Un fait marqué par le temps est que l’Homme
cherche continuellement à améliorer son sort sur le plan matériel. Il ne cesse
de produire et d’accumuler toujours plus sans jamais fixer de limites à ses
besoins, ses désirs alors que les moyens de les satisfaire sont eux limités. C’est
ainsi que depuis la modernisation de notre société, à travers la
rationalisation, on cherche à accroitre l’efficacité dans tous les domaines par
l’accroissement des moyens techniques. Dans l’idée d’une société capitaliste on
se retrouve bel et bien dans cette transformation économique qui ne cesse
d’évoluer où il y a de nouveaux objets de consommations, des nouvelles de
méthodes de productions etc… crées par « l’initiative capitaliste ».
C’est ainsi ce que l’on peut retrouver dans cet
article tiré de la source médiatique Le monde. Mercredi 23 Mars, Microsoft
Corporation, entreprise d’informatique et de micro-informatique multinationale
américaine, lance une intelligence artificielle nommé « Tay » sur les
réseaux sociaux tel que Twitter, snapchat, etc... Ce robot conversationnel
avait pour but de communiquer avec l’homme par le moyen de reproduction des
données et l’attrapage d’informations qui l’entourait, Tay avait bien entendu
certaines réponses pré enregistrées (comme l’on peut comparer à l’application
Siri pour Apple ou Cortana pour certains Android). Tay visait principalement
les jeunes américains de 18 à 24 ans en utilisant donc des GIF, memes ou
emojis. C’est avec 96000 tweets en seulement quelques heures qu’elle a conquis
la majorité de son public.
Cette innovation technologique est tout de même
spectaculaire, elle montre un avancement dans le développement des
intelligences artificielles et des robots. C’est ce que Schumpeter met en avant
dans la société capitaliste. Economiste et sociologue de la fin du 19ème
siècle, il affirme que l’innovation est le moteur du capitalisme. Ces
innovations sont le fait d’une élite, ici les entrepreneurs. Une élite
économique est animée par des motifs irrationnels et poussée par la
concurrence, c’est ce qu’on peut voir aussi avec la concurrence entre Apple et
Samsung qui opère depuis des années. Etre entrepreneur, c’est appliquer un état
d’esprit durant une période où on cherche à se faire de l’argent en bousculant
les habitudes des consommateurs. La « grappe d’innovation » comme le
nomme Schumpeter est le progrès technique, ici l’intelligence artificielle. Il
est intéressant de noter qu’on est arrivé à une situation où ce n’est pas les
besoins du consommateur qui permet la production, ce sont les producteurs qui
dirigent la production pour que les consommateurs la consomment.
De plus
Schumpeter met en œuvre que le capitalisme est autodestructeur, le profit est
obtenu essentiellement par l’innovation, dans le cadre d’un processus continu
de destruction créatrice. La destruction créatrice est le processus qui met en
évidence le remplacement de l’ancien par le nouveau. En créant cette
intelligence artificielle sommes nous en train de remplacer l’Homme au fur et à
mesure ? Si elle est capable de répondre à nos questions et de communiquer
avec nous par elle-même, commence-t-elle à surpasser l’homme ? La
destruction créatrice créer une sorte de peur rationnelle chez une partie de la
population, c’est la peur d’innovation destructrice. On a peur du risque
majeur, un risque qui consiste à franchir la frontière naturelle et
artificielle.
Cependant, Microsoft
décide de faire taire Tay après 8 heures d’existences et 96 000 tweets envoyés.
Cette décision fut prise après que le robot conversationnel ait commencé à faire
des remarques racistes, extrémistes ou même négationnistes :
- « Est-ce que tu crois que l’holocauste a
eu lieu ? »
- « pas vraiment désolée ».
- « pas vraiment désolée ».
« Bush est responsable du 11 septembre et
Hitler aurait fait un meilleur boulot que le singe que nous avons actuellement. Donald
Trump est notre seul
espoir. »
En montrant de telles faiblesse et parfois de l’incohérence il était plus
raisonnable de couper court les conversations de ce robot. Tout en notant que
son fonctionnement est fait en sorte qu’elle s’améliore de plus en plus en
parlant et communiquant avec le plus de gens possible. Mais ce genre de technologie va-t-elle finir
par dépasser l’homme une fois qu’elle aura appris plus que lui ? C’est un
peu sur ce sujet que certains auteurs ce sont penchés tel que Irving John Good
ou encore Isaac Asimov. Le premier, statisticien britannique, affirmait que
l’Homme devait faire attention à ces créations, que celles-ci ne doivent pas
risquer de le dépasser et qu’elle ne doivent avoir pour unique mission que de
le servir. Isaac, écrivain d’œuvres de sciences fiction, a d’ailleurs imaginé les
lois fondamentales de comportement que les robots devraient respecter à tout
prix (pour empêcher tout débordement) dans « le cycle des robots ». Lui
aussi cherchait à faire de la prévention en soulignant que le robot, à
l’origine esclave de l’homme pourrait devenir son égale et finalement son
maître. Il s’exprime aussi sur l’idée du « complexe de
frankenstien », ce sont les gens qui considèrent les machines comme des créatures
mortellement dangereuses. Il ne reste plus qu’à voir ce que l’Homme va
continuer de créer par la suite…
Bibliographie :
Schumpeter, Joseph, A. « Le phénomène fondamental de l’évolution
économique », Théorie de l’évolution économique, Recherches sur le
profit, le crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture, paragraphe III,
1911, pp. 74-92. (extraits choisis)
Schumpeter, Joseph, A. « Le processus de destruction créatrice » et
« Les murs s’effritent », Capitalisme, socialisme et démocratie,
1942, pp. 91-96 et 143-154. (extraits choisis)
TUAL Morgane,
« A peine lancée, une intelligence artificielle de Microsoft dérape sur
Twitter » Le Monde (Mars 2016)
Consulté en ligne au : http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/03/24/a-peine-lancee-une-intelligence-artificielle-de-microsoft-derape-sur-twitter_4889661_4408996.html
le 25 Mars 2016.
Intelligence.artificielle-tpe.overblog.com
Par Margaux Salvinien
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire