théorisé
dans leurs analyses sur la biomédicalisation, selon eux, tout comme la
destruction créatrice, « les
innovations sont cumulatives et les approches plus anciennes sont habituellement
encore disponibles quelque part, alors qu’au même moment, des approches
nouvelles et alternatives, issues des technosciences, tendent à les remplacer ».
Empiriquement, il suffit de
constater l’élargissement progressif des diagnostics recensés, de 1952 à
aujourd’hui, au sein du DSM-I à DSM-V (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders) pour
s’apercevoir de l’ampleur qu’a pris le phénomène. À sa première publication, le
manuel comptait moins de 100 psychopathologies, aujourd’hui on y retrouve plus
de 400 psychopathologies. Dpuis les 10 dernières années, on relate dans les établissements
scolaires une recrudescence des enfants diagnostiqués avec un TDAH (trouble déficitaire d’attention avec ou sans
hyperactivité).Coïncidence? J’en
doute ! Plusieurs spécialistes se questionnent quant à la crédibilité de la
valeur de ces diagnostics. Le Dr Julien Prud’homme prétend que l’on assiste au
spectacle de la médicalisation de l’échec
scolaire dans les écoles. Pour
lui, «ça
crève les yeux que le recours au diagnostic individuel sert à éviter
les questions qui dérangent, à savoir que si certains enfants
éprouvent des difficultés à l’école, c’est parce qu’ils ne mangent
pas à leur faim à la maison ».
Décidément, en attribuant une cause
biologique à la nature du problème, il est possible pour les profanes et les
experts de « justifier » la nécessité de la prescription, ainsi
que la prise de médicaments. D’autre
part, de nombreux spécialistes
pédagogiques s’entendent pour dire que beaucoup d’enfants rencontrés et
diagnostiqués avec un TDAH semblent avoir été diagnostiqués à tord et s’inquiètent
des conséquences que cette étiquette injustement posée pourrait avoir.
En
réponse à plusieurs controverses sur la valeur accordée au DSM, le Dr Patrick
Landman le remet d’ailleurs, lui aussi, en question. Il dénonce le surdiagnostic
et le surtraitement du TDAH des groupes d’individus âgés de 4 à 17 ans. Pour
Landman, ces processus sont l’aboutissement
d’« un effet de mode »,
nourri par l’industrie pharmaceutique et les
médecins. Par contre, il ne nie pas l’existence des personnes aux prises avec des
troubles de la concentration, mais il déplore que le TDAH se soit transformé en
catégorie « fourre-tout», au profit de l’idéologie capitaliste. Selon
lui, c’est «une fiction qui nous entraine
vers de mauvaises pistes de solution et qui contribue à psychiatriser des
problèmes sociaux, pédagogiques et éducatifs ».
Étonnamment, en France et en Angleterre, où d’autres outils que
le DSM prévalent, les taux de TDAH ne dépassent pas plus de 1 à 2 %. Par
opposition, le Canada et les États-Unis possèdent des taux oscillants aux
alentours de 11%. Comment
expliquer cette distinction marquée, spécialement au Canada et aux États-Unis,
en ce qui concerne le nombre de
diagnostics du TDAH ? Certes, le pluralisme des approches en France et en
Angleterre peut sembler une explication plausible. Cependant, nous vivons dans
une société où les impératifs de performance sont extrêmement valorisés et,
parallèlement, il y a cette obsession croissante de l’industrie pharmaceutique,
qui cherche constamment à s’immiscer dans la sphère médicale. Les compagnies
vendent donc cette idée du «Human Enhancement » ; cette tendance à
toujours viser l’« amélioration » technique des performances humaines,
aussi bien physiques, intellectuelles qu’émotionnelles». En m’arrêtant un
instant, je me demande ; jusqu’où l’Homme
occidental a-t-il l’intention de se rendre pour répondre aux critères de normalité,
que la société et les géants pharmaceutiques lui imposent?
Ø Faits
Divers :
ü De la médecine anti-âge à la chirurgie esthétique, du
dopage intellectuel à l’ingénierie génétique, des implants neuronaux à la
nano-médecine, l’augmentation de l’humain renvoie à une diversité de
techniques et de pratiques émergentes (Coenen et al., 2009).
ü En 2014, l’agence (RAMQ) a remboursé des médicaments contre
le TDAH à 64 176 patients, une hausse de 11 % par rapport à l’an
dernier et de 52 % depuis 5 ans.
ü Au Québec, 39% des médicaments pour le TDAH sont prescrits à des
adultes.
ü Aux États-Unis, les cas de TDAH sont passés de 3 % en 1980
à 11 % en 2011, touchant près d’un garçon sur cinq au secondaire.
http://www.ledevoir.com/societe/sante/450585/tdah-la-piste-du-surdiagnostic
http://plus.lapresse.ca/screens/217fef5a-abfd-4796-8bba-fd0998d048c0%7CfM3d8tg~329l.html
http://www.actualites.uqam.ca/2014/dsm-5-un-manuel-qui-rend-fou
http://www.ledevoir.com/societe/sante/446020/explosion-de-diagnostics-du-tdah-chez-l-adulte
PowerPoint
SOL1016, Déviance, Exclusion et contrôle social, Clarke & Al
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