mardi 23 juin 2015

Colonie de vacances, ou comment être un bon capitaliste cet été

Jeune, j’avais pour habitude de passer mes étés dans un camp catholique ou l’on y apprenait les chants d’Eglise, allions à la messe le dimanche et passions nos après midi a jouer dans les champs. Si ces activités peuvent déjà paraître obsolètes, c’est sans compter sur l’innovation de certains qui passent maintenant leurs vacances dans une toute autre sorte de colonie, beaucoup plus moderne…Les business camp

C’est aux États Unis que ce concept a vu le jour ou chaque été, des enfants de 14 à 17 ans se retrouvent pour apprendre à être les bons patrons de demain. Les activités qui y sont proposés ont pour but de familiariser les élèves avec le monde de l’entreprise tout en gardant une optique divertissante. Pour ce faire, chaque colon est invité à créer une organisation fictive qu’ils devront mettre à l’épreuve des différents aléas. Les moniteur, remplacé par des professeurs et des coach d’entreprise, sont la pour aider et encourager les élèves dans leur démarche.

 « Lorsqu’il avait 17 ans, Patrick Clarke et ses quatre « collègues » ont imaginé la commercialisation de machines à coudre portables fabriquées en Chine ; ils ont assuré la promotion en tournant une vidéo et, une semaine plus tard, les jeunes « patrons » faisaient leur pitch [présentation très brève] devant cinq « investisseurs ». « Nous faisions des profits, la machine était vendue quatre fois plus que ses coûts de fabrication », se félicite Patrick Clarke… qui commence à la rentrée de vraies études d’entreprenariat à l’université. »

Si dans un premier temps cette initiative peut faire sourire, les prix des camps s’avèrent plus inquiétant. En effet, il existe de nombreuses formules qui varient selon le temps et les activités mais l’université de Floride demande par exemple 7000$ pour sa formation de 5 semaines. Payer pour apprendre a être un bon petit capitaliste, c’est déjà se faire avoir par le capitalisme.
Certaines organisations se montrent toutefois plus réfléchit et intègre des notions sociales et écologiques à leur programme comme  YELS qui propose le nettoyage des plages entre les cours de management.

Au delà du concept lubrique, ces camps nous informe sur une transformation de la société ou l’entreprise privé et le travail semblent être les points centraux. En effet la thèse de Sauvé décrit « l’entreprisation » du monde qui affirme que la société moderne se voie diriger de la même manière qu’une entreprise étant donné le pouvoir grandissant de ces dernières. Les grandes décisions politiques ou économiques sont prises en fonction des entreprises et se retrouvent donc supérieur à l’influence des États. La vie quotidienne des individus intègre également des notions d’entreprise et ces camps de vacances en sont une belle illustration. Si les loisirs estivaux sont en effet, remplacé ou concilier avec l’apprentissage de l’entreprise, il est maintenant plutôt simple de voir l’omniprésence du capitalisme d’entreprise dans les différentes sphères de la sociétés.

Si l’on en revient a mes colonies religieuses ou l’idéologie était différentes mais l’endoctrinement le même. Nous pouvons observer, par les activités des camps, un passage de « l’Église Monde » à « l’Entreprise Monde ». Si en effet, dans le passé les institutions religieuses étaient celle qui pouvait avoir un bras dans chaque domaine, le recul de la religion a laissé sa place au capitalisme et aux entreprises qui en sont le modèle concret.

Si vos plans d’été ne sont pas encore finalisé ou si profiter du soleil et de la piscine ne vous semble pas assez productif et rationnel alors les business camp peuvent s’avérer être votre solution. Au risque d’en ressortir avec des plans de carrière frauduleux, des rêves de délocalisation et de surproduction, vous pourrez ajouter une ligne à votre CV, nouveau passeport de votre vie qui vous permettra d’aller partout…Entreprisement parlant bien sur.


Clément Huberdeau

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