vendredi 12 mai 2017

Le libre-échange: une boîte de Pandore

Le dimanche 30 octobre 2016 arrive un événement marquant pour le Canada : la signature de l’Accord économique et commerciale globale (AECG). La Fédération des chambres du commerce du Québec y voit l’occasion pour le Québec et le Canada de rayonner et de nous démarquer à l’internationale. Il est important de souligner que, avec cette nouvelle alliance, nous supprimons les droits de douane pour presque tous les produits, soit environ 98% des marchandises, dès la mise en place en 2017. De grands acteurs économiques y voient du bon œil cet événement. D’une part, le gouvernement canadien applaudit cet accord avec enthousiasme. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante s’en est réjouie en pensant que cet accord donnera un élan pour certaines PME dans tout le pays. Les Manufacturiers ainsi que les Exportateurs y voient l’occasion de diversifier leurs marchés. Pour Jean Charest, le fondateur de cet accord, cette alliance va permettre d’être «la grande porte d’entrée pour les Amériques » ainsi qu’une « voie de passage pour les entreprises qui veulent investir au Canada, tout en ayant un accès à l’Europe. » (Radio-Canada, 2016)
Rappelons-nous de ce que Adam Smith disait, par le concept de « la main invisible », il est primordial de laisser-aller le marché économique sans qu’il y ait d’interférence faite par l’humain. Ne rien faire, c’est la solution pour cet auteur. Le marché se chargera d’établir l’équilibre entre tous. Avec l’AECG, nous permettrons à l’Europe de nous exporter 17 700 tonnes de fromages ainsi que 16 000 tonnes de fromages fins. L’homo oeconomicus, selon Smith, c’est l’homme aux multiples désirs inassouvis. Celui qui en veut toujours plus. C’est l’homme rationnel qui calcule les coûts et les bénéfices de chaque action. Donc, nous pouvons remarquer qu’avec cette alliance, nous augmentons considérablement l’offre de fromages sur le territoire canadien, ce qui permettra de baisser les prix de ceux-ci. Cet exemple nous permet de voir la libre-concurrence internationale. Par contre, qu’est-ce qui se passe du côté de la demande pour les fromages ? Avec cette concurrence, le gouvernement estime que nos entreprises locales vont perdre 2% de leurs ventes totales, soit plus que la production annuelle de trois cents fermes laitières au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Bref, nous voyons qu’avec cette entente, nous augmentons l’offre, mais la demande n’est pas plus grande. N’est-ce pas la création d’un déséquilibre du marché ? Bruno Letendre, président des producteurs de lait au Québec, demande à Ottawa demande ardemment les compensations promises au secteur laitier lors de la signature de l’AECG.   

La réelle question que nous devons nous poser : « Est-ce que cet accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne va réellement pouvoir faire augmenter notre croissance économique et la prospérité ? » Est-ce que réellement «la main invisible » s’occupera de tout répartir équitablement entre tous? Seul le temps pourra nous le dire…

Alexia Senécal

http://www.journaldemontreal.com/2016/10/30/laccord-de-libre-echange-avec-leurope-suscite-satisfaction-et-inquietude

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