La prédominance de la technologie
et de l’innovation s’inscrit dans le cadre de l’idéologie du progrès défendue
par Schumpeter. La période des 30 glorieuses a été une période florissante sur
le plan économique, du fait notamment des innovations technologiques menant à
l’apparition d’une société dite de consommation. Tous les produits introduits
sur le marché comme la télévision et les produits électroménagers sont
abordables et deviendront indispensables pour les ménages des pays occidentaux.
À cette époque, les critères principaux de qualité pour les produits mis en
marché sont leur bon fonctionnement et leur durée de vie. Le moteur de la
concurrence devient alors l’innovation et la durabilité des produits. Il est
reconnu que les produits électroniques d’antan sont plus solides et plus
durables que ceux que l’on créé de nos jours, malgré le fait qu’ils soient
moins performants.
L’évolution rapide des
innovations technologiques et le contexte du capitalisme va entraîner l’apparition
de nouvelles stratégies de production et de mise en marché. Comme mentionné
plus haut, les produits technologiques deviennent de plus en plus performants mais
de moins en moins durables. Seulement, cette durabilité réduite n’est pas une
conséquence de la constitution ou du fonctionnement du produit. Les entreprises
sont soumises à la pression d’un système où les méthodes de production et la
mise en marché est en constante évolution. Elles se doivent d’innover afin de
se démarquer de leurs concurrents.
La technique la plus courante en
ce qui attrait aux nouvelles technologies est celle de l’obsolescence
programmée. Comme noté dans l’article : « L'obsolescence programmée se définit par l'ensemble des techniques par
lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie
d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement ». Cette technique peut
s’apparenter au concept de destruction créatrice avancé par Schumpeter, qui est
un processus capitaliste, un cycle de l’innovation en tant que disparition
d’activités existantes. Les NTIC sont l’acteur principal du processus de
destruction créatrice, et c’est un processus qui va à l’encontre de l’idée que
l’on peut se faire du progrès, puisque les entreprises visent plus à renouveler
leurs produits plutôt que d’en inventer un nouveau. On peut prendre exemple sur
les produits électroniques d’Apple comme l’iPhone ou l’iPod. Apple utilisait la
technique du défaut fonctionnel avec les premiers iPods, visant à avancer la
fin de vie d’un appareil. Les batteries des appareils tombaient en panne
automatiquement après 18 mois sans possibilité de réparation. Cependant, le
groupe a été obligé de dédommager ses clients. Les entreprises d’appareils
électroniques calculent à l’avance la durée de vie d’une gamme de produit avant
d’en sortir une autre « meilleure », avec de nouvelles
fonctionnalité, que l’on se « doit d’acheter ». Cette stratégie
marketing est commune et s’inscrit bien dans le contexte de la société de
consommation d’aujourd’hui, où les individus doivent constamment « mettre
à jour » leurs produits technologiques, que ce soit en achetant un nouvel
appareil ou en mettant à jour un logiciel, par exemple.
Dans
l’article que j’ai choisi, il est question d’une remise en cause de
l’obsolescence programmée à travers des lois. Toutes les techniques
d’obsolescence programmées (matérielles ou psychologiques) sont passibles
d’amendes et même de prison pour les entreprises qui les utilisent. Il y a donc
une prise de conscience sur les pratiques cachées des entreprises, ce qui
redirige l’innovation vers d’autres processus. Cette pression juridique et
cette prise de conscience (notamment prise de conscience écologique avec les
théories autour du développement durable) font en sorte que le capitalisme est
menacé. Il apparaît une peur de l’innovation destructrice. L’innovation étant
un des piliers principaux de l’entreprise, si celle-ci est menacée, l’entreprise
l’est aussi.
Si
l’innovation est le moteur du capitalisme selon Schumpeter, alors celui-ci est
menacé puisqu’il y a une remise en cause des techniques innovatrices. Les
entreprises se doivent de redéfinir leur processus de mise en marché et se
concentrer sur de nouveaux critères quant à la qualité de leurs produits. Le
phénomène de transparence devient d’ailleurs de plus en plus visible. Les
nouvelles technologies sont aussi synonymes d’un meilleur accès à
l’information. Les entreprises ne peuvent donc plus se permettre d’utiliser des
techniques comme l’obsolescence programmée pour faire du profit, ou elles
risquent de faire face à la justice, comme vu dans l’article de presse, que
vous pouvez consultez ci-dessous :
Par Clément Bonhomme
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