lundi 24 mars 2014

Besoin réel ou création superficielle? La folie des pommes…




 
Tout le monde aime les pommes. Aller au verger cueillir des pommes en saison égaye petits et grands. De plus, différentes variétés de pommes sont disponibles, ce qui rend le choix encore plus appétissant. Ces nouvelles sortes de pommes sont souvent des croisements, on retrouve par exemple la Cortland, tendre et sucrée, qui provient du mélange entre Ben Davis, légèrement parfumé et sucré, et la Macintosh, dite la reine des pommes.  Les pommes sont hyper exploitées afin de personnifier la grandeur, ainsi on parle souvent de New York comme étant la Grosse Pomme, et une des entreprises les plus importantes du monde se nomme Apple.



Toute la notion de fétichisme de la marchandise ou de passion du bien-être matériel de Tocqueville[1] peut être résumée avec un seul mot, entreprise, dont l’une des icônes les plus populaires en Amérique du Nord est Apple, fondé en 1976 par Steve Jobs et Steve Wosniak. Apple ne se spécialise pas que dans les ordinateurs Macintosh, mais aussi dans des produits électroniques grand public, des ordinateurs personnels et des logiciels. [2]Ceux-ci se transforment très rapidement, de par leur performance, leurs format, esthétisme, etc. Toutefois, toutes ces innovations sont-elles vraiment ce qui pousse les consommateurs de pommes à s’identifier aux produits qu’ils consomment? Le slogan « Think different » met lui-même emphase sur la distinction présente entre les utilisateurs de Mac et ceux du PC.  Ces consommateurs ont ainsi une forte propension à suivre cette icône de la modernité et Apple en profite amplement.



 L’idée de l’entreprise est de stimuler les désirs afin de pouvoir continuer à créer et à vendre de nouveaux produits. De ce fait, Apple, comme bien d’autres entreprises, rendrait leurs anciens produits obsolètes, ou simplement démodés, afin de revamper leurs nouvelles créations. Plusieurs sites se prononcent sur le sujet de l’obsolescence programmée chez le géant Apple. Dans ces articles, ont peux voir que Apple s’arrangerait  afin que ses nouveaux produits ne soient pas compatibles avec les anciennes versions. Ainsi, si l’on suit le courant et achetons l’iPhone 5, il faudrait refaire au complet notre garde-robe de gadgets afin que ceux-ci soient compatibles.[3] Pour suivre les tendances, il faut se procurer tous les nouveaux appareils de cette marque, et ce, afin de rester dans la course des désirs sans fin. Étant donné le coût élevé de cette marque, seuls certains individus ont accès aux produits. Ce fait entraine un phénomène de rareté : les gens qui ont accès à ces objets rares sont à l’affût de nouveauté afin d’essayer de se démarquer des autres.
 Dans la société moderne, exposée par M. Sahlins, les gens ne fixent pas de limites à leurs besoins, de ce fait, leurs besoins ne sont jamais comblés. Les sociétés modernes sont donc condamnées à rester pauvres, puisqu’elles restent dans une quête inatteignable de la réalisation de leurs souhaits.[4] Cette réalité porte à réfléchir quant aux nouvelles générations, qui sont nées dans cette spirale de consommation industrielle. Les individus fondent leurs souhaits sur des rêves inatteignables, « s’il te plait père-noël, donne moi, un poney, le nouveau Ipad et tous les gadgets qui y sont rattachés, j’ai été sage.  » Le concept d'innovation de Schumpeter se lie ici avec le sentiment d'appartenance propre aux consommateurs d'Apple. Sentiment se retrouvant exploité afin de maximiser la production de nouveaux produits de consommation.[5] L'innovation est très présente chez Apple, ce géant niché dans une société valorisant le progrès, c'est donc avec l'optique de création infinie que cette entreprise exploite le marché mondial.  

Florence Landry







[1]  Tocqueville, Alexis de. De la démocratie en Amérique II, Les classiques des sciences sociales, 1840, extraits choisis.
[2] CURLU, Mustafa, Du garage à la légende : la fabuleuse histoire d’Apple, http://www.widoobiz.com/actualites/du-garage-a-la-legende-la-fabuleuse-histoire-d%E2%80%99apple/9891, 6 octobre 2011.
[3] Les amis de la terre, La sortie du nouvel iPhone 5 : obsolescence programmée en série, 2009, http://amisdelaterre-isere.over-blog.org/. http://amisdelaterre-isere.over-blog.org/article-nouvel-iphone-5-obsolescence-programmee-en-serie-110963148.html. Consulté le 20 mars 2014.
[4] Sahlins, M. La première société d’abondance, dans Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, Paris, Gallimard, 1976, pp.37-81 (chapitre 1)
[5] SCHUMPETER, Joseph, A. Le phénomène fondamental de l’évolution économique, Théorie de l’évolution économique, recherches sur le profit, le crédit, l’intérêt et le cycle de la conjoncture, paragraphe III, 1911, pp.74-92. (extraits choisis)

2 commentaires:

  1. Très intéressant, l’idée je crois c’est que des entreprises comme Apple surfent sur un courant inhérent à la société moderne actuelle (libéralisme, libéral-libertaire?) où le désir des individus n’a pas de limite, en le stimulant afin de crée, se réinventé et surtout vendre.
    Cela dit je ne suis pas d’accord avec le fait que les téléphones Apple soient considérés comme des produits de niches ou seuls certains individus peuvent s’en procurer.
    Oui le iPhone est cher mais il est largement subventionner, d’ailleurs on le trouver chez pratiquement tous les operateurs de téléphonie mobile au Canada a un tarif avantageux. De plus il s’agit d’un des téléphones les plus vendus au monde avec plus de 450 million de iPhones vendus toutes générations confondu donc on ne peut pas parler de produit difficile d’accès quand celui-ci domine le marché, après dans tout processus de production quand la demande est trop forte comme c’est le cas pour les iPhones d’Apple a leur sorti, il y a ce phénomène de rareté mais il s’agit d’un téléphone destinée au grand public donc accessible.

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  2. Je suis d'accord pour ce qui est du Iphone qui vient avec des forfaits et tout, mais mon point était un peu plus large, notamment vers les ordinateurs qui coûtent assez cher. Je ne crois pas qu'il y ai de subvention afin d'acheter ces produits. De plus j'ai des amis qui devaient, pour un cours à l'université, se procurer un ordinateur apple spécifique, qui était bien entendue, hors de prix... Et lorsque je parle de "démarcation" des utilisateurs Apple ce serait versus ceux du PC, puisque l'on s'associe à cette marque.

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