La
candidature de Pierre-Karl Péladeau pour le Parti Québécois dimanche dernier a
fait tout un émoi sur le territoire québécois. Péladeau II, maître de l’Empire
Quebecor a été identifié sous différentes formes durant la dernière semaine.
Les syndicalistes se sont méfiés du diable caché sous cette personnalité
empreinte de pouvoir, les souverainistes ont célébré l’arrivée du messie porteur
de la bonne nouvelle et les gens soucieux d’économie ont fait de lui le chef de
croisade qui saura donner de la crédibilité à l’équipe économique du PQ... C’est
plutôt vers cette dernière représentation que j’aimerais me pencher.
L’économie :
l’enjeu de premier rang pour la majorité des électeurs. À ce propos, beaucoup
de gens croient que quelqu’un qui a réussi à se bâtir une fortune personnelle
saura comment faire prospérer une nation entière. L’électorat est de plus en
plus attiré par les candidats qui ont réussi en affaire, par ceux qui savent
s’occuper « des vraies affaires». Le Parti Libéral joue depuis longtemps ce
jeu. La CAQ joue aussi cette carte. Comme
si les hommes d’affaires étaient les mieux placés pour inspirer les grands
enjeux et dicter comment gérer les politiques nationales... En vérité, c’est ce
que la culture politique actuelle nous prouve. L’économiste nobélisé, Paul
Krugman nous rappel cependant un fait : l’État n’est pas une entreprise.
Pourquoi les entrepreneurs ne font pas
nécessairement de bons économistes ?
D’un côté,
les caractéristiques entre l’entrepreneur et le politicien diffèrent de
beaucoup. Dans livre, A country is not a company, Krugman stipule que: «A corporate leader succeeds by finding the
right strategies, not by developing a theory of the corporation.» (P.
Krugman, 1996) Il faut bien plus que savoir prendre des risques et avoir de l’intuition
pour mener à bien une nation. Un bon
politicien doit avant tout savoir maitriser les principes de l’économie. Dans
le cas de Pierre-Karl Péladeau, bien connaitre le domaine des médias n’a pas
vraiment d’utilité pour aider le secteur agroalimentaire ou pour connaitre
l’effet de l’un sur l’autre...
D’un autre côté, Frugman stipule que: «Even the largest business is a very open system; a national economy is
a closed system.» (P. Krugman, 1996) Autrement dit, les entreprises sont des systèmes
ouverts alors que les économies nationales sont des systèmes «fermés». À cet
effet, dans les systèmes ouverts du monde des affaires, l’accroissement des
parts de marchés dans un des secteurs d’une entreprise X peut augmenter sans
qu’il y ait trop d’effets dans ses autres secteurs. Cependant, il existe dans
les économies nationales une interdépendance des marchés, où toute décision économique
aura des répercussions sur l’ensemble des secteurs. Par exemple, si un secteur
de l’économie nationale se développe plus vite que les autres, ça se fera probablement
au détriment d’une autre.
Suivant
l’idée de Paul Krugman, si l’économie est notre priorité, il vaudrait mieux se méfier
des candidats qui se rapprochent de trop près au monde des affaires.
À lire sur
le même thème : les milliardaires en politique active : une rareté.
Une entrevue de Franco Nuovo avec Eve-Lyne Cloutier, chercheuse à l’IRIS.
Par: Judy Manny
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