Lors
de son émission RDI économie, Gérald
Fillion recevait l’un des grands dirigeants du secteur financier de
l’entreprise Google, Patrick Pichette, pour discuter de son avenir après
l’annonce de sa retraite[1].
Alors que ses futurs voyages de pêche semblaient être au centre de cette
entrevue, l’animateur a réorienté celle-ci vers la question des investissements
dans les paradis fiscaux. Or, pour Pichette, Google est l’exemple à suivre
quand on analyse l’évasion fiscale.
En
fait, cet ex-dirigeant indique des propos fascinants en rapport avec la logique
des entreprises privées. Ce dernier indique que celles-ci jouent avec les
cartes qu’on leur donne. Ce faisant, celles-ci n’ont pas à rougir; elles
suivent les lois. Par la suite, Pichette invite les états à charger les lois
s’ils ne sont pas contents de la situation.
Toutefois,
il semble y avoir un problème dans la logique de Pichette. Bien qu’il indique
que la remise en question de l’imposition doit se faire conjointement avec tous
les États, il oublie que ceux-ci sont devenus des sortes d’entreprises privées
nécessitant des investissements.
En
effet, la majorité des discours politiques tournent autour de la création
d’emploi en raison du taux de chômage brutal qui sévit dans plusieurs pays de
l’OCDE. Or, la logique veut que ce soit les entreprises privées qui créent les
emplois en s’installant dans un pays en particulier. Naturellement, une
entreprise importante comme Google, Amazone ou Apple, a l’embarras de choix
pour installer divers usines ou bureaux administratifs. Ce faisant, les États
se retrouvent à se faire compétition les uns contre les autres afin d’accueillir
divers investisseurs.
Dans
un autre ordre d’idée, Pichette indique les efforts de la compagnie Google en
vue d’une amélioration de la fiscalité. Son discours montre une grande logique;
le système fiscal est le même que celui du début du XXe siècle. Par conséquent,
il est important de le modifier. Par contre, j’éprouve un malaise lorsque ce
dernier indique qu’il fréquentait plusieurs dirigeants de l’OCDE pour discuter
de cet enjeu. En fait, la discussion du renouvellement en matière de fiscalité
semble se produire qu’à l’aide de l’appui des organisations fautives. Malheureusement,
il semblerait que les grandes organisations montrent un grand pouvoir lorsque
viennent des législations qui doivent limiter leurs pratiquants.
Par
ailleurs, bien que le représentant de cette entreprise fasse de beaux discours
sur les nouvelles lois fiscales, ce dernier, ni l’animateur d’ailleurs,
n’apporte la question des travailleurs au salaire crève-faim de plusieurs pays
du sud. Évidemment, certains chefs d’État se montrent très avares dans leur
recherche d’innovation allant jusqu’à la dégradation des conditions de travail
afin d’attirer des entreprises qui désirent s’installer sur leur territoire. S’il
y est vrai qu’il faut améliorer le système fiscal, il est tout aussi vrai qu’il
faille améliorer les conditions des travailleurs à travers le monde.
Finalement,
l’entrevue de Pichette montre la réelle influence des grandes organisations
dans les décisions législatives. Ainsi, il semblerait que les solutions afin de
réguler ces machines doivent venir de ces machines elles-mêmes. Dans la
dernière minute de l’entrevue, Fillion affirme que les grandes organisations,
comme Google, ont du pouvoir, mais Pichette le corrige en parlant d’influence. Appelons-le
comme nous le voulons, il en demeure que les États sont devenus des pions dans
le grand jeu de l’économie.
Laurent Collard
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