Un
nouveau phénomène a récemment fait son apparition dans le monde de la musique,
celui de la musique en continu. Elle permet d’avoir un accès continu d’un grand
inventaire de musique en payant un petit montant par mois. Aujourd’hui, la
compagnie suédoise Spotify est l’une
des plus connues pour ce genre de service depuis sa mise en marché en 2008. La
compagnie Apple, qui a révolutionné
le marché de la musique avec son application Itunes qui permet d’acheter et de télécharger de la musique, a
annoncé récemment son arrivée dans ce nouveau phénomène. En effet, il offrira
dès le 30 juin son service de musique en continu avec une période d’essai
gratuit de 3 mois pour ces nouveaux abonnés. Malgré la joie des usagers des
produits Apple, cette annonce a cessé
la colère chez les artistes.
Effectivement,
la chanteuse Taylor Swift a annoncé à ces admirateurs qu’Apple Music n’allait pas la rémunérer durant cette période d’essai
et qu’elle retira son album 1989 qui
est présentement au sommet des ventes aux États-Unis de ce futur service Apple Music, mais aussi que ce géant
bafouait les droits d’auteur de tous les artistes qui n’osent pas parler. Cette
annonce a grandement troublé le géant Apple,
car après quelques heures la chanteuse a reçu un appel d’Eddie Cue, le
vice-président responsable des services et logiciels internet d’Apple lui annonçant que les artistes
seront rémunérés durant la période d’essai. Par contre, la firme ne veut pas
dévoiler les détails des négociations avec les maisons de disque ni sur la
façon dont les artistes seront rémunérés.
Ce
nouveau phénomène, remet de l’avant toute la question des droits d’auteurs, car
l’avantage de ce genre de service est bien sûr son petit prix, mais à quel
point ce petit prix influence la rémunération des artistes? Seront-t-ils payés
à leur juste prix? Qu’est-ce que réellement la propriété privée? Taylor Swift
justifie son droit sur ces chansons, car elles sont le résultat de son travail
et viennent de sa créativité. Proudhon pour sa part prétend que la propriété
n’est pas un véritable droit, car le travail ne peut justifier la propriété,
car la matière première dans ce cas-ci est les sons n’est le fruit de travail
de personne, ils ne peuvent appartenir à une personne. Également, un produit ne
peut appartenir à une seule personne, car elle est le produit d’un travail
collectif ainsi, pour obtenir une chanson il faut le travail de différents
musiciens, producteur, auteurs, chanteurs, etc. De plus, sans travail on ne
peut pas obtenir de propriété et sans propriété on ne peut pas obtenir de
travail, autrement dit sans la maison de disque les artistes ne peuvent pas
faire d’album, mais sans les artistes la maison de disque ne peut pas exister. Théoriquement,
si nous suivons la définition de propriété de Proudhon Apple serait en droit d’utiliser n'importe quelles chansons sans
devoir rémunérer les artistes, car ils n’auraient aucun droit sur les chansons
qu’il crée.
Le
monde de la musique a connu de nombreux changements auparavant, les vinyles
étaient au sommet de la technologie, aujourd’hui il y a le téléchargement de la
musique. Dans cet ordre d’idée, l’arrivée future d’Apple dans le monde de la musique continue marquera-t-elle la fin future
du téléchargement de la musique? Sommes-nous devant la nouvelle innovation du
monde de la musique? Selon Schumpeter, l’innovation serait le résultat de
nouvelles combinaisons soit une modification du produit, des techniques de production
et de vente, de nouvelles débouchées et marchés, une modification des sources
d’apprivoisement et une modification des organisations et structures du
travail. Apple music et Spotify offre des techniques de vente
différente avec un prix mensuel et non unitaire comme le téléchargement, mais
aussi elle offre un grand inventaire de chanson et de vidéoclip qui est accessible
en tout temps et n’importe où, permettant à ces clients de découvrir de
nouveaux artistes, des nouveaux d’albums, de nouveaux genres, etc. De plus,
Schumpeter prétend que l’innovation doit détruire et faire disparaitre l’ancien.
Il nomme ce phénomène la destruction créatrice. Ainsi, l’arrivée de ce type de
téléchargement dans les téléphones intelligents amène les gens à ne plus
télécharger de la musique, mais plutôt à utiliser ce type d’application en
raison de son petit prix, son accessibilité, mais aussi, car la plupart offre
l’option de partage soit de transférer notre nouvelle musique sur notre
ordinateur ou notre tablette à distance et avec nos amis, chose qui était
impossible avec le téléchargement unitaire.
Apple music n’a pas encore ouvert ses portes au grand public, mais elle
suscite déjà de nombreuses questions qui malheureusement ne seront répondues que
dans un avenir prochain lorsqu’il sera possible de mesurer son impact sur
l’univers de la musique actuelle. Par contre, une chose est sûre, son arrivée
est grandement attendue par les admirateurs des produits Apple et les amateurs de musique.
Darnyse
Marie Memnon
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