L’institution des rapports sociaux de
l’entreprise à la faculté d’ethnologie
Les pratiques et les valeurs caractéristiques de l’entreprise
multiplient leur présence dans les
espaces sociaux les plus intimes et prestigieux de la planète. De ce fait, dans
les lignes qui suivent nous allons essayer de restituer la présence de certains
traits de l’entreprise dans un espace
facultaire.
La faculté d’ethnologie se situe en Haïti et plus précisément
à Port-au-Prince, elle est l’une des entités de l’université d’état d’Haïti, on
y enseigne la sociologie, l’anthropologie, la psychologie au baccalauréat, et
l’anthropologie sociale et les sciences du développement à la maitrise. Pour renouveler ses éléments constitutifs plus
précisément, ses étudiants, on organise chaque année un concours d’admission,
dans la quelle on sélectionnait 300 sur
5ooo postulants inscrit au baccalauréat.
A noter, que la majorité des postulants viennent des classes défavorisées et des écoles publiques et privées médiocres
de la capitale et des provinces, ce qui explique
majoritairement leur échec au concours d’admission. Par rapport à cette
situation plusieurs initiatives se sont prises par les étudiants afin
d’accompagner les postulants.
Il en existe deux catégories d’accompagnement, celles à but lucratif et à but non lucratif. La
première se nomme préfac, et la seconde mise à niveau.
A la faculté d’ethnologie, seulement un groupe d’étudiants de
tendance marxiste organisent des accompagnements à but non lucratif. Par contre,
de multitude groupe d’étudiants institue
des prefacs au sein de l’institution c’est-
a- dire des accompagnements payés.
Quels rapports qui se nouent dans les petites institutions (préfacs)
estudiantines?
La dynamique d’échange de connaissance entre les postulants
et les «étudiants-entrepreneurs» se repose fondamentalement sur l’argent, ce la
se justifie par le fait que l’argent est la base de la participation à la
prefac, de plus en plein cours on congédie les postulants dans la mesure où, ils n’acquittent pas leur balance.
D’abord, La
transmission des savoirs se fait en achetant les forces de travail des étudiants
pour l’exposé des cours qui se paie à 4 dollars l’heure , ce qui ne permet pas concrètement aux «étudiants-professeurs»
de reproduire l’énergie dépensée pour le
travail fourni, d’où la question du salariat et de l’exploitation développée
par Marx.
Ensuite, dans les groupes organisateurs les taches sont
divisées de manière à gérer le temps et de favoriser l’augmentation de
l’argent : responsable de
marketing, responsable de gestion des cours, économat, relations publiques,
soutien à l’inscription, orientation professionnelle, etc..
En outre, chacun de
ces groupes définit leurs stratégies
afin de récupérer le plus de postulant que possible. Nombreux d’entre eux pratiquent
l’innovation. En effet, chaque année ils
ont un cursus différent, ils ajoutent des cours, augmentent des professeurs,
produisent des guides nouveaux d’orientation de concours.
Et en période de concours l’espace devient un véritable
complexe ou ils arnaquent, manipulent, et entre eux se développent un conflit
latent ou ils pratiquent le dénigrement, le boycottage, et le mensonge afin de trouver la faveur des responsables pour se
procurer d’une salle sans aucun frais ce
qui leur permettra d’augmenter leur profit.
En guise de restitution, en période de concours
d’admission, la faculté d’ethnologie
devient un véritable espace de marché ou
la dynamique des «préfacs», est similaire aux rapports qui structurent les
entreprises et les multinationales : l’argent, la division du
travail, l’innovation, la concurrence, l’exploitation, le rationalisme, qui sont
le fondement de cette activité.
EUGENE Moise,
P1065516
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