Selon un document de Rejean Drouin et al, agent de recherche, Direction du
transport terrestre des personnes, MTQ,’’ l’industrie du taxi au Québec est
liée à l’évolution de l’industrie dans la région de Montréal. En 1920, l’industrie
du taxi s’est d’abord développée en milieu urbain, en raison de la présence
d’une infrastructure routière bien développée et d’une population importante,
concentrée sur un territoire restreint ‘’. En ce sens, l’industrie du taxi a
été crée pour répondre aux besoins de la population et fut du coup une innovation du transport.
Cependant, selon l’article, elle est un secteur très réglementée dont les
responsabilités sont partagées entre le ministère des Transports du Québec et la commission des transports du
Québec. Si en 1929, il existait 1500 voitures de taxi à Montréal, actuellement,
on compte environ 8000 voitures et 300
limousines qui sont affectées ce service avec un effectif de 22700 chauffeurs ayant un permis en bonne
et due forme pour effectuer ce travail. Cette industrie est majoritairement
entre les mains d’artisans d’un seul permis dans 70% des cas. On estime à plus
de 325 millions de dollars annuellement le chiffre d’affaire de l’industrie du
taxi, soit environ 72 millions de passagers et environ 6000 courses par
véhicule. La valeur des permis de taxis
est estimée entre 1.3 et 1.7 milliards $ actuellement, à raison de 150000 $ à 200000$
par permis, pour 8500 permis en circulation, dans ce marché contingenté. C’est
clair, l’industrie du taxi a été une innovation dans le service du transport à
Montréal.
Actuellement, l’industrie du taxi fait face à une grande concurrence jugée
déloyale, avec l’apparition des
chauffeurs d’Uber. Alors, on peut
décrire Uber comme un service de covoiturage commercial qui permet à des
propriétaires de véhicules de transporter des clients sans avoir muni d’un
permis de taxi.
D’où vient ce conflit ?
Comme on l’a déjà souligné, le permis de taxi se vend à 170000 dollars, le
prix minimum. Les détenteurs des permis de taxi craignent que la concurrence avec Uber fasse diminuer leur
permis de taxi. Ces détenteurs accusent Uber de ne pas payer de taxes au
gouvernement et l’ont jugé illégal. Cependant Uber fait l’affaire des clients
qui payent la course à un cout moins élevé que celui des chauffeurs de taxis.
Toutes ces divergences conduisent de plus en plus à des protestations et des
manifestations de rue des chauffeurs de taxis contre Uber.
Les
chauffeurs de taxi ont manifesté devant l'Asemblée nationale à Québec. (Photo
TC Media – Jean-Manuel Téotonio)
Comment la
théorie de l’entrepreneur de Schumpeter peut nous aider à comprendre ce
conflit ?
Selon Schumpeter,
le système capitalisme n’a jamais connu une stabilité. L’évolution économique
est alternée par des périodes d’essor et des périodes de stagnation. Ce qu’il
appelle un cycle. Pour cela seule l’innovation
et les progrès techniques peu vent
garder le système en vie.
Schumpeter parle
de plusieurs formes d’innovation 1)
l’apparition d’un bien ou d’un service nouveau ; 2) Créer une méthode de
transport, de production ou de
commercialisation différente par rapport à celle qui existe ; 3) Permettre un
produit d’atteindre un autre niveau ; 4) La découverte d’une nouvelle
source de matière première ou d’énergie ; 5) Monter une nouvelle association ou une nouvelle organisation productive.
L’industrie du
taxi qui a été une innovation dans le temps a connu une phase d’expansion, a
permis de créer du crédit bancaire qui génère cette expansion, la création de
nouveaux biens, hausse du pouvoir d’achat, profits élevés, etc. Cependant comme
dit Schumpeter, si l’industrie a connu une phase d’expansion, elle doit
connaitre une phase de récession lorsque l’innovation est épuisée. Dans cette
phase l’offre devient abondante et les prix vont chuter. C’est ce qui arrive à
l’industrie du taxi, si bien que le gouvernement songe à acheter des permis de
taxis pour louer aux chauffeurs d’Uber en vue de créer l’équilibre. Toute
innovation selon Schumpeter est dotée d’un aspect destructeur qui peut
entrainer la faillite des entreprises, le chômage, détruisent les structures anciennes tout en
créant de nouvelles.
Le rôle de
l’entrepreneur pour Schumpeter est d’introduire un changement qui peut
satisfaire tout le monde. En ce sens, Uber est une révolution dans le système
de transport. Malgré certains obstacles comme la manifestation des chauffeurs
de taxi, la non reconnaissance d’Uber par le gouvernement, les entrepreneurs ne
se découragent et tentent de continuer avec cette initiative.
En conclusion,
selon la théorie de Schumpeter, l’industrie du taxi qui fut dans le temps une
innovation est épuisée et doit céder sa place à un nouveau système de
transport. Les repreneurs d’Uber doivent faire face à toute résistance pour
imposer leur changement.
Mon analyse est faite à partir d’un article du journal ‘’Québec Hebdo’’ titré :(Taxis contre Uber : cinq choses à savoir).
Mon analyse est faite à partir d’un article du journal ‘’Québec Hebdo’’ titré :(Taxis contre Uber : cinq choses à savoir).
Elie Vernet
Etudiant en DESS
en administration sociale


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