mercredi 16 avril 2014
Université en Haïti et transformation sociale : quelle réception dans la société ? La réflexion patriotique de Dantès Bellegarde sur l’articulation entre l’Université et la société dans ses rapports historico-symboliques semble aujourd’hui dépassée. Dans les décisions politiques actuelles, aucune place importante n’est attribuée à l’Université en termes de questionnements sur sa mission et ses engagements dans la société comme symbole de résistance et de transformation sociale. Aujourd’hui, l’action proprement politique, est de banaliser tout effort de conscientisation de certains universitaires qui s’accordent au changement de la société. A ce sujet, n’y a-t-il pas une tentative de défaire l’Université de son élan politique et social ? Quelle est le rôle de l’Université dans les causes liées au changement de la société? Comment la société perçoit-elle l’engagement de l’Université? Il est plus facile de poser ces questions que de donner des réponses avantageusement convenables. C’est évidemment très problématisant d’aborder la question de la réception de l’université en Haïti dans la vision globale de la société. Des critiques acerbes aujourd’hui, présentent les déficiences de l’Université en Haïti de son modèle d’organisation et de son académisme dépassé face à sa mission. Ces critiques poussent que l’Université en Haïti se confronte aujourd’hui au négatif de son propre projet. Agglutinée dans une espèce d’orientation académique reproductrice, elle fait preuve de faillite dans sa vocation. Aucune innovation. D’où il revient de souligner la problématique d’une grande tension au niveau des liens entre elle et la société réceptrice. De façon profonde, le professeur Jean Anil Louis-Juste a considéré que malgré les luttes qui ont abouti à la démocratisation de l’Université d’État d’Haïti en vue d’atteindre un niveau de massification, celle-ci n’est pas arrivée à saper les barrières de l’aristocratie et de la dépendance de notre société. En fait, dans les pays en voie de développement, on découvre là aussi que l’Université doit forcément s’interroger dans le projet national et servir d’instrument de modernisation . Dès lors L’effort d’arriver au développement de toute société passe par l’édification du système éducatif dans la formation des jeunes qui doivent être utiles à leur communauté. Chez nous elle est en crise, car elle porte les stigmates de notre sous-développement et charrie les contradictions naissantes de la société. Comment l’Université doit pallier aux problèmes d’intérêts socio-politiques divergents qui démantèlent la vision commune de la nation. Elle se place devant un arsenal de défis. Parallèlement aux problèmes d’ordre interne de l’UEH, on doute de ses moyens à pouvoir relever un nombre de défis majeurs dans la société. Il s’ensuit qu’on enregistre autant de problèmes d’envergure nationale, produit du système, qui au fil du temps, de l’insouciance, de la mauvaise foi et de l’inaptitude des classes dominantes se sont compliqués au point de devenir insolubles[…] . L’effort de solidarité au sein de l’espace social dont témoigne parfois l’UEH (Université d’État d’Haïti) se révèle velléitaire de nos jours. Et l’idéologie ordinairement véhiculée autour de l’Université, c’est qu’elle serait apte à apporter le changement et sert à l’édification nationale. En quoi l’Université en Haïti porte le germe de changement et de transformation sociale? Dans notre réalité cette vision motive attachée à l’Université ne rime pas souvent au mode d’organisation de la société haïtienne. Car dans un système social fondé sur un ensemble de contradictions et de domination, le système éducatif instauré tient au contrôle du système. En Haïti, l’idée d’agencer les causes nationales à l’Université comme un fait fonctionnel semble masquée. Les valeurs instituées à l’Université se basent sur une différenciation interindividuelle et sociale qui permet à chaque universitaire de tailler une place référenciée et orientée dans la société (Voir Simmel) . De ce fait, comment penser la chose commune à l’intérieur de ces modèles de valeurs. De l’autre côté, il existe une discordance entre les aspirations conçues sur l’Université et les résultats qu’elle donne à apprécier dans les faits. Ce constat critique conféré à l’Université contre son conservatisme permet de souligner un paradoxe entre son rapport avec la culture supérieure et dominatrice et les causes de la masse oublieuse qu’elle veut servir. Dans cette perspective, comment établir un lien entre l’Université et les causes nationales ? Il n’est pas vain d’observer au cœur de l’ensemble de contradictions qui caractérisent la société, l’Université assure un modèle de fonctionnement qui permet la perpétuation du système social dans ses déboires. Un système qui donne la possibilité à certains universitaires de se réaliser, et s’intégrer aux différentes marges structurelles, prête à l’accueillir, et que ces derniers ne puissent s’impliquer a une transformation réelle en retour. De ce fait, la possibilité que l’Université s’accorde au changement est un accomplissement difficile compte tenu de la situation de l’enseignement qu’elle assure qui s’enlise dans la gouvernance défaillante et de l’insouciance du projet politique qui détermine son fonctionnement. Malgré les efforts de certains universitaires conscients dans l’aboutissement au changement en Haïti, l’Université en elle-même ne s’accorde pas encore à la nation. L’université en Haïti et la transformation sociale reste une question problématisante qui doit susciter autant de débats dans les réflexions qui s’engagent dans l’intérêt de la res republica. Thing-weck DELIMA p1061406
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