mercredi 16 avril 2014

Le cas de Kickstarter contre Veronica Mars 

Avant toutes choses, il y a deux éléments centraux à présenter. Tout d’abord, qu’est-ce que Veronica Mars? Il s’agit d’une télésérie américaine mettant en vedette la charmante Kristen Bell dans le rôle-titre de Veronica Mars. Le contenu de la télésérie ne nous intéresse pas ici, il n’y a que deux choses à retenir. Tout d’abord, la série a reçu des succès modérés, avec toutefois une base de fans fidèles et dévoués. La deuxième chose importante à savoir est que la série fut malencontreusement cancellée après seulement trois saisons (2004 à 2007) par CBS, laissant les téléspectateurs  avec une histoire inachevée.

L’autre élément central à cette histoire est le site internet Kickstarter. Ce site internet est un parmi plusieurs autres à être dédié à la collecte de fond d’œuvres artistiques, d’invention, bref, n’importe quoi qui pourrait nécessiter un financement. Le principe est bien simple, des visionnaires de tout genre annoncent leur projet sur cette plateforme pour amasser de l’argent dans le but qu’un jour leur produit voit le jour. Le site comporte quelques règles, dont une limite de donation de 10 000$ par projet par usagé et les campagnes de financement ont une durée prédéterminé d’environ 30 jours pour atteindre (ou dépasser) leur montant fixé comme objectif. Une chose est à savoir lorsque l’on décide d’investir une somme d’argent dans un projet, on est presque assuré de n’avoir rien en retour. Parfois certain produit promette certaines exclusivités par rapport aux produits qu’ils vont sortir, comme une affiche de film autographié on bien recevoir le produit avant qu’il soit sur le marché. Toutefois le site est tout de même fameux pour ses promesses non-tenues.    
 
Les plus malins d’entre vous auront probablement fait le lien entre les deux éléments. Effectivement, en mars 2013, les créateurs de la série ont lancé une campagne de financement demandant 2 millions de dollars en 30 jours à ses fans pour la réalisation d’un film qui agirait comme conclusion à la série. En moins de 11 heures, l’objectif était accompli. Après 30 jours, plus de cinq million et demi avait été ramassé pour le film. Le but ici est d’expliquer quelle est la différence avec les autres projets sur Kickstarter, pourquoi cela risque de changer pour toujours (pour le pire) l’industrie du cinéma et pourquoi Joseph Proudhon retournerait dans sa tombe s’il entendait cette nouvelle.

                Le film de Véronica Mars ne reflète aucunement ce que l’on retrouvait sur ce genre de site. Effectivement, des sites comme Kickstarter servent habituellement comme plateforme à des artistes indépendants, sans quoi il serait sans doute impossible de financer leur produit par les autres moyens conventionnels. Cependant, pour ce qui est de ce film, il est sous la tutelle de Warner Brother, entreprise multimilliardaire international. Obtenir une somme de deux millions pour cette entreprise ne représente que de la monnaie à leurs yeux. Kickstarter représente donc une véritable mine d’or pour ces compagnies. Il s’agit d’un moyen de financer leur film sans aucun risque monétaire de leur part. Suite au succès de la campagne de collecte de Véronica Mars, on a noté des grands noms comme Spike Lee et Zack Braff on imité la série en commençant une collecte de fonds pour subventionner leur film. On voit immédiatement les intérêts que ces compagnies auraient à financer leurs films de cette façon.


                Nous sommes aujourd’hui le 16 avril 2014, le film de Véronica Mars est le premier film sous la tutelle d’une grosse maison de production à avoir atteint les écrans de cinéma par une campagne Kickstarter. Le film a obtenu un succès modéré en recevant 3 millions de dollars en un mois, récupérant près de la moitié du budget initial. Cependant, un phénomène que personne n’avait réellement anticipé se produit. Plusieurs fans de la série et surtout plusieurs donateurs sont très critique et furieux envers le film, ne le jugeant pas à la hauteur de leur donation. Ce qui amène à nous poser la question ; à qui ce film appartient vraiment? Joseph Proudhon est reconnue pour être en furie contre le droit de propriété. Il le trouvait ridicule et injustifiable à la baisse, mais, suite à ces nouvelles, le droit de propriété n’apparaît qu’encore plus ridicule, et la population semble y prendre conscience. Avant, les compagnies de films nous chargeaient 10$ pour un produit comme le film. Ils avaient investie à la base dans ce film, prenaient des risque financiers et étaient responsables du film dès sa production, légitimant les profits. Maintenant, les risques et l’investissement est pris en chargent par les fans et certains trouvent que le produit final ne valait pas les 10000$ qu’ils ont investis. Ce sont d’ailleurs les arguments des fans qui demandent une certaine réparation. Pourquoi Warner Brother se justifie d’encaisser les profits alors qu’ils n’ont pas contribué au financement. Comme Proudhon l’avait conçu auparavant, les gens sont destinés à se battre pour la propriété et c’est justement cela dont nous sommes témoins en ce moment. Les maisons de production n’ont jamais autant peut donner par rapport à ce qu’ils reçoivent dans ce scénario. Suite à ces débats, il ne serait pas étonnant que ce moyen de subvention cesse d’être mis en cours.   

     

Sébastien Du Grenier  

Source : http://www.slashfilm.com/veronica-mars-just-changed-the-movie-business/

http://www.stvanairsdale.com/2013/03/14/veronica-mars-kickstarter-problem-and-ours/

http://collider.com/veronica-mars-movie-editorial/

SOL2403-A-H14 - Sociologie des organisations, Yanick Noiseau H14- SOL2403- Séance 4 Proudhon

http://www.imdb.com/title/tt2771372/?ref_=nv_sr_1




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire