jeudi 25 juin 2015

L’arbre devant la hache dans le système de santé et de services sociaux


Cet article- http://www.ledevoir.com/societe/sante/439985/impacts-en-premiere-ligne-et-dans-les-services-sociaux  - traite des impacts de la réforme de la santé que le ministre de la santé, le Dr. Gaétan Barrette, a instaurée sous bâillon le 3 février dernier, avec la loi 10 entrée en vigueur le 1er avril 2015. (Pour une explication de la réforme) : http://www.lactualite.com/sante-et-science/sante/les-8-cles-pour-comprendre-la-reforme-de-la-sante-du-gouvernement-couillard/ Cette loi vise à fusionner les établissements en vue de réduire la bureaucratie et économiser de l’argent. Alors on est passés de 182 établissements de santé à…. 34! On mentionne les inquiétudes des syndicats qui craignent que la fusion d’établissements aboutisse à l’absorption des établissements à caractère social et préventif par les hôpitaux. On soulève la question de l’application des conventions collectives. On traite du fait que la centralisation du pouvoir aura pour effet d’éloigner les citoyens et les professionnels des lieux décisionnels. Bref… la déprime!
Bon il y a quelque chose que je n’ai pas saisi… Entre février et avril on a eu deux mois!!! Qui s’est mobilisé? Les étudiants. Où étaient les syndicats? Les ordres professionnels? Les citoyens? Et on s’est mobilisé contre quoi? Contre l’austérité. Pardon? On y croit vraiment! Il faut se serrer la ceinture, pour ne pas léguer aux futures générations notre endettement… https://www.youtube.com/watch?v=8VkexckjLTA Bon, on est descendu-e-s dans les rues et on est retourné-e-s étudier, pour joindre nos voix aux syndicats cet automne, qui eux, attendent l’automne. Le problème c’est que les syndicats se mobilisent pour leur convention collective! Si M. Barrette négocie bien, on aura une nouvelle convention collective et voilà! Pas de grève sociale contre les mesures d’austérité. Qu’est-ce qui s’est passé? On n’avait pas un leader aussi « charismatique » que notre cher Gabriel Nadeau-Dubois?





Ou aussi charmant que le beau Léo Bureau-Blouin? On n’avait pas une cheffe, avec une capacité de « domination légale-rationnelle » de la trempe de Martine Desjardins? La présidente de la FEUQ était au doctorat à l’époque et sa compétence au sein de la FEUQ, lui a d’ailleurs permis une réélection pour assumer un deuxième mandat. En fait je crois qu’il est là le problème, tant dans le mouvement étudiant qu’aux niveaux des syndicats, ou même au niveau des partis de l’opposition… Personne n’a réussi à indigner la foule et à la soulever.  Ou peut-être qu’on était tou-te-s trop occupé-e-s à assouvir nos petits plaisirs personnels, à s’acheter le dernier cossin à la mode, hypnotisé-e-s derrière nos écrans… D’ailleurs c’est exactement ce que les syndicats feront cet automne. Ils tenteront simplement de sauver leurs avantages, d’améliorer leurs conditions pour répondre à leurs besoins individuels en tant qu’entité individuelle. Ils n’incluront certainement pas des revendications de l’ordre de la décentralisation du pouvoir, pour une réappropriation du pouvoir par les communautés, par exemple. Parce que c’est ça, quand M. Barrette met la hache dans la bureaucratie, il oublie de dire, que lui seul aura le pouvoir! Il nommera lui-même les CA des établissements et les PDG des nouveaux établissements. Quelle clairvoyance M. de Toqueville! Je vous présente notre nouveau despote : M. Barrette! Parce que ça aussi c’est troublant… apparemment la majorité des québécois-e-s seraient contre la réforme : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/05/11/002-quebecois-insatisfaits-reforme-barrette-sondage-csq.shtml.
Malgré tout M. Barrette est le ministre, alors sagement on acquiesce. En fait, je ne sais pas si on acquiesce… « sous bâillon », c’est acquiescer? Et la matraque, c’est acquiescer? La répression policière a sans doute fait écho au manque de « légitimité » de la domination étatique.
Mais revenons à notre système de santé et de services sociaux plus précisément. Parce qu’il y a deux points dont je veux vous parler. Le premier, c’est les conditions de travail. Les burn-outs dont l’article fait mention au sein du personnel du réseau. Le ministre veut économiser de l’argent tout en préservant l’accès aux soins et aux services pour la population. Comment il va faire? Ou plutôt sur le dos de qui? Vous l’aurez deviné… Sa réforme sera portée sur le dos des travailleu/r/se/s. L’idéologie du système de santé universel, l’institution toujours présente, ou comme dirait Marx, la « superstructure ». Une superstructure, sous-tendue par une « infrastructure » inégalitaire : le salariat. Comme le mentionne l’article, les travailleu/r/se/s feront le travail de quatre personnes. Et comment on fera… on le fait déjà… vous avez entendu parler du nouveau management? On copie l’industrie, à la Ford… Le travail à la chaîne… On divise une intervention en « actes ». Vous avez tant de temps pour cet acte, on découpe les « actes », on rend des comptes sur les « actes », plus d’ « actes » égal plus de statistiques et on finance selon les statistiques et on met plus de pression sur les travailleur/es/s. Et comme vous le savez peut-être, tout cela au sein d’une structure fortement « genrée ». Parce qu’on s’entend, les soins, c’est un milieu de femmes. Qui seront les moins touchés? Les spécialistes (le plus souvent des hommes). Quelle coïncidence!
Le deuxième point, c’est l’accès aux services sociaux… bon je sais pas trop par quel bout prendre ça, mais il me semble que la santé et les services sociaux c’est pas la même chose. La santé ça coûte plus cher. Mais les difficultés psychosociales ont un impact sur la santé et c’est sûr la santé aussi a un impact sur le social. Si l’hôpital a raison des Centres Jeunesse, des CLSC et des Centres de réadaptation, je pense qu’en bout de ligne, ça augmentera la facture de l’hôpital. Je pense que ça fait écho à la pensée de Durkheim sur la division du travail et l’interdépendance entre les différents corps de travail. Alors si l’hôpital engloutit le budget des Centres Jeunesse, des Centres de réadaptation, des CLSC? Selon la vision de Durkheim de la « solidarité organique », c’est comme dire, on va se servir du cœur et des poumons mais on va sacrifier les reins et le foie. Je sais pas trop, M. Barrette, c’est vous le docteur, mais il me semble que ça prend plus que le cœur et les poumons…Ah! Mais c’est vrai, la main invisible va tout arranger. Parce qu’à mon avis, M. Barrette, n’a rien à faire de notre système de santé et de services sociaux.  Lévesque et Parizeau doivent se revirer dans leur tombe! Messieurs, on est en train de vous démanteler l’État! God bless America! Nous emboîtons le pas!


Angela Barreto


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