mercredi 19 mars 2014

Derrière l'effet PKP


   La candidature de Pierre-Karl Péladeau pour le Parti Québécois dimanche dernier a fait tout un émoi sur le territoire québécois. Péladeau II, maître de l’Empire Quebecor a été identifié sous différentes formes durant la dernière semaine. Les syndicalistes se sont méfiés du diable caché sous cette personnalité empreinte de pouvoir, les souverainistes ont célébré l’arrivée du messie porteur de la bonne nouvelle et les gens soucieux d’économie ont fait de lui le chef de croisade qui saura donner de la crédibilité à l’équipe économique du PQ... C’est plutôt vers cette dernière représentation que j’aimerais me pencher.

   L’économie : l’enjeu de premier rang pour la majorité des électeurs. À ce propos, beaucoup de gens croient que quelqu’un qui a réussi à se bâtir une fortune personnelle saura comment faire prospérer une nation entière. L’électorat est de plus en plus attiré par les candidats qui ont réussi en affaire, par ceux qui savent s’occuper « des vraies affaires». Le Parti Libéral joue depuis longtemps ce jeu.  La CAQ joue aussi cette carte. Comme si les hommes d’affaires étaient les mieux placés pour inspirer les grands enjeux et dicter comment gérer les politiques nationales... En vérité, c’est ce que la culture politique actuelle nous prouve. L’économiste nobélisé, Paul Krugman nous rappel cependant un fait : l’État n’est pas une entreprise.

 Pourquoi les entrepreneurs ne font pas nécessairement de bons économistes ?

  D’un côté, les caractéristiques entre l’entrepreneur et le politicien diffèrent de beaucoup. Dans livre, A country is not a company, Krugman stipule que: «A corporate leader succeeds by finding the right strategies, not by developing a theory of the corporation.» (P. Krugman, 1996) Il faut bien plus que savoir prendre des risques et avoir de l’intuition pour mener à bien une nation.  Un bon politicien doit avant tout savoir maitriser les principes de l’économie. Dans le cas de Pierre-Karl Péladeau, bien connaitre le domaine des médias n’a pas vraiment d’utilité pour aider le secteur agroalimentaire ou pour connaitre l’effet de l’un sur l’autre...

   D’un autre côté, Frugman stipule que: «Even the largest business is a very open system; a national economy is a closed system.» (P. Krugman, 1996) Autrement dit, les entreprises sont des systèmes ouverts alors que les économies nationales sont des systèmes «fermés». À cet effet, dans les systèmes ouverts du monde des affaires, l’accroissement des parts de marchés dans un des secteurs d’une entreprise X peut augmenter sans qu’il y ait trop d’effets dans ses autres secteurs. Cependant, il existe dans les économies nationales une interdépendance des marchés, où toute décision économique aura des répercussions sur l’ensemble des secteurs. Par exemple, si un secteur de l’économie nationale se développe plus vite que les autres, ça se fera probablement au détriment d’une autre.

 Suivant l’idée de Paul Krugman, si l’économie est notre priorité, il vaudrait mieux se méfier des candidats qui se rapprochent de trop près au monde des affaires. 

À lire sur le même thème : les milliardaires en politique active : une rareté. Une entrevue de Franco Nuovo avec Eve-Lyne Cloutier, chercheuse à l’IRIS.

Par: Judy Manny    

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