mercredi 16 mars 2016

La destruction créatrice et l’obsolescence programmée

La prédominance de la technologie et de l’innovation s’inscrit dans le cadre de l’idéologie du progrès défendue par Schumpeter. La période des 30 glorieuses a été une période florissante sur le plan économique, du fait notamment des innovations technologiques menant à l’apparition d’une société dite de consommation. Tous les produits introduits sur le marché comme la télévision et les produits électroménagers sont abordables et deviendront indispensables pour les ménages des pays occidentaux. À cette époque, les critères principaux de qualité pour les produits mis en marché sont leur bon fonctionnement et leur durée de vie. Le moteur de la concurrence devient alors l’innovation et la durabilité des produits. Il est reconnu que les produits électroniques d’antan sont plus solides et plus durables que ceux que l’on créé de nos jours, malgré le fait qu’ils soient moins performants.
L’évolution rapide des innovations technologiques et le contexte du capitalisme va entraîner l’apparition de nouvelles stratégies de production et de mise en marché. Comme mentionné plus haut, les produits technologiques deviennent de plus en plus performants mais de moins en moins durables. Seulement, cette durabilité réduite n’est pas une conséquence de la constitution ou du fonctionnement du produit. Les entreprises sont soumises à la pression d’un système où les méthodes de production et la mise en marché est en constante évolution. Elles se doivent d’innover afin de se démarquer de leurs concurrents.

La technique la plus courante en ce qui attrait aux nouvelles technologies est celle de l’obsolescence programmée. Comme noté dans l’article : « L'obsolescence programmée se définit par l'ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement ». Cette technique peut s’apparenter au concept de destruction créatrice avancé par Schumpeter, qui est un processus capitaliste, un cycle de l’innovation en tant que disparition d’activités existantes. Les NTIC sont l’acteur principal du processus de destruction créatrice, et c’est un processus qui va à l’encontre de l’idée que l’on peut se faire du progrès, puisque les entreprises visent plus à renouveler leurs produits plutôt que d’en inventer un nouveau. On peut prendre exemple sur les produits électroniques d’Apple comme l’iPhone ou l’iPod. Apple utilisait la technique du défaut fonctionnel avec les premiers iPods, visant à avancer la fin de vie d’un appareil. Les batteries des appareils tombaient en panne automatiquement après 18 mois sans possibilité de réparation. Cependant, le groupe a été obligé de dédommager ses clients. Les entreprises d’appareils électroniques calculent à l’avance la durée de vie d’une gamme de produit avant d’en sortir une autre « meilleure », avec de nouvelles fonctionnalité, que l’on se « doit d’acheter ». Cette stratégie marketing est commune et s’inscrit bien dans le contexte de la société de consommation d’aujourd’hui, où les individus doivent constamment « mettre à jour » leurs produits technologiques, que ce soit en achetant un nouvel appareil ou en mettant à jour un logiciel, par exemple.

Dans l’article que j’ai choisi, il est question d’une remise en cause de l’obsolescence programmée à travers des lois. Toutes les techniques d’obsolescence programmées (matérielles ou psychologiques) sont passibles d’amendes et même de prison pour les entreprises qui les utilisent. Il y a donc une prise de conscience sur les pratiques cachées des entreprises, ce qui redirige l’innovation vers d’autres processus. Cette pression juridique et cette prise de conscience (notamment prise de conscience écologique avec les théories autour du développement durable) font en sorte que le capitalisme est menacé. Il apparaît une peur de l’innovation destructrice. L’innovation étant un des piliers principaux de l’entreprise, si celle-ci est menacée, l’entreprise l’est aussi.

Si l’innovation est le moteur du capitalisme selon Schumpeter, alors celui-ci est menacé puisqu’il y a une remise en cause des techniques innovatrices. Les entreprises se doivent de redéfinir leur processus de mise en marché et se concentrer sur de nouveaux critères quant à la qualité de leurs produits. Le phénomène de transparence devient d’ailleurs de plus en plus visible. Les nouvelles technologies sont aussi synonymes d’un meilleur accès à l’information. Les entreprises ne peuvent donc plus se permettre d’utiliser des techniques comme l’obsolescence programmée pour faire du profit, ou elles risquent de faire face à la justice, comme vu dans l’article de presse, que vous pouvez consultez ci-dessous :


Par Clément Bonhomme

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