Un
article paru dans Le Journal de Montréal souligne le fait que les
« garderies privées subventionnées » peuvent se faire vendre
« jusqu’à quatre fois plus cher » qu’elles ne valaient avant.
L’article décrit vaguement ce type de garderie comme obtenue facilement,
gratuitement et à l’aide du gouvernement. De plus, le permis est dit d’avoir
été gratuit auparavant, sans compter l’insertion rapide d’un coût de
« quelques frais administratifs d’environ 1500$ ». Il y a une
préoccupation soulignée par le fait que les propriétaires peuvent revendre
leurs garderies pour quelques millions. Tout de même, tout autre coût assumé
pour le fonctionnement de la garderie par le propriétaire n’a pas été pris en
compte. En effet, le gouvernement finance une partie du coût que les parents
n’auront plus à payer au propriétaire. Tout de même, ils ne financent pas la
mise en place de la garderie, ni les produits ou l’emplacement utilisé pour sa
continuation. De plus, pour être subventionné, il faut impliquer des efforts
moraux et physiques de grande ampleur. Plus précisément, après l’ouverture de
la garderie privée appartenant à un individu, ce dernier fait une demande pour
être subventionné et finit par attendre, parfois même quelques années.
Finalement, pour avoir eu l’accord du gouvernement, il faut que la garderie
passe des examens et corresponde à des critères, ainsi que des inspections
irrégulières et inattendues pour rester au même titre de garderie privée
subventionnée. Ces aspects ne sont pas mentionnés dans l’article, tandis qu’ils
sont importants pour ce débat.
L’entreprise
capitaliste, comme la décrit Dupuis en dix points, se résume à l’égoïsme
individuel de chacun qui pousse l’individu à agir dans ses intérêts personnels
tout en recherchant le profit et la maximisation des bénéfices possibles. Cette
entreprise a aussi des capitaux qui sont investis par des individus,
c’est-à-dire qui disposent de leur propriété privée pour gagner des profits.
Pour ce qu’il en est de la garderie privée subventionnée, elle répond à ces critères :
le propriétaire investit un capital, il couvre les coûts nécessaires et cherche
du profit à l’aide des paiements faits par les parents. Le propriétaire trouve
dans ses intérêts personnels de garder sa clientèle existante et attirer les
autres parents à choisir son institution. Ainsi il prend bien soin des enfants
et leur offre un bon service dans la garderie pour répondre à ses intérêts. Une
fois que cette dernière est subventionnée par le gouvernement et que des
critères plus spécifiques sont imposés, le propriétaire continue à payer les
frais nécessaires pour que la garderie subsiste. La seule différence réelle que
ce changement crée, c’est le partage des frais par le gouvernement et les
parents. Ces derniers ne paient plus le montant total, une grande partie étant
maintenant couverte par le gouvernement. Finalement, la subvention accordée à
la garderie lui offre un titre plus prestigieux, mais ne l’aide pas sur le plan
financier. De plus, pour rester au titre de garderie privée subventionnée, cette
dernière se fait imposer des critères additionnels de la part du gouvernement
et des règles à suivre au sein de la garderie par rapport au traitement des
enfants et autre, qui sont renforcées par les inspections et les règlements
strictes. À la fin, même en étant subventionnés, les propriétaires des
garderies ne gagnent rien sauf un certain prestige, plutôt que d’être perçus
comme une garderie inconnue.
Toute
autre entreprise capitaliste se revend à des prix élevés parce qu’elle a été
développée et maintenue par quelqu’un avant d’être mise en vente. Cela est
soutenu par le postulat de Proudhon, selon qui le travail consacré crée la
valeur économique de l’objet dans lequel on l’investit. Ainsi, celui qui achète
l’entreprise n’aura pas à faire le travail de développement de celle-ci, son
seul intérêt étant de s’assurer qu’elle continue à fonctionner pour générer du
profit. Sachant que le terme « subventionné » ne signifie pas
grand-chose pour les garderies, comme il a été expliqué ci-dessus, et qu’une
entreprise capitaliste peut habituellement être vendue à un prix plus élevé
qu’il ne l’aurait été auparavant, il faut poser un regard critique sur cet
article. En effet, si l’on considère les explications données ci-dessus,
pourquoi la revente des garderies de la même manière que toute autre entreprise
de ce type crée-t-elle un questionnement et se fait-elle nommer de
« loterie gagnée à vie » ?
Eleonora B.
merci beaucoup pour cette article Mme. Eleonora.
RépondreSupprimerLes journaux nous font passer pour des fraudeurs ou même des voleurs et le public se fait embarquer et nous critique. Il y a beaucoup de choses qu'ils ne mentionnent pas.
il n'y a rien qui nous a été donné, il y a eu un risque d'investissement comme dans tout autre business.