vendredi 26 juin 2015

Quand l’esprit entrepreneur s’imprègne dans le quotidien des individus


Quand on parle dentreprise-monde, on nimagine pas à quel point cette organisation est centrale dans notre vie quotidienne. Ce qui mintéresse est le fait que cette centralité nest pas encore arrivée à son sommet, mais au contraire, elle senracine de plus en plus dune manière vertigineuse dans la vie quotidienne des individus. Par contre, on peut voir une nouvelle tendance qui se met en place en modifiant la structure économique et le jeu du marché profondément. On parle ici de l’économie collaborative.
            En effet, l’économie collaborative ou « sharing economy » cest le fait d’échanger des services via internet, en forme de troc, parfois gratuitement ou contre un paiement pour arrondir les revenus de ceux qui offrent le service. Cest une nouvelle vision de la consommation où lindividu nest plus intéressé à la possession, mais plutôt à lutilité, à la satisfaction dun besoin immédiat. Ainsi, lindividu isolé, fruit du capitalisme et de la démocratie (selon Tocqueville), se voit élargissant ses réseaux pour avoir accès au service dont il en a besoin, et remplaçant lidée de propriété par lutilité. 
            Ainsi donc, on voit quil y a une certaine dissociation entre lindividu et la propriété qui sintroduit dans la société par le biais de la consommation collaborative : « La consommation collaborative permet à la population de réaliser l’énorme bénéfice daccéder à des produits et services au-delà de la propriété ». En effet, Pierre-Joseph Proudhon avance dans sa conception de propriété moderne cette dislocation entre lindividu et ce quil possède, ce qui pour être mis en lien avec cette nouvelle économie collaborative. Cest dans cette séparation que lindividu permet une invasion totale de lidéologie dentreprise dans sa vie privée et quotidienne. Le fait dacheter pour être propriétaire nest plus nécessaire ni si attirant, les individus ont maintenant le choix de louer ou emprunter à court terme ce dont ils ont besoin, par exemple le service car2go ou le covoiturage. De même, il peut aussi offrir lui-même des services, tels que le couchsurfing, petsitting, ou même soffrir comme guide touristique, de restaurants, bref une quantité innombrable de services est possible et offert de nos jours.
            Dautre part, cette tendance favorise un élargissement des réseaux sociaux des individus au moment où elle sinsère dans la vie des individus puisquelle existe par le biais des relations interpersonnelles. Ces relations sont basées sur la confiance, un trait très important qui est mis en avant par les sites internet en permettant aux utilisateurs de faire des reviews qui hiérarchisent la qualité du service et le niveau de confiance quon peut avoir sur la personne qui offre le service ou qui le requiert. Ce type de relations économiques C2C réduisent donc lindividualisme si redouté par Alexis de Tocqueville. Effectivement, lindividu centré sur lui-même et ses proches, soucieux avant tout de son bien-être matériel, perpétuellement insatisfait de son sort présenté par Tocqueville comme le résultat de lindustrialisation ne peut pas sappliquer complètement aux individus participants à cette nouvelle économie collective. On se demande donc si en globalisant cette nouvelle façon de mener les rapports économiques pourraient réduire cette caractéristique présente de nos jours dans les sociétés développées et ainsi favoriser un certain retour à une société plus du type collectiviste où priment les liens sociaux et la confiance sur l’économie et la productivité.

 Référence: 


Par Maria Rubio

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