mercredi 16 avril 2014

CONSCIOUS by H&M: UNE CONSCIENCE ÉTHIQUE?


 Eh Oui ! H&M sort sa troisième collection  Conscious de vêtements qui répondent à toute une logique de conscience, d'éthique et de respect de l'environnement. Et nous, on se demande, est-ce que cela ne représente pas la continuité d'un modèle capitaliste et de consommation constante qui provoque des externalités négatives à long terme ?

Avec l'avènement de l'ère numérique, comme certains l'appellent, il y a eu certains changements au sein des sociétés. Un des changement est celui de la relation avec le temps. On se retrouve dans une relation au temps qui est éphémère, « La logique économique a bel et bien balayé tout idéal de permanence, c'est la règle de l'éphémère qui gouverne la production et la consommation des objets » (Lipovetsky)
Tous les jours on est dans un constant va-et-vient d'images, de publicités, d'informations qui ne cessent de se présenter sous nos yeux. Cependant, avec l'ère numérique, comme certains experts la nomme, les consommateurs ont un accès aux informations et sont conscients et capables de penser par eux-mêmes et d'exiger aux entreprises des changements par rapport à ce qu'ils veulent.
L'être humain d'aujourd'hui vit dans une dynamique et une jouissance d'objets sans précédent(SAHLINS). Il y a une tendance à l'accumulation d'objets qui ne connaît pas de limites et cela se voit dans toutes les sphères de la vie quotidienne et dans toutes les industries. Il y a, ce que Sahlins appelle, le « mythe de la rareté » qui pousse les individus à consommer davantage et faire du profit avec ce qu'est considéré comme rare.
Certes, avec des initiatives comme celle de H&M, on observe des changements au sein des préoccupations de l'industrie du vêtement, certaines entreprises (sous pression des consommateurs pour la plupart des cas) ont décidé d'être socialement responsables. Si l'on observe la page d'internet de H&M il y a une rubrique de développement durable et ils ont même fait une rubrique des dernières nouvelles de la marque. On peut se rendre compte qu'il y a une mise en avant du développement durable et de ce que l'entreprise est en train de faire à ce propos.
On peut en déduire que le cas de H&M peut être un exemple de la direction qu'ont prit les entreprises capitalistes depuis plusieurs années.
Ce ne sont plus les entreprises capitalistes (dans certains cas) qui cherchaient à avoir du profit sans penser aux moyens et aux conséquences.
Cependant, un autre sujet peut être mis en avant. Oui, l'entreprise est en train de faire des changements au sujet du développement durable, du respect aux êtres humains et à l'environnement, mais ces sujets ne sont pas les seuls. H&M fait partie de l'industrie considérée comme FAST FASHION. Cette industrie se caractérise par des grandes productions en masse, une production dans des cycles plus courts que le cas du SLOW FASHION. Cette industrie, à plusieurs reprises, a été accusé de plagiat des créations des jeunes créateurs et des grandes marques de luxe et de prêt-à-porter. Ici, le thème est très délicat, puisqu'on ne peut pas parler de propriété privée pour le cas de chaque création, mais où est la place de l'éthique des marques de vêtements comme H&M à ce propos ?

« Notre rapport à la mode semble être une preuve supplémentaire de notre boulimie d'objets » Lipovetsky.

Angie ROMAN

  • SOL2403-A-H14 - Sociologie des organisations, Yanick Noiseau Séance 2 et 5
  • Lipovetzky, Gilles, L'empire de l'éphémère, Paris, Gallimard, 1987
  • Erner, Guillaume, Victimes de la mode? Comment on la crée, pourquoi on la suit, Paris, La Découverte, 2004
  • Baudrillard, Jean, La société de consommation, Paris, Gallimard, coll. Folio essai, 1970
  • Atlant, Monique et Droit, Roger-Pol, Humain, une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies, Paris, Flammarion, 2012

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