jeudi 25 juin 2015

Le débat sur la revente.

Un article paru dans Le Journal de Montréal souligne le fait que les « garderies privées subventionnées » peuvent se faire vendre « jusqu’à quatre fois plus cher » qu’elles ne valaient avant. L’article décrit vaguement ce type de garderie comme obtenue facilement, gratuitement et à l’aide du gouvernement. De plus, le permis est dit d’avoir été gratuit auparavant, sans compter l’insertion rapide d’un coût de « quelques frais administratifs d’environ 1500$ ». Il y a une préoccupation soulignée par le fait que les propriétaires peuvent revendre leurs garderies pour quelques millions. Tout de même, tout autre coût assumé pour le fonctionnement de la garderie par le propriétaire n’a pas été pris en compte. En effet, le gouvernement finance une partie du coût que les parents n’auront plus à payer au propriétaire. Tout de même, ils ne financent pas la mise en place de la garderie, ni les produits ou l’emplacement utilisé pour sa continuation. De plus, pour être subventionné, il faut impliquer des efforts moraux et physiques de grande ampleur. Plus précisément, après l’ouverture de la garderie privée appartenant à un individu, ce dernier fait une demande pour être subventionné et finit par attendre, parfois même quelques années. Finalement, pour avoir eu l’accord du gouvernement, il faut que la garderie passe des examens et corresponde à des critères, ainsi que des inspections irrégulières et inattendues pour rester au même titre de garderie privée subventionnée. Ces aspects ne sont pas mentionnés dans l’article, tandis qu’ils sont importants pour ce débat.

L’entreprise capitaliste, comme la décrit Dupuis en dix points, se résume à l’égoïsme individuel de chacun qui pousse l’individu à agir dans ses intérêts personnels tout en recherchant le profit et la maximisation des bénéfices possibles. Cette entreprise a aussi des capitaux qui sont investis par des individus, c’est-à-dire qui disposent de leur propriété privée pour gagner des profits. Pour ce qu’il en est de la garderie privée subventionnée, elle répond à ces critères : le propriétaire investit un capital, il couvre les coûts nécessaires et cherche du profit à l’aide des paiements faits par les parents. Le propriétaire trouve dans ses intérêts personnels de garder sa clientèle existante et attirer les autres parents à choisir son institution. Ainsi il prend bien soin des enfants et leur offre un bon service dans la garderie pour répondre à ses intérêts. Une fois que cette dernière est subventionnée par le gouvernement et que des critères plus spécifiques sont imposés, le propriétaire continue à payer les frais nécessaires pour que la garderie subsiste. La seule différence réelle que ce changement crée, c’est le partage des frais par le gouvernement et les parents. Ces derniers ne paient plus le montant total, une grande partie étant maintenant couverte par le gouvernement. Finalement, la subvention accordée à la garderie lui offre un titre plus prestigieux, mais ne l’aide pas sur le plan financier. De plus, pour rester au titre de garderie privée subventionnée, cette dernière se fait imposer des critères additionnels de la part du gouvernement et des règles à suivre au sein de la garderie par rapport au traitement des enfants et autre, qui sont renforcées par les inspections et les règlements strictes. À la fin, même en étant subventionnés, les propriétaires des garderies ne gagnent rien sauf un certain prestige, plutôt que d’être perçus comme une garderie inconnue.

Toute autre entreprise capitaliste se revend à des prix élevés parce qu’elle a été développée et maintenue par quelqu’un avant d’être mise en vente. Cela est soutenu par le postulat de Proudhon, selon qui le travail consacré crée la valeur économique de l’objet dans lequel on l’investit. Ainsi, celui qui achète l’entreprise n’aura pas à faire le travail de développement de celle-ci, son seul intérêt étant de s’assurer qu’elle continue à fonctionner pour générer du profit. Sachant que le terme « subventionné » ne signifie pas grand-chose pour les garderies, comme il a été expliqué ci-dessus, et qu’une entreprise capitaliste peut habituellement être vendue à un prix plus élevé qu’il ne l’aurait été auparavant, il faut poser un regard critique sur cet article. En effet, si l’on considère les explications données ci-dessus, pourquoi la revente des garderies de la même manière que toute autre entreprise de ce type crée-t-elle un questionnement et se fait-elle nommer de « loterie gagnée à vie » ?

Eleonora B.


1 commentaire:

  1. merci beaucoup pour cette article Mme. Eleonora.
    Les journaux nous font passer pour des fraudeurs ou même des voleurs et le public se fait embarquer et nous critique. Il y a beaucoup de choses qu'ils ne mentionnent pas.
    il n'y a rien qui nous a été donné, il y a eu un risque d'investissement comme dans tout autre business.

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