lundi 28 mars 2016

Comprendre le conflit entre l’industrie du taxi et le service d’Uber à Montréal avec la théorie de l’entrepreneur de Schumpete






Selon un document de Rejean Drouin et al, agent de recherche, Direction du transport terrestre des personnes, MTQ,’’ l’industrie du taxi au Québec est liée à l’évolution de l’industrie dans la région de Montréal. En 1920, l’industrie du taxi s’est d’abord développée en milieu urbain, en raison de la présence d’une infrastructure routière bien développée et d’une population importante, concentrée sur un territoire restreint ‘’. En ce sens, l’industrie du taxi a été crée pour répondre aux besoins de la population  et fut du coup une innovation du transport. Cependant, selon l’article, elle est un secteur très réglementée dont les responsabilités sont partagées entre le ministère des Transports  du Québec et la commission des transports du Québec. Si en 1929, il existait 1500 voitures de taxi à Montréal, actuellement, on compte environ  8000 voitures et 300 limousines qui sont affectées ce service avec un effectif  de 22700 chauffeurs ayant un permis en bonne et due forme pour effectuer ce travail. Cette industrie est majoritairement entre les mains d’artisans d’un seul permis dans 70% des cas. On estime à plus de 325 millions de dollars annuellement le chiffre d’affaire de l’industrie du taxi, soit environ 72 millions de passagers et environ 6000 courses par véhicule.  La valeur des permis de taxis est estimée entre 1.3 et 1.7 milliards $ actuellement, à raison de 150000 $ à 200000$ par permis, pour 8500 permis en circulation, dans ce marché contingenté. C’est clair, l’industrie du taxi a été une innovation dans le service du transport à Montréal.
Actuellement, l’industrie du taxi fait face à une grande concurrence jugée déloyale,  avec l’apparition des chauffeurs d’Uber.  Alors, on peut décrire Uber comme un service de covoiturage commercial qui permet à des propriétaires de véhicules de transporter des clients sans avoir muni d’un permis de taxi.
D’où vient ce conflit ?
Comme on l’a déjà souligné, le permis de taxi se vend à 170000 dollars, le prix minimum. Les détenteurs des permis de taxi craignent que  la concurrence avec Uber fasse diminuer leur permis de taxi. Ces détenteurs accusent Uber de ne pas payer de taxes au gouvernement et l’ont jugé illégal. Cependant Uber fait l’affaire des clients qui payent la course à un cout moins élevé que celui des chauffeurs de taxis. Toutes ces divergences conduisent de plus en plus à des protestations et des manifestations de rue des chauffeurs de taxis contre Uber.


Les chauffeurs de taxi ont manifesté devant l'Asemblée nationale à Québec. (Photo TC Media – Jean-Manuel Téotonio)

Comment la théorie de l’entrepreneur de Schumpeter peut nous aider à comprendre ce conflit ? 
Selon Schumpeter, le système capitalisme n’a jamais connu une stabilité. L’évolution économique est alternée par des périodes d’essor et des périodes de stagnation. Ce qu’il appelle un cycle. Pour cela seule l’innovation  et les progrès techniques peu vent  garder le système en vie.
Schumpeter parle de plusieurs formes d’innovation   1) l’apparition d’un bien ou d’un service nouveau ; 2) Créer une méthode de transport, de production  ou de commercialisation différente par rapport  à celle qui existe ; 3) Permettre un produit d’atteindre un autre niveau ; 4) La découverte d’une nouvelle source de matière première ou d’énergie ; 5) Monter une nouvelle  association ou une nouvelle  organisation productive.
L’industrie du taxi qui a été une innovation dans le temps a connu une phase d’expansion, a permis de créer du crédit bancaire qui génère cette expansion, la création de nouveaux biens, hausse du pouvoir d’achat, profits élevés, etc. Cependant comme dit Schumpeter, si l’industrie a connu une phase d’expansion, elle doit connaitre une phase de récession lorsque l’innovation est épuisée. Dans cette phase l’offre devient abondante et les prix vont chuter. C’est ce qui arrive à l’industrie du taxi, si bien que le gouvernement songe à acheter des permis de taxis pour louer aux chauffeurs d’Uber en vue de créer l’équilibre. Toute innovation selon Schumpeter est dotée d’un aspect destructeur qui peut entrainer la faillite des entreprises, le chômage,  détruisent les structures anciennes tout en créant de nouvelles.
Le rôle de l’entrepreneur pour Schumpeter est d’introduire un changement qui peut satisfaire tout le monde. En ce sens, Uber est une révolution dans le système de transport. Malgré certains obstacles comme la manifestation des chauffeurs de taxi, la non reconnaissance d’Uber par le gouvernement, les entrepreneurs ne se découragent et tentent de continuer avec cette initiative.
En conclusion, selon la théorie de Schumpeter, l’industrie du taxi qui fut dans le temps une innovation est épuisée et doit céder sa place à un nouveau système de transport. Les repreneurs d’Uber doivent faire face à toute résistance pour imposer leur changement.
Mon analyse est faite à partir d’un article du journal ‘’Québec Hebdo’’ titré :(Taxis contre Uber : cinq choses à savoir).


Elie Vernet

Etudiant en DESS en administration sociale

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