vendredi 26 juin 2015

Quand ton nom fait peur au géant Apple


Un nouveau phénomène a récemment fait son apparition dans le monde de la musique, celui de la musique en continu. Elle permet d’avoir un accès continu d’un grand inventaire de musique en payant un petit montant par mois. Aujourd’hui, la compagnie suédoise Spotify est l’une des plus connues pour ce genre de service depuis sa mise en marché en 2008. La compagnie Apple, qui a révolutionné le marché de la musique avec son application Itunes qui permet d’acheter et de télécharger de la musique, a annoncé récemment son arrivée dans ce nouveau phénomène. En effet, il offrira dès le 30 juin son service de musique en continu avec une période d’essai gratuit de 3 mois pour ces nouveaux abonnés. Malgré la joie des usagers des produits Apple, cette annonce a cessé la colère chez les artistes.

Effectivement, la chanteuse Taylor Swift a annoncé à ces admirateurs qu’Apple Music n’allait pas la rémunérer durant cette période d’essai et qu’elle retira son album 1989 qui est présentement au sommet des ventes aux États-Unis de ce futur service Apple Music, mais aussi que ce géant bafouait les droits d’auteur de tous les artistes qui n’osent pas parler. Cette annonce a grandement troublé le géant Apple, car après quelques heures la chanteuse a reçu un appel d’Eddie Cue, le vice-président responsable des services et logiciels internet d’Apple lui annonçant que les artistes seront rémunérés durant la période d’essai. Par contre, la firme ne veut pas dévoiler les détails des négociations avec les maisons de disque ni sur la façon dont les artistes seront rémunérés.

Ce nouveau phénomène, remet de l’avant toute la question des droits d’auteurs, car l’avantage de ce genre de service est bien sûr son petit prix, mais à quel point ce petit prix influence la rémunération des artistes? Seront-t-ils payés à leur juste prix? Qu’est-ce que réellement la propriété privée? Taylor Swift justifie son droit sur ces chansons, car elles sont le résultat de son travail et viennent de sa créativité. Proudhon pour sa part prétend que la propriété n’est pas un véritable droit, car le travail ne peut justifier la propriété, car la matière première dans ce cas-ci est les sons n’est le fruit de travail de personne, ils ne peuvent appartenir à une personne. Également, un produit ne peut appartenir à une seule personne, car elle est le produit d’un travail collectif ainsi, pour obtenir une chanson il faut le travail de différents musiciens, producteur, auteurs, chanteurs, etc. De plus, sans travail on ne peut pas obtenir de propriété et sans propriété on ne peut pas obtenir de travail, autrement dit sans la maison de disque les artistes ne peuvent pas faire d’album, mais sans les artistes la maison de disque ne peut pas exister. Théoriquement, si nous suivons la définition de propriété de Proudhon Apple serait en droit d’utiliser n'importe quelles chansons sans devoir rémunérer les artistes, car ils n’auraient aucun droit sur les chansons qu’il crée.

Le monde de la musique a connu de nombreux changements auparavant, les vinyles étaient au sommet de la technologie, aujourd’hui il y a le téléchargement de la musique. Dans cet ordre d’idée, l’arrivée future d’Apple dans le monde de la musique continue marquera-t-elle la fin future du téléchargement de la musique? Sommes-nous devant la nouvelle innovation du monde de la musique? Selon Schumpeter, l’innovation serait le résultat de nouvelles combinaisons soit une modification du produit, des techniques de production et de vente, de nouvelles débouchées et marchés, une modification des sources d’apprivoisement et une modification des organisations et structures du travail. Apple music et Spotify offre des techniques de vente différente avec un prix mensuel et non unitaire comme le téléchargement, mais aussi elle offre un grand inventaire de chanson et de vidéoclip qui est accessible en tout temps et n’importe où, permettant à ces clients de découvrir de nouveaux artistes, des nouveaux d’albums, de nouveaux genres, etc. De plus, Schumpeter prétend que l’innovation doit détruire et faire disparaitre l’ancien. Il nomme ce phénomène la destruction créatrice. Ainsi, l’arrivée de ce type de téléchargement dans les téléphones intelligents amène les gens à ne plus télécharger de la musique, mais plutôt à utiliser ce type d’application en raison de son petit prix, son accessibilité, mais aussi, car la plupart offre l’option de partage soit de transférer notre nouvelle musique sur notre ordinateur ou notre tablette à distance et avec nos amis, chose qui était impossible avec le téléchargement unitaire.  

Apple music n’a pas encore ouvert ses portes au grand public, mais elle suscite déjà de nombreuses questions qui malheureusement ne seront répondues que dans un avenir prochain lorsqu’il sera possible de mesurer son impact sur l’univers de la musique actuelle. Par contre, une chose est sûre, son arrivée est grandement attendue par les admirateurs des produits Apple et les amateurs de musique.

Darnyse Marie Memnon

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